Affichage des articles dont le libellé est 1985. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1985. Afficher tous les articles

dimanche 27 septembre 2020

Limite, limite : mais que devient Václav Neckář en 1985?

 


Aujourd'hui, on continue l'exploration de la discographie profonde du chanteur de charme tchécoslovaque Václav Neckář. Neckář [prononcez Netskarj, s'il vous plait], c'est l'introducteur à Prague, l'introducteur élégant du meilleur des modes musicales extérieures. Il y a un petit truc qui le rapproche de Claude François dans la voix (et la coupe de cheveux), mais pour la curiosité musicale et la sûreté du goût, ce serait plutôt l'équivalent de Polnareff ou d'Eddie Mitchell. Oui, mais voilà, cette fois-ci, nous sommes en 1985 et là franchement ça se gâte un peu du côté de la sono mondiale mainstream et donc de la source d'inspiration principale. Le disque s'appelle "Nous irons loin tous ensemble", Neckář et ses musiciens posent sur la pochette en tenue de bal costumé et, il faut bien l'admettre, on plonge dans une soupe pop modérément digeste. Neckář n'en est reste pas moins un aventurier et c'est sans doute sur cette galette des studios d’État Supraphon qu'on trouve la première expérimentation kraftwerkienne ("Jsem Jen Nemy Stroj") réalisée sur les bords de la Vltava, ainsi que le premier morceau hip hop en tchèque ("Okresni Vitez"). Que les spécialistes n'hésitent pas à nous indiquer s'ils connaissent des précédents. Mais bon, en fait, on vous en dispense pour nous concentrer sur la petite perle minimaliste pleine de tonus du disque avec ses paroles douces amères parce qu'il est temps de se trouver un mec et que, tic tac, l'heure tourne, et que c'est plus drôle du tout maintenant : 

Václav Neckář "Výhodná partie" (1985)



samedi 22 décembre 2018

Les classiques cachés : Gene Clark and Carla Olson

La première version (celle de Gordon Lightfoot) est sortie en 1966. C'est Phil Ochs qui l'avait écrite et il l'enregistre lui aussi en 1966. Elle a connu une myriade de reprises (dont une un peu asthmatique par Neil Young). Toutes sont estimables mais c'est Gene Clark et Carla Olson qui lui ont donné sa vraie puissance. Leur version a été enregistrée en 1989, peu après l'album tardif So Rebellious a Lover de 1987, un disque magnifique et incompréhensiblement peu connu (voyez un article récent sur Carla Olson). Elle est restée d'abord dans les tiroirs de Demon Records et n'atteindra les oreilles du public qu'au moment des rééditions augmentées de So Rebellious. Changes est le bonus de ma journée. Le truc qui m'a hypnotisé tout l'après-midi.

Et en cadeau, un autre excellent morceau délaissé, issu lui de sessions de 1985 : "Jokers are Wild"



vendredi 22 juin 2018

Calypso avec accordéon aux Bermudes : les Talbot Brothers

Perdues au milieu de l'Atlantique, les Bermudes sont surtout connues par une figure géométrique associée à des disparitions inexpliquées et par un short local, porté d'abord par les policiers britanniques avant de coloniser vos guibolles, messieurs. Mais pour la Cellule c'est bien sûr le calypso de l'archipel qui mérite le détour. Acclimaté dans les années 40, le genre trinidéen est devenu comme aux Bahamas la musique des grands hôtels pour touristes américains. Les Talbot Brothers en devinrent  les emblèmes et leur adaptation avec accordéon et "doghouse", du nom de la sorte de contrebasse inventée par Roy Talbot, est un vrai enchantement plein de douceur, avec une pointe de mélancolie tropicale. Essayez donc d'abord une chanson, si vous avez une appréhension avant de vous jeter à l'eau. Par exemple, celle-ci :


Vous n'hésiterez sans doute pas longtemps avant de vous infuser l'album en intégralité, en vous préparant le cocktail approprié :
 
 
L'agence de voyage vous propose en outre de prolonger un peu le séjour avec l'immanquable Jonathan Richman :



lundi 14 août 2017

L'accordéon de l'été (2) : en Afrique du Sud 1984-1985

Pour continuer la cure à base d'accordéon exotique la Cellule vous propose aujourd'hui de visiter l'Afrique du Sud avec les champions de l'accordéon zoulou et du style mbaqanga. D'abord un instru de Johnson Mkhalali :


Puis un groupe au nom long comme un trombone : Nganeziyamfisa No Khambalomvaliso


Et enfin pour les estomacs fragiles (régime sans sel ni accordéon) un bonus qui lorgne quand même plus du côté de la musique cajun (par exemple) que de la rumba congolaise...




vendredi 18 septembre 2015

Le raï aroubi ou raï de la campagne (dans la ville de Lyon) : Rabah El Maghnaoui

Je viens de découvrir la formidable anthologie (merci Julie!) consacrée à la profusion de cassettes produites à Lyon par les immigrés maghrébins (1972-1998), réalisée par Péroline Barbet et publiée chez Frémeaux. Trois volumes extraordinaires placés sous le signe du D.I.Y et du low-fi à l'instar des disques indés les plus pointus. Les productions sont sommaires, les morceaux de qualité assez variable avec des pépites magnifiques mais dans un écrin rugueux à souhait. Parmi les multiples artistes ayant écumé les bars ou animé les mariages de la région lyonnaise que font découvrir les trois volumes de la compilation, l'un des plus émouvants est Rabah El Maghnaoui (ou El Maghanoui).


