mercredi 23 décembre 2015

Sapin énergie : Bo Diddley

Juste un concentré d'énergie euphorisante en guise de cadeau de Noël (ou presque). La Cellule est un peu paresseuse cette année mais elle n'a pas renoncé à vous réjouir les oreilles.


lundi 7 décembre 2015

Dites-le avec un casque de viking

Parce que, par les temps qui courrent, on ne sait jamais, parce que la dernière mode de New-York est indémodable même quans elle date de 1971, parce que ça mérite bien de décrocher la lune avec les dents, parce que, comme ça, ça s'ra r'dit et puis franchement, les fleurs et les bonbons...

mardi 10 novembre 2015

En Auvergne et même sur la Planèze : Eloïse Decazes et Delphine Dora

Il y a quelque chose de magnétique là-dessous. Il a fallu deux intermédiaires (un à Montréal et un à Bruxelles) avant que j'entende parler de cet étrange objet enregistré pile à 237 mètres de mon domicile...

Je savais bien que Delphine Dora se livrait à d'étranges activités mais j'ignorais qu'en compagnie d'Eloïse Decazes, elle avait repris l'intégralité d'un disque du compositeur Luciano Beria, Folk Song Cycle (1964) habité par la voix de Cathy Berberian, sa compagne.

 

Ne vous y trompez pas : l'art sophistiqué de Berio & Berberian et ses références savantes et populaires sont passés à une drôle de moulinette par Decazes & Dora. Je ne saurais mieux dire que Florian Caschera dans une excellente chronique : "Art pauvre, apologie anarchisante de la reprise individuelle, déclaration émue à une discipline aussi démocratique qu'atemporelle, invitation pour les spectres à venir partager la prière et le goûter, voilà un peu ce qui se trame dans le disque bref, intense, en guenilles mais cousu d'or d'Eloïse Decazes et Delphine Dora".

Mais voyez donc avec cette interprétation d'une pièce de Canteloube - toujours le Cantal! - initialement associé à un morceau azéri que l'on vous propose aussi : 



Et en bonus, pour un nouveau changement de registre, une petite reprise pour la route ; ma préférée des Beatles Arias


jeudi 24 septembre 2015

Les Slows qui tuent (Sénégal, 1979) : le Royal Band de Thiès

Il eût été dommage, subjonctivais-je, que notre série de slows qui tuent ne passe pas par le nœud ferroviaire de Thiès (d'où la magnifique statue de la pochette, ci-dessus) à 80 km de Dakar. L'histoire de la ville compte, en effet, un groupe merveilleux : le Royal Band qui grava sur bande, en 1979, un des slows les plus mortels d'Afrique de l'ouest. Il y a trois ans, l'excellent label grec Terangabeat a publié ce disque resté inédit jusque-là et c'est une bien belle chose à se procurer. Laissez-vous balancer au rythme du latin slow pour commencer la journée.




vendredi 18 septembre 2015

Le raï aroubi ou raï de la campagne (dans la ville de Lyon) : Rabah El Maghnaoui

Je viens de découvrir la formidable anthologie (merci Julie!) consacrée à la profusion de cassettes produites à Lyon par les immigrés maghrébins (1972-1998), réalisée par Péroline Barbet et publiée chez Frémeaux. Trois volumes extraordinaires placés sous le signe du D.I.Y et du low-fi à l'instar des disques indés les plus pointus. Les productions sont sommaires, les morceaux de qualité assez variable avec des pépites magnifiques mais dans un écrin rugueux à souhait. Parmi les multiples artistes ayant écumé les bars ou animé les mariages de la région lyonnaise que font découvrir les trois volumes de la compilation, l'un des plus émouvants est Rabah El Maghnaoui (ou El Maghanoui).


Originaire d'un village au sud-ouest d'Oran près de la frontière marocaine, il mêle le raï d'Oran et les traditions de sa région rurale et invente ce qu'il appelle raï aroubi, ou raï de la campagne (ou country raï si vous trouvez plus moderne de le dire à l'américaine). Arrivé à Lyon en 1978, il adapte sa musique en remplaçant les sonorités des instruments traditionnels (zorna et gasba) par celles de l'accordéon et du synthétiseur qu'il apprend à jouer en autodidacte. Alcool, femmes et nuits blanches mouvementées, la vie de Rabah El Maghnaoui semble passablement dissolue et les morceaux qu'il compose inspirés par son expérience portent la marque de déchirements intenses. "Ses chansons, directes, accablées, prosaïques, improvisées, sont bien celle d'un bluesmen", écrit sa première biographe.

L'homme a réalisé trois cassettes chez Mérabet Editions. Ce que dit Péroline Barbet d'un album déchirant enregistré après un court séjour en prison en 1983 a tout pour en faire un objet mythique (et d'abord parce qu'il s'agit de se mettre en quête de ce graal encore bien caché). 

La compilation Frémeaux compte deux titres. Nous vous proposons le plus tardif qui avec des synthés incroyables et une mélancolie à fleur de peau semble inventer le raï lunaire : Amayna Alik Anti, "Pourquoi m'as-tu trahi?"


