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mercredi 27 mars 2024

Mort Garson (1976) : Musique électronique pour les plantes et pour ceux qui aiment les plantes

 

Dans la catégorie OVNI, celui-ci se pose là comme une fleur. Le projet est tout simple : il s'agit d'un disque pour vos plantes vertes que le compositeur précurseur de musique électronique Mort Garson a composé en 1976. Pour se le procurer, il fallait cependant être au bon endroit au bon moment puisque la galette était réservée aux acheteurs d'une plante d'intérieur dans un magasin de Los Angeles nommé Mother Earth, qui semble le commanditaire de la chose (les acheteurs d'un matelas Simmons auprès d'un point de vente Sears y eurent cependant aussi droit). La suite de morceaux s'appelle Plantasia et voici la liste des titres (entre crochets nous ajoutons le nom savant de la plante pour que vous puissiez fournir à votre plante préféré le morceau qui lui est spécialement dédié en minimisant les risques de vous tromper).

1. Plantasia

2. Symphonie pour la plante araignée [Chlorophytum comosum]

3. Blues des larmes d'ange [Soleirolia soleirolii]

4. Ode à la violette africaine [Saintpaulia]

5. Concerto For Philodendron & Pothos

6. Rhapsodie en vert

7. Swingin' Spathiphyllums

8. Vous n'êtes pas obligé de promener un bégonia

9. Ambiance douce pour adiante

10. Musique pour apaiser la plante serpent sauvage [Sansevieria trifasciata]

 

Mais, une fois n'est pas coutume, voici le disque en entier :

PS : L'album a été réédité en 2019 sur l'étiquette Sacred Bones Records. Merci à François P. pour l'improbable découverte.

 


vendredi 2 août 2019

Billard éclectique



Alors que certains se prélassent au bord de la plage et que d'autres randonnent, une partie de la cellule d'écoute n'a pas quitté la ville. Le soleil fait chauffer le bitume et l'écoute ces trois morceaux nous évoquent les néons des salles d'arcades, le vacarme des flippers et les boutons en plastique des bornes de jeux.

Dans le troisième album de sa trilogie expérimentale Sextant (1973), prélude au succès de Headhunters, Herbie Hancock fait crisser les synthétiseurs du Dr. Patrick Gleeson au contact d'instruments plus communs au jazz. La friction fait des étincelles.



Jamais en retard d'une expérience Haruomi Hosono, bien connu des amateurs de YMO se livre à une étude passionnante sur Vidéo Game Music (1984). La première partie du morceau est tout simplement la musique et les sons tels qu'on les entend dans Xevious, un shoot 'em up sorti l'année précédente sur la nintendo NES puis à la fin de la partie, le vrai jeu commence : examiner chaque élément, en apprécier les qualités, les assembler et voir un peu comment on peut travailler cette matière sonore là. La texture si particulière des sons me ramène immédiatement dans les salles d'arcade de mon adolescence ou sur le canapé de mes amis du collège pour d'interminables parties.



Polyrythmie distordue d'une part, bricolage électronique d'autre part autant d'ingrédients que l'on retrouve chez les congolais de KOKOKO ! bidouilleurs inspirés d'instruments du quartier Ngwaka de Kinshasa, leur frénésie chaotique paraît la bande son idéale pour la canicule.




En bonus, parce qu'il est difficile d'évoquer les billards électriques sans y penser : Blast Off des Monks, vraiment pas si loin de KOKOKO!