samedi 25 mai 2019

Friandise : The Free Design (1967)


C'est sucré, c'est vrai, mais aussi subtil, léger, aérien. La Cellule vous propose ce matin une irrésistible .friandise :

"Kites Are Fun"


Vous prendrez bien une seconde part, ne faites pas la fine bouche. Pourquoi pas une reprise de Simon and Garfunkel. On prend le temps ce matin.

"59th Street Bridge Song"






jeudi 23 mai 2019

Les guitaristes incroyables du Botswana (2)





L'année dernière, le label berlinois Piranha eut l'idée géniale d'enregistrer les merveilleux guitaristes du Botswana, on peut désormais profiter de ces artistes dans des conditions d'écoute plus confortables. Ne vous inquiétez, la musique est assez brute pour qu'on ne crie pas à l’aseptisation. Profitez  plutôt de ce morceau entêtant de Solly Sebotso, qui évoque les produits exportés par la Chine.


Les guitaristes incroyables du Botswana (1)


De temps en temps, ça n'arrive vraiment pas souvent, on invente une nouvelle manière de jouer de la guitare, c'est ce qui est arrivé Botswana, dont les musiciens ont développé une technique incroyable, pleine de virtuosité et de dynamisme. Longtemps, il n'y a eu que des vidéos pour témoigner de leur talent. Un certain Bokete7 (qui serait un hollandais expatrié dans le désert depuis 1979) documentait ainsi un moment improbable et magnifique. Merci à lui!

Les guitaristes s'appellent Solly Sebotso, Ronald Maipolai, dit "Ronnie" ou Molefe "Western" Lekgetho. Voici quelques-unes de leurs performances filmées.

Western, "Machingilani", vidéo datée de 2010


Solly Sebotso, "Wateelala", vidéo datée de 2011


Ronald Maipolai, dit "Ronnie", vidéo datée de 2009


Ronnie de nouveau, en 2017



mercredi 22 mai 2019

Le témoignage de la lune : Bana en 1965

Nha Terra Cabo-Verde est un des premiers disques d'Adriano Gonçalves, alias Bana, enregistré comme beaucoup de ceux qui suivront avec l'orchestre de Luiz Morais. C'est une merveille où règne la clarinette de l'ami Morais. Difficile de distinguer sur ce magnifique disque de 1965 (qui se trouve sur Aural Joy) un titre plutôt qu'un autre. Pourquoi pas deux mornas fascinantes comme

"Fidjo de Ninguem"


ou "Lua Nha Testemunha" écrite par le poète Beleza


et puis, pour changer de rythme "Terezinha"


Cap-Vert gigantesque : Bana (1977)

Comment entrer dans l’œuvre foisonnante de Bana (plus de cinquante disques), le géant de la musique cap-verdienne? Rien de mieux qu'une morna déchirante et sublime sur l'album classique de 1977, Miss Unidos, que vous auriez bien tort de ne pas aller chercher dans son intégralité sur le blog bien nommé Aural Joy. Voici donc pour commencer "Grito d'Dor" et ses violons à se damner :





mardi 21 mai 2019

Nuages profonds et sublimes : la soul rare de Little Ann (1969)


Qui a dit que la northern soul manquait de profondeur? La minuscule et magnifique production de Little Ann vient du Michigan et prouve le contraire. Sa voix n'est pas loin de celle d'Esther Phillips mais avec un grain deep distinctif. Deux petits chefs d’œuvre aujourd'hui remis en lumière par Light in The Attic.

