jeudi 30 avril 2015

Plagiat par anticipation : Momus/Paul Simon

Nageons en plein paradoxe, voulez-vous, et retrouvons pour un temps la notion de plagiat par anticipation qui, il est vrai, nous incite fortement à pareille natation désynchronisée. Je prétendrai donc aujourd'hui que le premier morceau de Momus, ce chanteur écossais un brin intellectuel dont la vogue n'a jamais atteint des sommets (vous en souvenez-vous? l'avez-vous même jamais connu?) a été composé par un musicien aussi renommé que Paul Simon, un peu plus de dix ans avant que Nick Currie (alias Momus) ne gravât ses premiers disques sur le regretté label Creation. Les roulements de tambour, la voix qui parle plus qu'elle ne chantonne, la mélancolie acide alliée à l'ironie, j'ai eu cette révélation ce matin... et la chanson est excellente, bien sûr.


Si vous voulez vous remettre Momus entre les feuilles, allez donc voir là : Nick Currie a la très bonne idée de vous offrir à télécharger ses six premiers albums (ceux chez Creation, précisément) depuis longtemps épuisés. Ils sont sur son blog très documenté.



vendredi 24 avril 2015

Sénégal : L'Etoile de Dakar

Le deuxième album de l'Etoile de Dakar est un pur classique de la musique sénégalaise. Enregistré au Jandeer Night Club de Dakar, il représente un pont entre la musique latino dominante jusque-là et le m'balax en cours d'affirmation (même si le nom n'existait pas encore). De ces très jeunes gens révolutionnant la musique ouest-africaine, il y en a un que vous connaissez : Youssou N'Dour mais les autres ne sont pas à dédaigner. N'oubliez pas El Hadji Faye, son alter ego au chant, Kabou Gueye et ses parties de guitare extraordinaires ou Assane Thiam à la rythmique. Les deux morceaux que vous propose la Cellule terminent la galette sur une touche latino-hypnotique qui vous amène sur une autre planète. Tambour d'aisselle tama et pédale d'effet a gogo!

samedi 18 avril 2015

Les pinceaux du rock : TVPs (1), Garden Party chez Salvador Dali


Low-fi radicale aujourd'hui avec les Television Personalities qui nous invitent au bal des vanités chez Salvador Dali pour s'y livrer sans remords aucun à un grand jeu de massacre jubilatoire. Les pinceaux du rock dégomment tout ce soir.



dimanche 5 avril 2015

Conduire dans la nuit : Michaël Chapman

Parmi les multiples raisons de rendre grâce au label Light in the Attic la moindre n'est pas d'avoir réédité les premiers albums du génial Michaël Chapman. Sur Wrecked Again, il y a cette chanson poignante et détachée, joyeuse et inquiétante, simplissime et subtilement perverse, entêtante, entêtante, entêtante...


mercredi 1 avril 2015

Rocksteady Chantilly : John Holt

On n'est pas toujours obligé de suivre les modes au coup de sifflet de l'histoire. John Holt, par exemple, une des plus belles voix de la musique jamaïcaine n'était pas forcément pressé au début des années 70 de s'adapter à la nouvelle mode du reggae et d'aligner les chansons aux thèmes ultra-conscious. Dans la veine rocksteady classique dont il fut une des grandes stars avec le groupe des Paragons, il préfère continuer à produire des chansons d'amour inspirées par la soul américaine. Aucune raison de s'en plaindre, vous allez voir.

Voilà trois morceaux tirés de son album The Further You Look de 1973. Prévenons les puristes, la  production est pleine de violonnades et autres artifices que la stricte morale réprouve mais que nous ne dédaignons pas du tout sur la Cellule.


Et puis, un morceau tiré de l'album suivant Dusty Roads en 1974. Plus reggae mais toujours dans la veine amoureuse plutôt que dans la veine jah jah.

Bonus en prime, les originaux des deux premières chansons :