Je dois dire que je suis dubitatif. Franchement, je me demande bien si la poésie de Kathleen Raine (1908-2003) a quelque chose à me dire. Il y a chez elle un fond de mysticisme spiritualiste dont je ne vois pas bien que faire. N'empêche que je me suis laissé prendre par l'adaptation de certains de ses textes par Delphine Dora sur Eudaimon, disque sorti au début de l'année (voir ici). Réincarnation ? Il semblerait que Nico se soit finalement installée sur la Planèze de Saint-Flour et qu'elle se soit laissée tenter par le syncrétisme savant d'une poétesse anglaise d'un cosmique exagéré. Voilà un morceau :
Je ne l'ai pas écoutée beaucoup de fois l'été dernier et pourtant elle me revenait toujours en tête, cette chanson hallucinée d’Étienne Daho, et avec toujours le même effet de vertige.
Quelques mots de Manuel Anceau relevés aujourd'hui dans une plaquette de 1995 font étrangement écho à cette vibration singulière :
"Seul.
Poids sur les cils de tout ce qui a été vu. Poids sur le cœur de ton ce qui a
été entrevu.
Solitude,
ton nom est en été un anneau de plus autour de la tringle du vide.
Si pour l’amour,
il me fallait vous dire la saison idéale je vous répondrais : mais l’été
voyons ; ceci comme une évidence ; maintenant, je vous dis comme une
autre évidence ; pour être seul, jamais, au grand jamais ne choisissez l’été.
Pic du midi, ta neige est métaphoriquement amoureuse.
En été,
les torrents eux-mêmes donnent la tétée au veau de la chaleur."
Il y a quelque chose de magnétique là-dessous. Il a fallu deux intermédiaires (un à Montréal et un à Bruxelles) avant que j'entende parler de cet étrange objet enregistré pile à 237 mètres de mon domicile...
Je savais bien que Delphine Dora se livrait à d'étranges activités mais j'ignorais qu'en compagnie d'Eloïse Decazes, elle avait repris l'intégralité d'un disque du compositeur Luciano Beria, Folk Song Cycle (1964) habité par la voix de Cathy Berberian, sa compagne.
Ne vous y trompez pas : l'art sophistiqué de Berio & Berberian et ses références savantes et populaires sont passés à une drôle de moulinette par Decazes & Dora. Je ne saurais mieux dire que Florian Caschera dans une excellente chronique : "Art pauvre, apologie anarchisante de la reprise individuelle,
déclaration émue à une discipline aussi démocratique qu'atemporelle,
invitation pour les spectres à venir partager la prière et le goûter,
voilà un peu ce qui se trame dans le disque bref, intense, en guenilles
mais cousu d'or d'Eloïse Decazes et Delphine Dora".
Mais voyez donc avec cette interprétation d'une pièce de Canteloube - toujours le Cantal! - initialement associé à un morceau azéri que l'on vous propose aussi :
Si Roy Orbison est la divinité universelle du slow, son prophète en Auvergne est sans conteste l'ami Dan-O-Sonic. Ses concerts sont pleins de reprises de Big O et des autres maîtres du genre, mais il choisit aussi avec soin des sources moins connues comme le groupe de doo-wop, Shep and The Limilites, qui donnent "Daddys Home", leur imparable tube, en 1961.
Spécialement recommandé par le Ministère de la culture colombien qui a décrété que 2012 serait une année Lucho Bermudez : le classique "Navidad Negra" par l'orchestre du grand compositeur et arrangeur Luis Eduardo Bermudez (la même classe qu'Ernesto Lecuona, Perez Prado ou Benny More) avec big band et la voix de Matilde Diaz. On est en 1958 : tout le monde est en tenue de soirée sur la plage.
Noel, c'est pour les enfants, mais Joe Poovey est-il encore un enfant avec ses 14 balais?
En tous cas, il aiderait Santa au besoin : c'est un bon garçon.1955, Texas, Steel guitar, chanson écrite par papa. Elvis n'est pas encore passé par la cheminée au domicile du teenager, mais ça viendra vite, ça et le reste.