vendredi 16 août 2019

Jeu de piste : où est ce tigre?


Where's that tiger! Where's that tiger!
Where's that tiger! Where's that tiger!
Hold that tiger! Hold that tiger! Hold that tiger!

Si l'enregistrement du jour n'était pas purement instrumental, ce serait à coup sûr les paroles.

Oui, où est-il ce tigre? Car pour celui de l'enseigne, il est peut-être quelque part où vous ne l'auriez pas cherché. A Kežmarok précisément, loin en Slovaquie, au pied des Tatras, là où l'ours grogne plus souvent que le tigre ne rauque.

Quant à notre Tiger Rag du jour, il vient des Amériques, bien entendu. Et c'est le Friar's Society Orchestra qui le joue en 1922. L'année suivante la formation prendra le nom de New Orleans Rhythm Kings (NORK). Comme son nom ne l'indique qu'à moitié, se réunissaient sous la dénomination de fameux musiciens de La Nouvelle Orléans mais aussi de Chicago. Mais chut, entrons à pas de loup dans la forêt primaire du swing originel (ou presque) :



mardi 13 août 2019

L'autre côté du groove paysan à Haïti et revue en France


C'est un album profondément rural qui nous vient d'Haïti. Les sapes sont classes mais les thèmes des morceaux n'en sont pas moins avant tout agricoles. Le titre place directement le disque sous le signe du roi du poulailler et situe bien les choses. La deuxième chanson s'intéresse directement à "La vie paysan". Le kompa de 1970 peut être endiablé mais aussi lunaire comme sur cet autre morceau, "Bohémiens", à la beauté pure mais comme démantibulée, avec ses claviers en discussion avec les cuivres et presque en apesanteur.
"Bohémiens"

[Il semble qu'il y ait eu un problème de gravure pour le LP : le deuxième morceau du disque n'est pas celui indiqué sur la pochette ni sur youtube].
C'est avec cet improbable hymne au clair de la lune paysan que je voudrais saluer la sortie d'une revue consacré à un thème grave. "Un monde en voie de disparition : les paysans" sous-titre le dernier numéro de L'Autre côté pour sa quatrième parution. Dans ce cas là, Les diables bleus, ce serait un peu l'autre côté de l'autre côté. "Dansez carré", nous suggèraient déjà d'autres Haïtiens!


Pour commander la revue, voyez ici.

Pour le disque, c'est plutôt là.


mardi 6 août 2019

Commémoration de l'iguane!



La Cellule ignore largement la pulsion de commémoration qu'elle illustre qu'avec parcimonie et coumegranossaloume, siouplait! Mais pourquoi négliger l'occasion (qui fait le larron, rappelons-le) si l'idée de célébrer la sortie du premier album des Stooges, il y a tout juste cinquante ans (au mois d'août 1969) nous permet de visiter les terres peu connues de l’Équateur où le salsero Cayito armé de ses Guerilleros semble avoir signé le premier hommage de l'histoire dédié à James Newell Osterberg Jr., et ce dès 1972!





vendredi 2 août 2019

Billard éclectique



Alors que certains se prélassent au bord de la plage et que d'autres randonnent, une partie de la cellule d'écoute n'a pas quitté la ville. Le soleil fait chauffer le bitume et l'écoute ces trois morceaux nous évoquent les néons des salles d'arcades, le vacarme des flippers et les boutons en plastique des bornes de jeux.

Dans le troisième album de sa trilogie expérimentale Sextant (1973), prélude au succès de Headhunters, Herbie Hancock fait crisser les synthétiseurs du Dr. Patrick Gleeson au contact d'instruments plus communs au jazz. La friction fait des étincelles.



Jamais en retard d'une expérience Haruomi Hosono, bien connu des amateurs de YMO se livre à une étude passionnante sur Vidéo Game Music (1984). La première partie du morceau est tout simplement la musique et les sons tels qu'on les entend dans Xevious, un shoot 'em up sorti l'année précédente sur la nintendo NES puis à la fin de la partie, le vrai jeu commence : examiner chaque élément, en apprécier les qualités, les assembler et voir un peu comment on peut travailler cette matière sonore là. La texture si particulière des sons me ramène immédiatement dans les salles d'arcade de mon adolescence ou sur le canapé de mes amis du collège pour d'interminables parties.



Polyrythmie distordue d'une part, bricolage électronique d'autre part autant d'ingrédients que l'on retrouve chez les congolais de KOKOKO ! bidouilleurs inspirés d'instruments du quartier Ngwaka de Kinshasa, leur frénésie chaotique paraît la bande son idéale pour la canicule.




En bonus, parce qu'il est difficile d'évoquer les billards électriques sans y penser : Blast Off des Monks, vraiment pas si loin de KOKOKO!

mercredi 31 juillet 2019

Huile de foie de morue, jus d'orange et Hamish Imlach

Aujourd'hui, la Cellule dans un effort diététique inédit vous conseille de vous mettre dans le gosier en toute urgence autant de cuillerées d'huile de foie de morue que vous en êtes capable, d'avaler ensuite deux bons grands verres d'agrumes pressés puis d'ouvrir au maximum vos esgourdes pour profiter pleinement du très magnifique accent d'Hamish Imlach, barde folk jovial, moustachu et pratiquant résolu du double-sens. Hallelujah : 
 
"Cod Liver Oil and Orange Juice" (1966) 





mardi 30 juillet 2019

Quand corne la muse de la cornemuse!

On nous dit que cette cornemuse pourrait bien être plus flamande qu'écossaise, et ce bien qu'elle soit visible sur la porte d'une magnifique armoire conservée au Musée National d’Écosse (où on la date des alentours de 1600). Un seul bourdon est visible en effet alors que les vraies cornemuses écossaises en ont assurément plusieurs. Les rapports commerciaux entre les Flandres et l'Ecosse étant fort étroits et fort anciens, la chose est tout à fait possible. 

Et puis en fait ça tombe bien cette cornemuse continentale perdue au nord des îles britanniques car le post d'aujourd'hui est consacré à la cornemuse dépaysée : et tout d'abord à la cornemuse yéyé. Ne vous pincez pas, écoutez plutôt cet improbable hommage au rock écossais chanté par Siw Malmkvist, elle-même suédoise exilée en Allemagne...

"Schotten Rock" (1959)


Et comme si ça ne suffisait pas, on vous propose maintenant un détour du côté de la cornemuse jazz avec Rufus Harley qui joue à Montreux avec Sonny Rollins en 1974 une version de "Swing Low, Swing Chariot" qui change vraiment beaucoup de celle que l'on entend à Murrayfield, les jours de Tournoi des Cinq Nations.

"Swing Low, Swing Chariot" (1974)


Merci à Malou, Antoine et Pierre-Jean pour leur aise sur ce post très collectif.

mardi 9 juillet 2019

C'est le Pérou : Los Saïcos ou le groupe garage ultime

On commence à le savoir. Le groupe ultime de la vague garage n'a pas déferlé sur les plages de l'Oregon ou de la Californie mais bien plus au sud du côté de Lima, où quatre jeunes gens ont composé en tout et pour tout six singles entre 1965 et 1966 qui représentent la quintessence de la sauvagerie pré-punk! Los Sa(d)icos débutent sur les chapeau de roue. Écoutez donc leur premier 45. 

"Come On" sur la face a


"Ana", en retournant la galette


Et puis quelques mois plus tard, le tube inévitable : "Demolicion"
 
 
Voilà, vous avez là déjà un quart de la discographie des Saicos, mais tout est indispensable!
 
"Des molaires, des molaires, des molaires", vous crie le dentiste dément qui a mangé le disc jokey!