Pour compléter ce post, nous avons aussi cherché tout ce qui se trouve sur youtube. Et on ne peut pas dire que ce soit la cohue. La première chanson, "Allamni Laghram" a été placée sur la toile par Place du Pont Productions, autant dire que c'est un bonus de la compilation donnés par ses concepteurs même. Merci! Elle a le même son plus traditionnel que le magnifique morceau daté de 85 qui est sur la compil : sont-ils issus tous deux du fameux album imaginé en prison? On se le demande...


Deux autres morceaux semblent sortir en tout cas d'une même cassette avec un son saturé de synthés acides au possible et des intros comme venues de l'espace.


Enfin, le facebook de Place du Pont Production renvoie à un autre enregistrement des débuts.

Voilà, on en est donc à six chansons et avec du pain sur la planche!

mercredi 16 septembre 2015

Deep Deep Deep : Hermon Hitson

Un peu connu pour ses relations d'amitiés avec Jimi Hendrix (et quelques problèmes de droit hyper embrouillés au sujet de disques posthumes attribués à Hendrix) et avec le grand Lee Moses, Hermon Hitson n'a malheureusement enregistré que très peu de disques durant les 60's. Avant de devenir un musicien de studio et de tournées extrêmement réputé, il avait pourtant gravé quelques galettes extraordinairement goutues, comme ce 45T dont les morceaux étaient sur bandes dès 1965 mais qui attendit 1968 pour paraître (la faute à un producteur des plus négligeants). Les deux morceaux sont coécrits avec Lee Moses.


Le vieux monsieur joue encore autour d'Atlanta. Voyez cette reprise de Hey Joe encore magnifiquement puissante.


mardi 15 septembre 2015

Les slows qui tuent (Algérie, 70's) : Smaïl Chaoui

Magnifique paire de moustache, permanente au taquet et slow qui tue : tous les ingrédients pour nous faire saliver. C'est la fin des vacances, les vagues vous bercent et aussi improbable que cela paraisse, c'est un Percy Sledge algérien qui remue votre mélancolie.


dimanche 13 septembre 2015

Magnifique Myriam Gendron


Maintenant j'en suis sûr. Celà fait trois mois que le disque ne s'éloigne jamais de la platine et j'affirme sans l'ombre d'un doute que l'album de Myriam Gendron est un grand disque. Un classique dévasté comme le sont ceux de Nico. La voix de Myriam Gendron est d'ailleurs étonnament proche de celle du mannequin allemand. Les onze morceaux du disque sont des adaptations des poèmes de Dorothy Parker. Douceur, amertume, ironie, les textes sont magnifiques, lumineusement mis en valeur par les arrangements dépouillés. Linda Perhacs, Vashti Bunyan, Sybille Baier, Karen Dalton, si l'on y tient, on peut trouver des références pour entourer de noms chéris celui de la chanteuse canadienne. On peut tout aussi bien placer Not so deep as a well parmi les opus intemporels qui vous font toucher du doigt cette évidence : 1969 et 2015 sont bel et bien tombés la même année, l'année de l'intelligence et de la sensibilité à vif.

Voici le clip du tube de l'album :


Et pour rester dans cette ambiance si habitée, écoutez donc l'excellente émission concoctée par Benoît Chaput et Myriam Gendron diffusée ces jours derniers sur la radio CKUT de Montréal : folk et poésie, classiques inusables et raretés au programme (dont une  très belle reprise inédite de Léonard Cohen).

vendredi 11 septembre 2015

Les pinceaux du rock : Arnaldo Baptista

Retour de notre série consacrée aux peintres du rock avec Arnaldo Baptista, un des mutants les plus célèbres du Brésil. Les tropicalistes ont rarement les deux pieds dans le même sabot et Arnaldo Baptista le prouve lui aussi en produisant une oeuvre graphique des plus remarquables. La Cellule est heureuse de vous  présenter deux de ses tableaux chopés sur son tumblr : ici.

Et comme il s'agit de musique ici, voici aussi trois morceaux issus d'un bel album tardif, Let It Bed, dont on vous propose l'intro hantée, un morceau psychédélique et une version d'un classique gospel aussi expéditive qu'une réduction à la Pascal Comelade.
Pour ceux qui auraient oublié que la musique brésilienne, c'est au moins aussi tordu que jubilatoire!

mercredi 9 septembre 2015

Reparata & The Delrons

Un peu de plaisir pur pour reprendre du service en cette rentrée, non sans une petite dose de mélancolie maligne avec Reparata (alias Mary O'Leary) & The Delrons, un des girl group les plus ébouriffants mais aussi les plus constants des sixties. Mais sans plus de phrases, voici d'abord l'excellent :
Avant une chanson plus péchue (presque garage) :
Et un des sommets du mélodrame adolescent dû à la plume de Jeff Barry qui rivalise ici avec les morceaux les plus ambitieux de Phil Spector ou des Shangri-Las :
Classe absolue!