Originaire d'un village au sud-ouest d'Oran près de la frontière marocaine, il mêle le raï d'Oran et les traditions de sa région rurale et invente ce qu'il appelle raï aroubi, ou raï de la campagne (ou country raï si vous trouvez plus moderne de le dire à l'américaine). Arrivé à Lyon en 1978, il adapte sa musique en remplaçant les sonorités des instruments traditionnels (zorna et gasba) par celles de l'accordéon et du synthétiseur qu'il apprend à jouer en autodidacte. Alcool, femmes et nuits blanches mouvementées, la vie de Rabah El Maghnaoui semble passablement dissolue et les morceaux qu'il compose inspirés par son expérience portent la marque de déchirements intenses. "Ses chansons, directes, accablées, prosaïques, improvisées, sont bien celle d'un bluesmen", écrit sa première biographe.

L'homme a réalisé trois cassettes chez Mérabet Editions. Ce que dit Péroline Barbet d'un album déchirant enregistré après un court séjour en prison en 1983 a tout pour en faire un objet mythique (et d'abord parce qu'il s'agit de se mettre en quête de ce graal encore bien caché). 

La compilation Frémeaux compte deux titres. Nous vous proposons le plus tardif qui avec des synthés incroyables et une mélancolie à fleur de peau semble inventer le raï lunaire : Amayna Alik Anti, "Pourquoi m'as-tu trahi?"


Pour compléter ce post, nous avons aussi cherché tout ce qui se trouve sur youtube. Et on ne peut pas dire que ce soit la cohue. La première chanson, "Allamni Laghram" a été placée sur la toile par Place du Pont Productions, autant dire que c'est un bonus de la compilation donnés par ses concepteurs même. Merci! Elle a le même son plus traditionnel que le magnifique morceau daté de 85 qui est sur la compil : sont-ils issus tous deux du fameux album imaginé en prison? On se le demande...


Deux autres morceaux semblent sortir en tout cas d'une même cassette avec un son saturé de synthés acides au possible et des intros comme venues de l'espace.


Enfin, le facebook de Place du Pont Production renvoie à un autre enregistrement des débuts.

Voilà, on en est donc à six chansons et avec du pain sur la planche!

samedi 28 mars 2015

William Onyeabor

Inutile de présenter William Onyeabor, qui vient d'être réédité l'année dernière en grande pompe : des claviers incroyables, le Nigéria en ébullition, Kraftwek dans le golfe du Congo. Je n'en dis pas plus pour le kif : écoutez donc cette chanson qui vous rappelle que les vrais amis sont bien trop rares. Douze minutes de pur bonheur :

vendredi 30 janvier 2015

Les pinceaux du rock : Felt



Le prétexte est mince cette fois-ci : seulement le titre de la chanson, "Primitive Painters" qu'on retrouve dans le morceau dans un passage que nous livrons à votre sagace analyse :

Primitive painters are ships floating on an empty sea
Gathering in galleries were stallions of imagery

Voilà une mer bien bien vide me direz-vous... Et oui, la Cellule est un peu décevante aujourd'hui mais voyez donc le clip. On est en 1985 : la guitare, ce violet (bon dieu, ce violet!), la voix d'Elizabeth Frazer recrutée pour l'occasion : non, vous ne pouviez pas vous tromper!





dimanche 14 décembre 2014

Humeur massacrante (2) : Theo Hakola


Pour continuer dans la veine de l'expression politique radicale et classe, une chanson qui aurait dû être un tube en 1985, "Peter O'Toole" par Passion Fodder, le groupe d'alors de Théo Hakola ; Théo vu ce week-end au cours d'un concert d'une intensité remarquable. Hommage!

lundi 2 décembre 2013

Calendrier de l'Avent 2 : The dB's


Depuis 1985, les dB's ont pris l'habitude de faire des disques de Noël en réunissant leurs amis. Est-ce que c'est parce qu'il y a l'anagramme de Christmas dans le nom de Chris Stamey, leur leader? Quoi qu'il en soit, ils augmentent depuis régulièrement leurs compilations de nouvelles contributions (la dernière en 2006), mais moi ce que je préfère, c'est encore le son aigrelet de 85 : "Christmas Time" et "What I Want For Christmas" avec Cathy Harrington.