lundi 6 août 2018

Tout en haut, là-haut sur le toit.

On ne voit ça que sur la Planèze de Saint-Flour, ces quilles de pierre sur les cheminées de ferme qui tendent leur doigt vers le ciel. Et parmi elles, il y en a une plus singulière. C'est une poule qui a été sculptée tout en haut, la-haut sur un toit de Tanavelle. Mais dérivons à peine et suivons ce fameux groupe de doo-woop qui nous invite à fuir les embarras du monde et à nous placer à notre tour là-haut, tout en haut sur le toit. La journée commence bien.



samedi 4 août 2018

Quelques doutes sur la musique des sphères : Delphine Dora (2018)

Je dois dire que je suis dubitatif. Franchement, je me demande bien si la poésie de Kathleen Raine (1908-2003) a quelque chose à me dire. Il y a chez elle un fond de mysticisme spiritualiste dont je ne vois pas bien que faire. N'empêche que je me suis laissé prendre par l'adaptation de certains de ses textes par Delphine Dora sur Eudaimon, disque sorti au début de l'année (voir ici). Réincarnation ? Il semblerait que Nico se soit finalement installée sur la Planèze de Saint-Flour et qu'elle se soit laissée tenter par le syncrétisme savant d'une poétesse anglaise d'un cosmique exagéré. Voilà un morceau :


Et voici le poème :

Et un autre morceau :


jeudi 2 août 2018

Matin difficile : Billy Briggs (1951)


Boogie asthmatique aujourd'hui avec ce morceau de Billy Briggs qui règle ses comptes avec son réveil-matin, cette bombe à retardement quotidienne...


mercredi 1 août 2018

Le poulailler en émoi : Rosco Gordon

Nous sommes à Memphis en 1955 et il y a ce pianiste, Rosco Gordon, un des pionniers du rock'n'roll qui a décidé de faire du coq son emblème qu'il se colle si possible sur l'épaule. Il vous invite immédiatement à essayer avec lui la danse spéciale des gallinacés.


Le film "Rock It, Baby" a d'ailleurs immortalisé en 1957 un gig où le coq est bien sur le piano. Regardez comme il est majestueux et fier :


Mais vous avez aussi sans doute remarqué quelque chose de spécial ; oui cette syncope qui déplace le rythme classique du rhythm'and'blues (tout comme Professor Longhair à La Nouvelle-Orléans). Vous avez là une des origines du ska jamaïquain qui s'invente aussi donc dans les studios Sun de Sam Phillips. On vous en remet une pour la route (mais sans zoziaux cette fois-ci), c'est "Booted" (1951), et c'est aussi ma préférée :





samedi 28 juillet 2018

Ma vie sans moi (14) : Si un jour j'ai besoin de toi


C'est un morceau sublime avec pour sujet l'asymétrie amoureuse. Et c'est aussi le repère ultime pour vérifier si vous n'êtes pas une pierre...




mercredi 25 juillet 2018

Ma vie sans moi (13) : halluciner l'été


Je ne l'ai pas écoutée beaucoup de fois l'été dernier et pourtant elle me revenait toujours en tête, cette chanson hallucinée d’Étienne Daho, et avec toujours le même effet de vertige.

Quelques mots de Manuel Anceau relevés aujourd'hui dans une plaquette de 1995 font étrangement écho à cette vibration singulière :

"Seul. Poids sur les cils de tout ce qui a été vu. Poids sur le cœur de ton ce qui a été entrevu.

Solitude, ton nom est en été un anneau de plus autour de la tringle du vide.

Si pour l’amour, il me fallait vous dire la saison idéale je vous répondrais : mais l’été voyons ; ceci comme une évidence ; maintenant, je vous dis comme une autre évidence ; pour être seul, jamais, au grand jamais ne choisissez l’été. Pic du midi, ta neige est métaphoriquement amoureuse.

En été, les torrents eux-mêmes donnent la tétée au veau de la chaleur." 

(extraits de : Enchantements II et III)