jeudi 9 juillet 2015

La bagarre, la flûte, la mort et l'air du temps





Aujourd'hui, c'est de Grèce que nous partons pour vanter les propriétés martiales de la flûte et c'est l'abbé de Châteauneuf, le propre parrain de Voltaire, qui évoque ses étonnants pouvoirs :

« Chacun sait, écrit-il, que quand les Lacédémoniens allaient au combat, un joueur de flûte entonnait des chants doux pour tempérer leur courage, et de peur qu’une ardeur téméraire ne les emportât trop loin ; car pour l’ordinaire ils avaient plutôt besoin d’être retenus que d’être excités. Cependant peu s’en fallut un jour dans une bataille qu’ils ne succombassent sous les Messéniens. Le célèbre Tyrtée qui dans cette journée faisait les fonctions de joueur de flûte, s’aperçut qu’ils pliaient : il quitta aussitôt le mode lydien, et passant au phrygien, ranima leur courage que le ton précédent avait trop amolli, et ramena par ce moyen la victoire dans leur parti » (Dialogue sur la musique des anciens, 1725).

Tout ça est évidemment d'actualité, et je crois que c'est vraiment le moment de quitter le mode lydien pour passer enfin au phrygien. Vous en déduirez que, oui, moi, en ce moment je suis plutôt favorable à la bagarre.

Tout celà est bel et bon mais je dois humblement l'avouer, de flûte animée sur le mode phrygien, je n'en ai pas dans mes archives et il faut donc que je cherche des approximations pour vous encourager au combat.

Je vous en propose deux. La première vient de Colombie. On la trouve sur la mirifique compilation de cumbia primitive du label Soundway. Un certain Toño Fernandez joue pour vous "La Muerte". Parfait pour affronter un commissaire européen.


La seconde vient du Vanuatu et je propose de faire comme si ces flûtes de pan avaient été spécialement conçues pour dégommer les partisans de l'ordolibéralisme les plus teigneux.

mercredi 8 juillet 2015

La bande son de l'époque : nightmare (1937-2015)





En l'écoutant ce soir, je me suis dis que, bien qu'il date de 1937, c'était le morceau exactement adaptée à l'état de nos nerfs éprouvés par la succession affolante des sommets de la dernière chance... Moi, j'ai un peu l'histoire à fleur de peau en ce moment, pas vous?



samedi 4 juillet 2015

Guinée : Keletigui et ses Tambourinis


Séquence torride sur la Cellule d'écoute : après le Sénégal, la Guinée, à l'origine d'une explosion de musique prodigieuse dans les années 60 et aux débuts de 70's, avec aujourd'hui un de ses joyaux reconnus, l'extraordinaire orchestre du club de La Paillote dirigé par Keletigui Traoré. L'influence cubaine est prépondérante sur "La bycicleta" - bicyclette, bicyclette, mon coeur, mon coeur! - boucles magnifique et solo de guitares à faire lever les morts. "Bébé" vous emmène ensuite au bord de la transe. Laissez-vous emporter la Cellule s'occupe de tout. Tournée de cocktails!




vendredi 3 juillet 2015

Dans la touffeur de Dakar : l'Orchestra Baobab

Juste pour relativiser en ces jours de canicule, imaginez-vous dans la touffeur de Dakar. Et par exemple, en écoutant un chef d'oeuvre du Baobab (qu'on ne présente pas). On est en 1980, Thione Seck est au chant, votre sueur commence à se transformer en eau de rose, vous ne fondez plus, vous distillez du bonheur!



samedi 27 juin 2015

Super Mama Djombo




Nous avions entamé au début de l'année le tour de la bande-son prodigieuse des révoltes de l'Afrique lusophone. Revenons-y aujourd'hui pour célébrer un des plus grands groupes de ce moment de ferveur anti-impérialiste : le Super Mama Djombo de Guinée Bissau. L'essentiel de leur discographie fut enregistré à Lisbonne en 1979 lors d'un unique voyage et les morceaux ensuite répartis sur une série de disques publiés en 1980. Le groupe avait suivi l'ascension des guerilleros du maquis vers le pouvoir. La musique officielle de la Guinée Bissau de la fin des années 70 fut grâce à eux une des plus magnifiques qui soit. Ecoutez ce chant de remerciements aux héros révolutionnaires de l'Afrique, c'est extraordinaire. Vous pouvez vous bouchez les oreilles quand le nom d'une crapule apparaît (il y en a quelques-unes dans le lot) mais pas aux merveilleuses notes liquides de la guitare.


Et puis, voici le grand tube du groupe. Morceau immortel et chanson d'amour pour détendre l'atmosphère.




vendredi 12 juin 2015

Nous sommes malheureux - Nous sommes très heureux

Cette chanson est absolument magnifique. C'est un pur diamant noir au centre du dernier album, très beau, de Bonnie Prince Billy (elle figurait déjà en 2011 sur Wolfroy goes to town dans une version hyper-dépouillée). Bon dieu, comment une chanson aux paroles si mortifiantes peut-elle m'électriser à ce point? Je n'en ai aucune idée. Le banjo, les choeurs, la douceur et l'effroi... mais lisez donc : je vous ai traduit ces paroles incroyables.

