lundi 22 avril 2019

Un blog sensationnel et un post Sensacion (Cuba, 1954)

La Cellule passe son temps à repérer les différentes branches musicales issues des formidables racines cubaines, qu'elles surgissent en Tanzanie ou au Sénégal, en Colombie ou au Cambodge, en Egypte, en Italie, au Congo (bien sûr!) ou à La Nouvelle-Orléans (évidemment!). Mais elle avait sans doute un peu trop négligé jusque-là la grande île caraïbe elle-même. Il faut dire que bizarrement la musique cubaine a moins connu de grandes séries de rééditions somptueuses que d'autres traditions musicales a priori plus excentriques... Oui, mais voilà la découverte du moment : un blog absolument merveilleux bien nommé aural joy. On y trouve une série fabuleuses d'albums cubains comme par exemple celui que le grand Abelardo Barroso (notice biographique ici) enregistra avec l'Orquesta Sensacion en 1954. Commencez donc par le grand tube "En Guantanamo" :

 
Il y a aussi un de mes morceaux favoris, toutes catégories confondues, "La Hija de Juan Simon" capable de faire fondre les cœurs les plus endurcis :


Ou cette petite merveille de douceur :  "Nosotros"


Mais l'intégralité de l'album est un plaisir sans mélange et il est à télécharger là sur aural joy. A bon entendeur!


vendredi 19 avril 2019

Cuba-Hawaï-Kinshasa aller retour



Régulièrement au Tiki Lounge, rue de la Fontaine au Roi à Paris, on peut voir se produire le groupe Kanis & Lou. Armé d'un cocktail et entouré d'un décor du meilleur goût, on peut entendre l'une des formations les plus enthousiasmantes dans le genre hawaiien/exotica, à la fois très respectueuse du répertoire et décontractée. Ils alternent les reprises des as de la guitare hawaïenne comme King Benny Nawahi, standard intemporels de l'exotisme comme le Sleepwalk des italo-américains Santo et Johnny ou une version très inspirée de Bali Hai issue de la comédie musicale South Pacific.

Le morceau qui m'a marqué hier soir est une très rare occurence d'une influence cubaine sur la musique des îles du pacifique : Kou Kino Mambo, par the Polynesians. De Cuba à Hawaï en deux minutes et demi.


Ce morceau, qui réussit l'alliance improbable et idéale entre la décontraction polynésienne et l'énergie caribéenne m'en a immédiatement évoqué un autre : le Mambo Hawaïenne de Docteur Nico.

Colosse de la guitare congolaise, il serait un peu long de résumer la carrière du "docteur" Nico Kassanda entamée dès l'âge de 14 ans auprès de Grand Kallé et l'African Jazz puis aux commandes de l'African Fiesta avec Tabu Ley Rochereau. Disons simplement que son style rythmique et inventif marquera une inflexion dans la musique congolaise dont on encore les échos aujourd'hui. En 1962 ou 1963 -soit un an avant nos amis polynésiens- l'as de la guitare nous livre cette réjouissante rêverie hawaïanisante toute en glissandos. D'Hawaï à Kinshasa en deux minutes et demi.


Les notices de wikipedia se contredisent mais il paraît que le mot Mambo viendrait du Yoruba ou du Bantou, qu'il signifierait voix en coeur ou plus simplement "parler". Que le genre fut popularisé par Arcaño y sus Maravillas à la fin des années trente. Du Congo et ses environs à Cuba. Retour au point de départ.

Les racines du punk tchèque (1965)

Rock'n'roll sommaire jusqu'à l'os et révolte adolescente! Tout est déjà là en 1965, avec Táňa Zelinková qui vous regarde droit dans les yeux pendant le générique des Amours d'une blonde de Milos Forman. Quant au film, c'est un pur chef d’œuvre pendant toute la première moitié et pour la seconde, eh bien, le mieux est sans doute encore de ne pas la regarder...


mercredi 17 avril 2019

Twist with the docteur : FSK et votre taux d'adrénaline



Cohabitent Walter Benjamin, publications confidentielles suédoises, véronal ou aspirine, mais surtout trop, beaucoup d'adrénaline dans ce morceau! La Cellule relance sa rubrique médicale en vous donnant rendez-vous à Munich pour un check-up complet au pays du self-control!


Collision : Perez Prado rencontre Saint James Infirmary

1955 : rien n'arrête le roi du mambo. Surtout pas les classiques estampillés Deep South à qui il imprime une touche inimitable. Saint James Infirmary ne lui résistera pas et vous non plus, vous verrez!


dimanche 7 avril 2019

La grande classe hongroise : Zsuzsa Koncz

La cellule vous emmène de nouveau dans la Hongrie des 60's aujourd'hui avec Koncz Zsuzsa, chanteuse et actrice de classe, rivalisant sans peine avec ses homologues de l'autre côté du rideau de fer. On prend son élan avec l'énergie carillonante de "keresem a szót" (je cherche le mot) en 1966 :


Nous vous proposons ensuite "szõke anni balladája", un des très bons titres psyché-folk de 1967, avec une sitar électrique parfaite.
 
 
 Toujours en 1967, une charmante ballade : "Gyerekdolog"
 
 
Et pour finir : "Azt Hitted, Kis Bolond" (1969), à peine trop rapide pour un slow mais non moins excellente.



dimanche 31 mars 2019

Les gendarmes et les voleurs.



Comme c'est vers les Antilles que nous revenons avec application, on finit par suivre le fil des années et passer de la biguine des années soixante à la cadence des années 70-80. Sorte de mérengue haitien modernisé, la cadense accueille toutes influences des musiques caribéennes, du disco au reggae dans un syncrétisme roboratif. Des formations pléthoriques avec cuivres, percussions, synthétiseurs produisent des sortes de patchworks sonores où l'on passe avec agilité d'un style à l'autre et où l'on franchit plusieurs fois la frontière entre le bon et le mauvais goût. Moi, je prends le tout sans faire la fine bouche.

En 1975, du coté de La Dominique, les Belles Combo enflamment les pistes avec leur premier album "Libération de la Femme" pionners du style "cadence-lypso" clairement marqué la disco qui ne tardera pas faire école dans le reste de la caraïbe :



La Police est là dans ce morceau des Melodix, une cadence tendue face aux forces de l'ordre qui nous rappelle que loin de la carte postale chamarrée, les luttes sociales furent particulièrement violentes aux Antilles dès la fin des années soixante.


Tensions sociales qui sont le thème de ce standard de la candence-lypso : Grève Générale par les Bill-O-Men. Morceau colossal, qui avance, s'arrête, reprend, se renforce comme le défilé un cortège et qui remplacerait avantageusement les "Motivé-e-s Motivé-e-s" pour nos manifs à nous. Comme les deux précédents tous ces disques sont sortis chez 3A, le label guadeloupéen.



Mais les voleurs, les voilà : dans le genre cocktail détonnant, le sommet du genre est probablement l'album "La panthère noire" de Michel Docteur Nerplat. Le saxophoniste, pilier de la maison Debs et compositeur pour le groupe star "Les Aiglons" nous livre dans cet album solo une composition à plusieurs étages : reprise à la sauce pimentée du fameux thème d'Henri Mancini à laquelle l'organiste sa part de folie. Ce dernier ne peut s'empêcher sur chaque titre de cet album de truffer ses soli de phrases musicales piquées dans les standards de la musique "exotica". Retour à l'envoyeur bien senti de cet exotisme en toc, digéré et remâché.