Deep shadows 


Who Are You Trying To Fool




dimanche 19 mai 2019

La première reprise d'une chanson de Townes Van Zandt : Bergen White (1970)

Si je ne me trompe pas la première reprise du grand Townes Van Zandt se trouve sur une petite merveille d'album très méconnu, réalisé par un certain Bergen White en 1970. Ce dernier a fait une brillante carrière comme arrangeur dans les studios de Nashville mais ne s'est que très rarement exprimé comme compositeur et chanteur (deux albums et c'est tout). Il avait participé à l'enregistrement de Our Mother The Mountain de Townes Van Zandt, et eut l'excellente idée d'intégrer une reprise de "Second Lover Song" à son propre disque. Sa version est extrêmement réussie :


For Women Only (c'est le titre de l'album) est dans une veine plus pop que ce morceau mais il est aussi souvent teintée de mélancolie. On atteint quelquefois des sommets sous influence de Brian Wilson, comme par exemple dans "Gone Again". Bref, on vous recommande chaudement ce disque à la pochette lisse mais au contenu follement savoureux : 


jeudi 16 mai 2019

Le laconisme brutal de Scott Walker (des débuts inattendus)


Il a fallu se pincer fort pour y croire mais oui, c'est vrai. En 1959, le regretté Scott Engel, alias le grand Scott Walker, a commencé sa carrière musicale par enregistrer sous le nom de The Playboys un instrumental complètement siphonné en Californie, qui en fait à la fois une influence des Cramps pour la sauvagerie du son et un précurseur de Wire pour le laconisme extrême. Mais les vérifications ont été faite. En 1959, le jeune Scott Engel est à peine pubère mais il habite bien à Los Angeles et partage son temps entre le cinéma et le rock'n'roll. Bref, c'est à votre tour de vous pincer!


mercredi 15 mai 2019

Panne d'ascenseur et new wave slovaque (Banket, 1986)

En 1986, le groupe Banket fait fureur dans les booms tchécoslovaques. Son tube immortel, c'est "Po schodoch" (dans les escaliers), chronique amère mais puissamment rythmée du quotidien. 


Je n'ai pas résisté à faire passer les paroles à la moulinette de googletrenslate. Il y a visiblement un certain nombre de bourdes dans cette traduction automatique mais le résultat n'en est que meilleur, j'en suis sûr!

L'ascenseur ne va pas encore battre 13 étages
Il reste avec moi
Quelque chose pue dans les escaliers
Et un néon où il ne brille pas
Je n'ai pas peur des ténèbres
Entendre des alertes stéréo et d'incrédulité
Quelqu'un perce quelque chose

mardi 14 mai 2019

Le jazz égyptien sous influence latine : Salah Ragab de nouveau

Nous avons déjà consacré un post aux extraordinaires productions du Cairo Jazz sous la direction martiale de Salah Ragab. Pour le compléter aujourd'hui, intéressons-nous à une composante particulière de ce mélange si merveilleusement épicé : la touche latine qui se mêle comme nulle part ailleurs à un Orient réinventé. Et d'abord le tube absolu du mambo égyptien :

Egypt Strut


Signalons au passage une autre version détectée sur le blog très recommandable Dusty African Groove mais ne laissons pas nos arpions se refroidir et filons gaiment vers cet un hommage à Sun Ra muy caliente.


Enfin un morceau magnifiquement intense où l'influence latino se mêle à toutes sortes de choses et dans lequel on croirait quelquefois entendre surgir le fantôme bien aimé de Moondog.




dimanche 12 mai 2019

L'âge d'or du boléro : Daniel Santos

Le nombre de boléros que le chanteur portoricain Daniel Santos a enregistré dans presque tous les pays riverains du golfe du Mexique est absolument immense (une discographie très complète est disponible [hosanna!] ici). Nous vous proposons aujourd'hui de vous laisser embarquer par deux magnifiques productions mélodramatiques de l'époque new-yorkaise, en 1942.


Te lo juro

 




Très mystérieux aujourd'hui (à Saint-Domingue, Dakar et Londres aussi)

On s'y perd un peu dans la discographie de l'Etoile de Dakar, alias le Star Band mais ce doit bien être en 1978 que sort la reprise du grand tube "El hombre misterioso". Le jeune Youssou N'Door est au chant et le m'balax est ici au plus près de ses racines afro-cubaines. Le label Ostinato vient de redonner une jeunesse au morceau sur sa dernière compilation, chaudement recommandée.
Les origines de cet homme mystérieux ne se trouvent pourtant pas exactement à Cuba mais sur l'île juste à côté, à Saint-Domingue, où le prolifique Duo Ahijados des deux frères Cuco et Martin Valoy ont initialement créé ce classique dix ans plus tôt dans le plus pur style du son, popularisé par Compay Segundo.