Rien n'est mieux.
Rien n'est meilleur.
Nous sommes malheureux.
Nous sommes maudits.
Nous sommes introuvables.
Nous sommes invisibles.
Rien n'arrive.
Rien n'est nettoyé.
La terre tremble.
Tout le monde s'est enfuit.
Seigneur, elle emporte les yeux du mort.
Corp diabolisé,
Esprit exorcisé,
Morceaux de gentillesse echangés en nature.
Rien n'est mieux.
Rien n'est meilleur.
Nous sommes malheureux.
Nous sommes maudits.
L'Esprit s'échappe.
La Foi est détruite.
Le vide expose 
La cruauté de Dieu large déployée.
Les amants sont partis.
Les amis ferment leurs yeux.
Enfants perdus.
Nous sommes imprudents.
Rien n'est mieux.
Rien n'est meilleur.
Nous sommes malheureux.
Nous sommes maudits.
 Nous sommes malheureux.




samedi 9 mai 2015

Euphorie : Willie Colón et Willie Whopper


De la maille pour animer vos dance-floor aujourd'hui avec un morceau du début de la longue carrière de Willie Colón. Touche latino réduite par exception mais quand même des cuivres barrissants à sauter au plafond (on dirait un peu ceux des Specials) sur cette chanson dédiée à un héros de cartoon des années 30.




jeudi 30 avril 2015

Plagiat par anticipation : Momus/Paul Simon

Nageons en plein paradoxe, voulez-vous, et retrouvons pour un temps la notion de plagiat par anticipation qui, il est vrai, nous incite fortement à pareille natation désynchronisée. Je prétendrai donc aujourd'hui que le premier morceau de Momus, ce chanteur écossais un brin intellectuel dont la vogue n'a jamais atteint des sommets (vous en souvenez-vous? l'avez-vous même jamais connu?) a été composé par un musicien aussi renommé que Paul Simon, un peu plus de dix ans avant que Nick Currie (alias Momus) ne gravât ses premiers disques sur le regretté label Creation. Les roulements de tambour, la voix qui parle plus qu'elle ne chantonne, la mélancolie acide alliée à l'ironie, j'ai eu cette révélation ce matin... et la chanson est excellente, bien sûr.


Si vous voulez vous remettre Momus entre les feuilles, allez donc voir là : Nick Currie a la très bonne idée de vous offrir à télécharger ses six premiers albums (ceux chez Creation, précisément) depuis longtemps épuisés. Ils sont sur son blog très documenté.



vendredi 24 avril 2015

Sénégal : L'Etoile de Dakar

Le deuxième album de l'Etoile de Dakar est un pur classique de la musique sénégalaise. Enregistré au Jandeer Night Club de Dakar, il représente un pont entre la musique latino dominante jusque-là et le m'balax en cours d'affirmation (même si le nom n'existait pas encore). De ces très jeunes gens révolutionnant la musique ouest-africaine, il y en a un que vous connaissez : Youssou N'Dour mais les autres ne sont pas à dédaigner. N'oubliez pas El Hadji Faye, son alter ego au chant, Kabou Gueye et ses parties de guitare extraordinaires ou Assane Thiam à la rythmique. Les deux morceaux que vous propose la Cellule terminent la galette sur une touche latino-hypnotique qui vous amène sur une autre planète. Tambour d'aisselle tama et pédale d'effet a gogo!

samedi 18 avril 2015

Les pinceaux du rock : TVPs (1), Garden Party chez Salvador Dali


Low-fi radicale aujourd'hui avec les Television Personalities qui nous invitent au bal des vanités chez Salvador Dali pour s'y livrer sans remords aucun à un grand jeu de massacre jubilatoire. Les pinceaux du rock dégomment tout ce soir.



dimanche 5 avril 2015

Conduire dans la nuit : Michaël Chapman

Parmi les multiples raisons de rendre grâce au label Light in the Attic la moindre n'est pas d'avoir réédité les premiers albums du génial Michaël Chapman. Sur Wrecked Again, il y a cette chanson poignante et détachée, joyeuse et inquiétante, simplissime et subtilement perverse, entêtante, entêtante, entêtante...


mercredi 1 avril 2015

Rocksteady Chantilly : John Holt

On n'est pas toujours obligé de suivre les modes au coup de sifflet de l'histoire. John Holt, par exemple, une des plus belles voix de la musique jamaïcaine n'était pas forcément pressé au début des années 70 de s'adapter à la nouvelle mode du reggae et d'aligner les chansons aux thèmes ultra-conscious. Dans la veine rocksteady classique dont il fut une des grandes stars avec le groupe des Paragons, il préfère continuer à produire des chansons d'amour inspirées par la soul américaine. Aucune raison de s'en plaindre, vous allez voir.

