Pas d’aspérités au programme aujourd'hui. C'est la fin de l'été et on prolonge la saison douce comme on peut en plongeant dans la pop synthétique nigériane du milieu des 80's. Oui, fuyons toutes préoccupations moroses avec deux tubes de Dizzy K Falola. On verra bien plus tard pour la suite.
Au début des années 70, après la vague rocksteady, la musique jamaïcaine suit résolument un mouvement orienté vers des racines réelles ou réinventées. C'est cette route qui dominera (et heureusement car c'était indéniablement la plus riche). L'histoire n'était pourtant pas écrite d'avance et un autre voie plus pop aurait aussi pu emporter le morceau. Certains hésitèrent entre les deux directions. En 1973, c'est le cas de John Holt, auparavant chanteur des fameux Paragons. Son album Time Is the Master comporte quelques violonades superflues mais n'en compte pas moins des morceaux excellents sous influence musicale du renouveau roots mais plus portés sur les méandres de la vie amoureuse certes que sur le revival jah-jah. Pour l'été, c'est léger. Pour l'été c'est parfait, peut-être. Remontons donc le temps :
John Holt -Time Is The Master (1972)
Et puis, il y a aussi sur le disque ce pur chef d’œuvre. Quoi qu'en pensent les puristes, une des merveilles de la Jamaïque.
Je ne l'ai pas écoutée beaucoup de fois l'été dernier et pourtant elle me revenait toujours en tête, cette chanson hallucinée d’Étienne Daho, et avec toujours le même effet de vertige.
Quelques mots de Manuel Anceau relevés aujourd'hui dans une plaquette de 1995 font étrangement écho à cette vibration singulière :
"Seul.
Poids sur les cils de tout ce qui a été vu. Poids sur le cœur de ton ce qui a
été entrevu.
Solitude,
ton nom est en été un anneau de plus autour de la tringle du vide.
Si pour l’amour,
il me fallait vous dire la saison idéale je vous répondrais : mais l’été
voyons ; ceci comme une évidence ; maintenant, je vous dis comme une
autre évidence ; pour être seul, jamais, au grand jamais ne choisissez l’été.
Pic du midi, ta neige est métaphoriquement amoureuse.
En été,
les torrents eux-mêmes donnent la tétée au veau de la chaleur."
Tentative désespérée pour réanimer l'été le plus polaire depuis 1959 : Hulla Hulla de l'excellente Rita Lee, membre fondatrice des Mutantes. L'acclimatation la plus réussie de la guitare hawaïenne au Brésil : tropicalisme au carré en d'autres termes.