Pour changer d'atmosphère du tout au tout mais en restant les deux pieds dans le sentiment du mystérieux (décidément prégnant en cette belle année 1978), terminons par un petit tour à Londres :







samedi 11 mai 2019

Comme la rencontre... Egwo Umu Agbogho (Nigeria, 1973)



Prenez une jeune nigériane aux talents particulièrement variés (actrice durant son séjour en Italie, chanteuse de bel canto formée à Rome, écrivain polygraphe, etc.) et une star du highlife, trompettiste et arrangeur, au sommet de son art. J'ai nommé respectivement Joy Nwosu et Dan Satch (nous parlions déjà de lui là). Un beau jour de 1973, proposez leur d'enregistrer ensemble un single avec tous les moyens d'une major (EMI en l’occurrence). Le résultat est un des titres les plus ahurissants de toute la discographie du golfe de Guinée (qui n'en manque pas). Les basses, l'agilité de la voix... mais écoutez donc :


mardi 7 mai 2019

Oui, c'est bien le Pérou : Telegraph Avenue en 1971

Après l'explosion garage la plus notable d'Amérique du Sud (nous en reparlerons), le Pérou du début des seventies expérimente un moment psyché-pop directement branché sur ce qui se passe en Californie (malgré la dictature militaire). Le guitariste, Bo Ichikawa, par exemple, revient à Lima après un séjour prolongé à San Francisco. Son groupe prend le nom de Telegraph Avenue (une voie bien existante à SF) et sort un album en 1971 (pour l'histoire du groupe, voyez ici). La face A de la galette est une étrangeté pop des plus réjouissantes (tandis que la face B plus psyché est un peu lourdingue). Le disque commence ça ("Something Going") :


Le morceau suivant ("Happy") est une pure perle pop :


Et "Lauralie" est aussi excellent avec son intro mélancolique :


lundi 29 avril 2019

Escale au Cap-Vert : la guitare merveilleuse d'Humbertona


La musique cap-verdienne est magnifique. La grande Cesaria Evora l'a appris au monde entier. Sur ce disque de 1967 (que l'on trouve sur aural joy), Humbertona en donne une version radicalement épurée. Que la saudade vous soit douce ce matin!


 Mascrinha






dimanche 28 avril 2019

samedi 27 avril 2019

Le falsetto irresistible d'Irma Vila (mélodrames sublimes à Mexico)

La voix d'Irma Vila (1916-1993) est magnétique, son falsetto imparable. Les morceaux de la première des chanteuses rancheras commencent souvent par des sanglots affectées qui annoncent clairement la couleur : nous entrons au pays du mélodrame spectaculaire (si voisin de celui des grands chanteurs de deep soul). Sombreros, mariachis, violonades intenses, un cœur de pierre y résisterait à grand peine, mais aux écarts vocaux de la sublime actrice, mieux vaut qu'il baisse définitivement les armes.
 
La Llorona


C'est une fois encore le blog aural joy qui nous a amené là. Allez donc voir vous aussi.





vendredi 26 avril 2019

L'amour au printemps et la cumbia de Rodrigo Soto


Trouvé toujours sur le mirifique blog aural joy, parfait pour se mettre à l'unisson des rythmes de la nature, un peu de cumbia (sans doute de la fin des années 50) aujourd'hui. Célébrons donc ensemble l'amour au printemps : "Amor en primavera"


Claviers acides à la place de l'accordéon sur cette imparable "cumbia para gardel" :