Voilà trois morceaux tirés de son album The Further You Look de 1973. Prévenons les puristes, la  production est pleine de violonnades et autres artifices que la stricte morale réprouve mais que nous ne dédaignons pas du tout sur la Cellule.


Et puis, un morceau tiré de l'album suivant Dusty Roads en 1974. Plus reggae mais toujours dans la veine amoureuse plutôt que dans la veine jah jah.

Bonus en prime, les originaux des deux premières chansons :




samedi 28 mars 2015

William Onyeabor

Inutile de présenter William Onyeabor, qui vient d'être réédité l'année dernière en grande pompe : des claviers incroyables, le Nigéria en ébullition, Kraftwek dans le golfe du Congo. Je n'en dis pas plus pour le kif : écoutez donc cette chanson qui vous rappelle que les vrais amis sont bien trop rares. Douze minutes de pur bonheur :

dimanche 15 mars 2015

Les pinceaux du rock : The Creation


Précurseurs de toute une série de groupes échappés des écoles d'art anglaises (mais eux-mêmes n'y avaient jamais foutu les pieds), les membres de The Creation avait intégré dès 1966 une touche violemment arty  à leurs concerts en les concluant par la réalisation d'une toile influencée par la vogue du "pop art". Les prestations se terminaient systématiquement par "Painter Man", leur principal tube qui donnait (entre nous soit dit) une idée passablement désabusée du métier mais avec des riffs de première bourre, qui assuraient une excitation optimum du public. Au moment où Eddie Philipps se lançait dans un solo de tueur en frottant les cordes sa guitare avec un archet de violon (c'est lui qui est censé avoir inventé la technique), le chanteur Kenny Pickett se munissait de bombes aérosol et remplissait la toile avant qu'on y mette le feu (une interview d'Eddie Phillips raconte ici l'histoire du gimmick). Malgré ces hauts faits d'armes, le groupe n'eut pas grand succès en Angleterre où ce n'est que dans les années 80 que se sont multipliées les références à son influence. L'Allemagne fanatique de musique anglo-saxonne leur fut plus accueillante, grâce à quoi nous avons un enregistrement de leur prestation lors de leur passage en 67 dans la célèbre émission télé du Beat Club, qui nous donne une idée de la chose. Le dispositif est adapté aux circonstances et apparemment aseptisé mais c'est déjà ça...




samedi 7 mars 2015

Les pinceaux du rock : Chris Knox


Cette fois-ci, il sera question d'un de ces touche-à-tout qui muliplient les projets sous toutes les formes possibles. Chris Knox est néo-zélandais et s'active dans les marges culturelles indépendantes de l'autre côté du monde depuis plus de quarante ans. C'est un classique du DIY. La vérité, c'est qu'il est plus cartoonist que vraiment peintre (d'après ce que j'en sais). La vérité aussi, c'est que je ne suis pas fondu de sa production graphique (elle devrait faire l'objet d'un bouquin prochainement, voyez pour ce projet et , par exemple, pour une présentation de ce type très franchement sympathique). La vérité, c'est que ça faisait la nuit des temps que je n'avais pas écouté ses disques, aussi radicaux que fondamentalement pop, et que je me les infuse à haute dose depuis quelques jours parce que ça m'excite en diable, voyez-vous. Voilà deux extraits tirés de Songs of You and Me pour tester si c'est contagieux.



mardi 24 février 2015

Les pinceaux du rock : Un peu de blues cubiste


Aujourd'hui le cubisme, et même le blues cubiste. Et d'abord, un petit mot de l'illustration. Non, ce n'est pas qui vous savez... Non, ce n'est pas non plus le deuxième auquel vous pensez immanquablement quand on prononce le mot de cubisme... Non, lui, c'est Paul Joostens, un peintre et collagiste belge que vous connaissez sans doute moins mais qui est passablement intriguant et comme la pochette de Cubist Blues, le  disque dont je voulais vous parler est franchement moche, il fallait bien que je trouve quelque chose...

Si la pochette n'est pas franchement réussie, le casting lui est de première bourre. Sur cette galette, vous trouvez Ben Vaughn, Alex Chilton, l'extraordinaire leader de Big Star et Alan Vega. Autant dire qu'il n'y a pas grand monde à avoir poussé la déconstruction des musiques populaires plus loin que ces types-là sur leurs précédents opus. Alors, blues cubiste, oui, ça n'est pas galvaudé. L'idée de les réunir au mois de décembre 1994 pour enregistrer cet album hors du temps fut en tout cas une idée magnifique. Et en voici trois fois la preuve. 

(Alex Chilton est aux claviers et à la guitare, Ben Vaughn s'occupe de la rythmique et prend aussi la guitare à l'occasion. Facile de trouver de quoi s'occupe Alan Vega)


Le dernier morceau me donne l'occasion d'enchaîner sur la version originale de Suicide, histoire de se rincer l'oeil avec la saisissante prestation d'Alan Vega. Pour celle de Cubist Blues, je soupçonne fortement Alex Chilton d'être responsable du nouveau traitement de la chanson.


