samedi 25 janvier 2020

Bagarre calypso (1936) : Rendez-nous nos bâtons!

Lors du carnaval de Trinidad, des combats de bâton ont traditionnellement lieu. A l'époque colonial, ils ont été plusieurs fois interdits ou limités. Au tout début du XXe siècle, un certain Millington, apparemment un policier, semble avoir eu un rôle tout particulier dans la répression du kalinda, cet art martial d'origine africaine. Trente-cinq ans plus tard King Radio (alias Norman Span) et The Tiger (Neville Marcano) se mettent à deux pour réclamer en français créole leur bâton. Un morceau complètement entêtant eneregistré à New-York en 1936, où le calypso lorgne du côté du scat!

 King Radio, The Tiger accompagné par Gerald Clark et des Caribbean Serenaders "Millington" (1936)


PS : Si vous voulez en savoir plus à propos du tableau peint par le suisse François Aimé Louis Dumoulin (1753-1834) et conservé au Musée de Vevey, n'hésitez pas à suivre ce lien.

jeudi 23 janvier 2020

Trinidad quintessence : deux calypsos et une valse avec l'orchestre de Lionel Belasco

Le pianiste Lionel Belasco est un des pionniers du Calypso. C'est aussi peut-être le musiciens antillais à avoir enregistré avec son orchestre le plus de morceaux avant la Deuxième Guerre mondiale. Ses origines à la fois juives et afro-américaines font de lui un représentant exemplaire du métissage généralisé de l'ile de Trinidad, qui s'exprime dans la musique par le grand mélange des traditions africaines, brésiliennes, européennes et nord-américaines. Mais rentrons vite dans le vif du sujet avec un calypso classique chanté à moitié en anglais et à moitié en créole français par le grand Wilmoth Houdini accompagné par l'orchestre de Lionel Belasco, dont il faut admirer la versatilité poly-rythmique.

"Blow Wind Blow" (1928)


On ne quitte pas cette session d'enregistrement new-yorkaise du 14 août 1928 et on se laisse charmer par "Caroline".

"Caroline" (1928)

On peur remonter maintenant dix ans en arrière et se lancer dans une valse caribéenne, peut-être encore plus dépaysante et toujours parfaite pour notre rubrique prénominale :





dimanche 12 janvier 2020

Un peu de soie bleue pour Hank Williams en 1969



Nous sommes à New-York en 1969 et quelques musiciens folks très affutés par de multiples sessions d'enregistrement se rendent compte que c'est sans doute le bon moment de renouveler la veine country bluegrass et de l'adapter à l'air du temps, l'écoute des Flying Burrito Brothers n'étant pas pour rien dans cette soudaine prise de conscience. Le Blue Velvet Band qu'ils montent pour l'occasion est un peu sage sans doute par rapport à leurs homologues californiens. Leur seul et unique album peu diffusé fait cependant l'objet d'un petit culte mérité car il contient quelques pépites franchement délectables, comme cette reprise du merveilleux "Ramblin' Man" d'Hank Williams.


Ecoutez aussi le très beau et très dépouillé "Little Sadie" avec Bill Keith au banjo.


mercredi 8 janvier 2020

Trésors sous la mer : Sven Libaek (1973)


Les homologues australiens du commandant Cousteau s'appellent Ron et Val Taylor, un couple de plongeurs qui abreuvèrent l'Océanie d'images sous-marines durant toutes les années 60 et 70. En 1973, pour leur série télévisée, ils eurent l'idée géniale de confier la bande-son au compositeur Sven Libaek qui leur concocta une petite série de symphonies de poche pour masques, tubas et guitare wah wah, parmi lesquels la Cellule pioche aujourd'hui deux titres merveilleux. Le premier s'intitule "Dark World" et me fait immanquablement penser à une nouvelle version de "The Look of Love" renchérissant sur celle déjà sublime d'Isaac Hayes.


Le second titre correspond au générique de la série. Est-ce que j'ai tort d'y entendre comme un écho au Concerto de Aranjuez?

"Inner Space"


Pour en savoir plus sur Sven Libaek, allez donc voir cet excellent post du blog Falsh Strap. Dépéchez-vous avant que tous les liens soient morts.


Recommandé par Steve Zissou!

lundi 6 janvier 2020

Plagiat par anticipation : Sven Libaek / The High Llamas

On commence l'année tout en douceur sur la Cellule avec ce post documentant un nouvel épisode troublant de plagiat par anticipation. Le responsable est un musicien ultraprolifique, australien d'origine norvégienne, Sven Libaek, qui a enregistré à Sydney en 1974 un album instrumental avec l'espace pour thème et le Qasar, un tout nouveau synthétiseur de création locale pour attraction. Or sur ce disque étoilé, il décalque avec une vingtaine d'années d'avance les trajectoires funambulesques des magnifiques High Llamas de Sean O'Hagan. Jugez donc par vous-même :
 "Stella Maris"


Si vous voulez en découvrir plus sur Sven Libaek, vous trouverez là un article qui retrace son itinéraire de compositeur/arrangeur bouledeneigimique (on a le droit de faire des jeux de mots-valises, non?) et ça vaut rudement la peine même si on ne s'avalera pas tout sous peine de dangereux troubles de la digestion. Vous trouverez aussi ici une émission radio qui lui a été consacrée sur WMFU. Et pour la bonne bouche, ces sidérantes : 

"Conversations With Hal"



Sean O'Hagan


samedi 21 décembre 2019

Le 21 décembre 1981, les Lyres...

Le 21 décembre 1981, les Lyres enregistraient un des 45T les plus parfaits de l'histoire du garage rock. Sur la face A : "Help You Ann"


Retournez le disque et vous avez : "I Really Want You Right Now"


Le disque n'est sorti qu'en 1983. Et peut-être n'est-il pas utile de dire plus sinon "Joyeux solstice".

samedi 14 décembre 2019

Découvertes slovaques (musique et art populaire, deux en un)

(phot. EB, 22 juillet 2019)
Aujourd'hui, la Cellule se penche sur les expression populaires savoureuses en provenance de Slovaquie. Branchons d'abord la musique pour assurer l'ambiance :


Et prenons le temps de saluer les figurines en bois de M. Josef Smutniak qui ont été récupérées après sa mort par un autre sculpteur M. Dalo, qui a une petite galerie personnelle au fond de son jardin dans la petite ville de Liptovský Hrádok. J'aime beaucoup ces personnages avec leur coiffure identique  - s'agit-il de perruques populaires, de crèpes toutes retombées miraculeusement de la même façon ? les slovaques musiciens ont-ils tous le même coiffeur ? J'aime aussi leur invraisemblables propositions musicales. Essayez donc de jouer du violon avec une baguette tradition ou de jouer de la flute avec le menton.



Et pour ne pas rester les deux pieds dans le même sabot, on vous propose maintenant de danser sur les airs du groupe Roooombaaaa installé à Prague. Les musiciens sont originaires des Balkans ou de l'ex-Tchécoslovaquie mais les deux chansons du jour sont typiquement slovaques, me dit-on. Si vous commencez à sautiller, je vous préviens : il faut une bonne condition physique pour tenir jusqu'au bout en suivant à la lettre les traditions athlétiques de la chorégraphie slovaque. Mais allez, on y retourne gaillardement avec Očko, chanson du folklore trépidante et vacharde (quelque chose un peu dans le genre satyrique carabiné du sieur de Sigogne, ou de "Félicie aussi" chantée par Fernandel si vous préférez).