Et pour être complet, n'oublions pas la version de Bruce Springsteen qui a pris l'habitude de terminer tous ses concerts avec la chanson (et dont vous trouverez de nombreuses versions sur le net). Un poil moins cubiste, cependant...

dimanche 22 février 2015

Les pinceaux du rock : Gene Merritt et Roy Orbison


Petit tour du côté de l'art brut aujourd'hui avec une présentation du coup de crayon très spécial de Gene Merritt. Gene Merritt est originaire de Caroline du Sud, où il est né en 1936. Une sévère fièvre à l'âge de cinq ans lui a laissé un handicap mental qui ne l'a pas empêché de se lancer dans une activité graphique débordante multipliant notamment les portraits de stars curieusement "dépliés" sur sa feuille et dûment légendés par le déssinateur (pour un reportage sur le personnage, voyez ici). Musicien lui-même, il est souvent inspiré par ses collègues plus connus comme le cher Roy Orbison, chouchou officiel de ce blog. Malheureusement, nous n'avons aucun enregistrement de Gene Merritt à vous faire écouter, mais pour nous rattraper, nous vous proposons un slow mortel du Big O (ça on n'en manque pas!) d'une période un peu moins connue que celles des classqiues de la période Monument : c'est "Crawling Back" et on est en 1965.



mardi 17 février 2015

Zimbabwe 1980 : Thomas Mapfumo


C'est un petit chef d’œuvre que nous sortons de notre manche aujourd'hui, tout spécialement pour vous, chers habitués de la Cellule. Avec ce disque de 1980, Thomas Mapfumo et ses Black Unlimited célèbrent la fin de la domination blanche au Zimbabwe. Plein d'enthousiasme révolutionnaire, l'opus rejoint les grands disques militants concoctés quelques années auparavant en Angola ou en Guinée Bissau. Refusant de mettre son drapeau dans sa poche, Mapfumo s'est ensuite exilé quand le dirigeant historique de la résistance, le désormais cacochyme Mugabe, s'est mué en redoutable autocrate. Mêlant avec grand brio ancrage locale et influences modernes, "Gwindingwi Rine Shumba" dont nous extrayons deux morceaux est un album puissant avec une production parfaite. Il est d'ailleurs loin d'être inconnu. Des gens comme Florent Mazzoleni ou le grand producteur Joe Boyd en ont dit tout le bien qu'il fallait avant nous. Le premier l'avait ainsi placé dans sa sélection Africa 100 (Le Mot et le reste, 2012) et le second en parle dans une visite commentée de la discothèque de John Peel qu'on vous recommande. Mais écoutez donc le grand musicien shona:



jeudi 5 février 2015

Dakar Dexter (2)

J'étais enthousiaste hier. Oui, mais la chanson que je préfère parmi celles des orchestres de Dexter Johnson, c'est St. Louis-Sierra avec le Star Band dans le plus pur style cubain des groupes aux noms d'étoiles dakarois. Alors là, je dis : flute, flute, flute et  flute encore.


mercredi 4 février 2015

Dans la touffeur de Dakar : Dexter Johnson et le Star Band

Imaginez-vous au club de l'Etoile à Dakar (7, avenue Jean Jaurès, si ce genre de précision, vous fait voyager). On est en 1969, le grand saxophoniste d'origine nigériane, Dexter Johnson, dirige encore le Super Star pour quelques jours avant de partir à Abidjan. Les musiciens portent des costumes impeccables et jouent rien que pour vous une version hallucinée hallucinante de "Something You Got" de Wilson Picket en réinventant la langue anglaise, puis enchaînent avec un boogaloo irresistible. Vous ne pourrez plus jamais quitter la piste de danse : c'est vous le roi du boogaloo.



PS : Le son n'est pas absolument parfait mais on peut être sûr que le label grec (hommage à la Grèce) Teranga Beat entièrement consacré à la musique sénégambienne a fait au mieux dans sa toute récente réédition. On vous recommande  chaudement de vous jeter sur leur catalogue.


mardi 3 février 2015

Les sources de Boby Lapointe (2) : Don Barreto


Dès que j'entend du fox-trot, j'ai, semble-t-il, tendance à penser Boby Lapointe et imaginer des sources pour ses tubes. Et vous, par exemple, ce "Cocktails For Two" de 1935, il  ne vous rappelle pas infailliblement celui de toilette? Avouez qu'il y a quelque chose...


Mais, au-delà de cette rencontre qui n'est peut-être pas tout à fait de hasard, c'est d'un nouvel épisode du Paris des musiques tropicales que je voudrais vous entretenir et de cette petite merveille d'orchestre que constitua le cubain Emilio Barreto au Melody's Bar de Montparnasse à partir de 1932. La biguine y avait sa part et Jean Sablon n'était pas le dernier à promouvoir la danse.


C'est cependant dans les musiques typiques cubaines, comme le souligne la presse de l'époque, que s'illustre l'orchestre avec la plus grande classe. Ecoutez donc ces deux majestueuses rumbas, parmi lesquelles figurent l'hymne de l'établissement.



PS : Précisons que nous empruntons l'image à la couverture du bouquin de Yannis Ruel, Les soirées Salsa à Paris que l'on est bien curieux de lire.

Le Hand ball et les Zombies

Pas facile de trouver quelque chose pour célébrer la toute récente victoire de l'équipe de France aux mondiaux. Le hand ball n'a pour l'instant suscité aucune littérature passionante comme le cyclisme ou le rugby ont pu le faire et, côté musical, c'est encore pire, même si là il y a abondance. Nous avons renoncé à vous infliger le rap que les handballeuses britanniques avaient commis pour gagner trois sous avant les JO, la punk-song patriotique de leurs homologues allemandes, le calamiteux "Handball für Leipzig" ou le détestable hymne touristique de la dernière compétition, etc... etc... Heureusement, il y a ce disque des Zombies sagement rangés dans l'emblématique cage rouge et blanche (même si les chansons n'ont rien à voir...). Bon, vous aurez sans doute remarqué que le ballon est plutôt un ballon de basket mais voilà la Grande-Bretagne n'ayant jamais vraiment été un pays de hand, on peut comprendre l'étourderie de Colin Blunstone. On est en tous cas dans un petit gymnase bien sobre et ça nous change de la débauche de kitsch déversée sur ce sport par l'émirat du Qatar, kitsch qui se cumule bien sûr avec une mortifère avalanche d'argent sous le poids duquel ledit hand ball pourrait bien étouffer, on le craint.

vendredi 30 janvier 2015

Les pinceaux du rock : Felt



Le prétexte est mince cette fois-ci : seulement le titre de la chanson, "Primitive Painters" qu'on retrouve dans le morceau dans un passage que nous livrons à votre sagace analyse :

Primitive painters are ships floating on an empty sea
Gathering in galleries were stallions of imagery

Voilà une mer bien bien vide me direz-vous... Et oui, la Cellule est un peu décevante aujourd'hui mais voyez donc le clip. On est en 1985 : la guitare, ce violet (bon dieu, ce violet!), la voix d'Elizabeth Frazer recrutée pour l'occasion : non, vous ne pouviez pas vous tromper!





jeudi 29 janvier 2015

Timbré : pour l'Angola


Celui-ci sera comme le revers du précédent post. Nous traversons en effet l'Afrique australe et passons du Mozambique à l'Angola qui devient dans les années 70, le symbole des dernières luttes anti-coloniales et le thème de quelques magnifiques chansons très densément politiques à travers le monde.

Pile en face, de l'autre côté de l'Atlantique, le grand Jorge Ben consacre ainsi un morceau à imaginer l'intervention du redoutable Zumbi dos Palmares, leader d'une vaste révolte d'esclave au Brésil du XVIIe siècle, mobilisé pour donner un coup de main décisif aux Angolais insoumis. Il figure sur un étrange et très bel album concept consacré par ailleurs à l'alchimie : A Tabua de Esmeralda.


Rapprochons-nous très près de Luanda avec le non moins grand Docteur Nico dont l'African Fiesta dédie dès 1964 un morceau exaltant la lutte naissante pour l'indépendance angolaise ; curieusement le morceau est doté d'un titre espagnol.


Et passons enfin à la Jamaïque où Pablo Moses tout à son Revolutionnary Dream incite ses concitoyens à mettre un terme au plus vite aux violences politiques qui déchirent l'île et à diriger leur énergie martiale vers l'Afrique ancestrale pour venir en aide à leurs frères angolais.


Remarquons pour conclure que si la guerre de décolonisation entraîna à juste titre une large mobilisation internationale et donna naissance à quelques immenses chansons, les aléas encore plus destructeurs de la très longue guerre civile qui suivit, entre les différentes factions issues de la guerre anti-impérialiste, ne suscita à peu près aucun intérêt...

mardi 27 janvier 2015

Timbré : le Mozambique et le Conjunto Oliveira Muge


J'ai visionné il y a peu le film de Miguel Gomes, Tabu ; un film qui peine à démarrer avant de devenir fascinant quand l'action se déplace du Lisbonne d'aujourd'hui vers le Mozambique des années 60. Comme l'on sait le Mozambique et l'Angola ont connu de terribles guerres de libération dans les années 70 avant de subir des guerres civiles encore plus meurtrières (pas moins de 20% de la population succomba durant deux décennies absolument furieuses). Peu de temps auparavant, l'empire portugais avait connu un court et tardif âge d'or. La dictature de Salazar avait alors conçu le projet de faire fusionner la maigre métropole européenne avec ses prometteuses colonies et se lança dans une fuite en avant desespérée, envoyant des centaines de milliers de colons en Afrique pour réaliser cette extension outre-mer à complet contre-courant de la vague de décolonisation contemporaine. Avant que les choses ne tournent définitivement mal, les Portugais expatriés purent croire pendant quelques années à cette aventure utopique sans équivalent. C'est leurs rêves fracassés que revisite Miguel Gomes dans son film en noir et blanc. Mais arrêtons-nous là pour ce qui est de l'histoire et du cinéma... 



Si la Cellule évoque ce film, comme vous vous en doutez, c'est surtout pour sa bande son : une réussite absolue qui rend puissament les émotions contradictoires d'une époque. La grande découverte est le Conjunto de Oliveira Muge, un orchestre formé par ces récents expatriés des 60's (il existe une page fb à aller voir). Le groupe se distingue par une pop mélancolique d'une grande ingénuité. La chanson utilisée dans le film est une reprise d'un morceau italien, "Cosi Como Viene".


Sur le même single de 1967, on repère une reprise des Electric Prunes et dans la B.O, Mickey Gilley et les Ramones spectorisés de "Baby I Love You", morceau radicalement à sa place comme vous pouvez voir dans cet extrait.


lundi 26 janvier 2015

Un peu de plaisir pur : les Dixie Cups

Point trop de cogitations superflues ce matin, juste la jubilation d'écouter un des girls group les plus joliment réjouissant des 60's : les Dixie Cups. En 1963, les trois filles (deux soeurs, Barbara et Rosa Lee Hawkins, et leur cousine Joan Johnson) "montent" à New-York pour y laisser exploser leurs talents. Jeff Bary et Ellie Greenwich leur écrivent une série de chansons qui ne brillent pas par la complexité de leurs paroles mais que les filles exécutent avec un sens de l'équilibre miraculeux et les tubes se succèdent comme de juste. La Cellule vous en fait déguster deux : une magnifique version de "The Chapel Of Love" et "I'm Gonna Get You", frémissant d'excitation sexuelle à peine contenue.



Et puis, cerise sur le gâteau, comme c'est de La Nouvelle-Orléans que les filles viennent, elles en profitent pour graver un des premiers enregistrements de "Iko Iko", un des hymnes emblématiques de la ville du Croissant. La chanson des black indians est ici interprétée a capella, c'est-à-dire dans un drôle de contexte pour ce morceau de parade de rue. Un classique absolu à la clé.


En bonus, la première version : celle de "Sugar Boy" Crawford en 1953. Evidemment, c'est plus brut.

mardi 6 janvier 2015

Les classiques : why don't you do right?

Au début, il y a les Harlem Hamfats, un groupe de musiciens basé à Chicago qui s'est contenté d'enregistrer sans jamais jouer en public mais qui n'en a pas moins inventé le son le plus hot de la fin des années 30 en mêlant le blues âpre du Sud avec le jazz plus sophistiqué développé dans les villes du Nord. Venus des campagnes de Louisiane et du Mississippi ou de La Nouvelle-Orléans, les sept membres originaux du groupe ont tous connus un parcours similaire remontant le fleuve jusqu'aux grands lacs en s'arrêtant parfois en chemin à Memphis. Un de leurs tubes de 1936, écrit par Joe Mc Coy (qui avait auparavant accompagné Memphis Minnie) s'intitule "Weed Smoker's Dream". Il est donc d'abord question de beuh et des effets plutôt malencontreux, en l'occurence, de ladite herbe. Tel quel, le morceau est parfaitement excellent, plein de variations et de puissance.



Puis en 1941, Joe McCoy a l'idée de transformer les paroles d'une chanson initialement teintée de misogynie pour laisser tout la place nécessaire à une voix féminine. C'est la sublime Lil Green qui s'y colle. Les arrangements sont épurés avec au maximum : juste le piano et la guitare de Big Bill Broonzy. La mélancolie prend une intensité inédite et le reste appartient à l'histoire...



vendredi 2 janvier 2015

Les pinceaux du rock : Twins Seven-Seven

La nouvelle série (depuis longtemps projetée) de la Cellule est à la fois pour les yeux et pour les oreilles. Ouvrez donc esgourdes et mirettes en ce début d'année. Et pour commencer un musicien nigérian qui est aussi un plasticien, un philosophe, un poète, etc. (je ne sais pas pourquoi mais le Nigéria semble un refuge pour ce genre de créateur total, vous verrez, on vous en dégotera d'autres) : avec Taiwo Olaiyi Salau, alias Twins 7-7, princier rejeton de la famille royale d'Oshbogo, qui prit son nom parce qu'il fut le seul survivant des sept paires de jumeaux enfantés par ses parents. Le morceau qu'on vous propose est un très curieux titre de high-life avec un xylophone entêtant mis en avant, morceau profondément ancré cdans la culture yoruba comme tout ce qu'a fait Twins Seven-Seven  :






Or donc Prince Twins 7-7 n'est pas seulement un excellent musicien mais il joue aussi du pinceau avec dextérité et inspiration. Jugez plutôt :



Tout n'est pas forcément du même tonneau dans sa production mais les réussites sont marquantes, non? La reconnaissance de Prince Twins 7-7 avait d'ailleurs largement dépassé les frontières de son géant de pays avant qu'il ne s'éteigne en 2011. Pour en savoir plus, vous pouvez aller voir (j'y ai pris les images).