Revisez enfin vos pas de danse avec "Guepa...je" :




mardi 23 avril 2019

Sensations douces et sensations fortes avec Abelardo Barroso

 
On reste à Cubia, avec de nouveau Abelardo Barroso, l'Orquesta Sensacion et sa pléiade de stars. L'époque prolifique du cha cha vous propose de nombreuses variantes de ses pas de danse. Vous avez par exemple le
 

tout en souplesse ou plus caliente la 


Et puis quelquefois, à l'approche du carnaval, les bonnes manières du cha cha cèdent la place à des choses franchement plus stridentes. Ecoutez donc  :
 
 
PS : Et de nouveau, tout vient de Aural Joy!





lundi 22 avril 2019

Un blog sensationnel et un post Sensacion (Cuba, 1954)

La Cellule passe son temps à repérer les différentes branches musicales issues des formidables racines cubaines, qu'elles surgissent en Tanzanie ou au Sénégal, en Colombie ou au Cambodge, en Egypte, en Italie, au Congo (bien sûr!) ou à La Nouvelle-Orléans (évidemment!). Mais elle avait sans doute un peu trop négligé jusque-là la grande île caraïbe elle-même. Il faut dire que bizarrement la musique cubaine a moins connu de grandes séries de rééditions somptueuses que d'autres traditions musicales a priori plus excentriques... Oui, mais voilà la découverte du moment : un blog absolument merveilleux bien nommé aural joy. On y trouve une série fabuleuses d'albums cubains comme par exemple celui que le grand Abelardo Barroso (notice biographique ici) enregistra avec l'Orquesta Sensacion en 1954. Commencez donc par le grand tube "En Guantanamo" :

 
Il y a aussi un de mes morceaux favoris, toutes catégories confondues, "La Hija de Juan Simon" capable de faire fondre les cœurs les plus endurcis :


Ou cette petite merveille de douceur :  "Nosotros"


Mais l'intégralité de l'album est un plaisir sans mélange et il est à télécharger là sur aural joy. A bon entendeur!


vendredi 19 avril 2019

Cuba-Hawaï-Kinshasa aller retour



Régulièrement au Tiki Lounge, rue de la Fontaine au Roi à Paris, on peut voir se produire le groupe Kanis & Lou. Armé d'un cocktail et entouré d'un décor du meilleur goût, on peut entendre l'une des formations les plus enthousiasmantes dans le genre hawaiien/exotica, à la fois très respectueuse du répertoire et décontractée. Ils alternent les reprises des as de la guitare hawaïenne comme King Benny Nawahi, standard intemporels de l'exotisme comme le Sleepwalk des italo-américains Santo et Johnny ou une version très inspirée de Bali Hai issue de la comédie musicale South Pacific.

Le morceau qui m'a marqué hier soir est une très rare occurence d'une influence cubaine sur la musique des îles du pacifique : Kou Kino Mambo, par the Polynesians. De Cuba à Hawaï en deux minutes et demi.


Ce morceau, qui réussit l'alliance improbable et idéale entre la décontraction polynésienne et l'énergie caribéenne m'en a immédiatement évoqué un autre : le Mambo Hawaïenne de Docteur Nico.

Colosse de la guitare congolaise, il serait un peu long de résumer la carrière du "docteur" Nico Kassanda entamée dès l'âge de 14 ans auprès de Grand Kallé et l'African Jazz puis aux commandes de l'African Fiesta avec Tabu Ley Rochereau. Disons simplement que son style rythmique et inventif marquera une inflexion dans la musique congolaise dont on encore les échos aujourd'hui. En 1962 ou 1963 -soit un an avant nos amis polynésiens- l'as de la guitare nous livre cette réjouissante rêverie hawaïanisante toute en glissandos. D'Hawaï à Kinshasa en deux minutes et demi.


Les notices de wikipedia se contredisent mais il paraît que le mot Mambo viendrait du Yoruba ou du Bantou, qu'il signifierait voix en coeur ou plus simplement "parler". Que le genre fut popularisé par Arcaño y sus Maravillas à la fin des années trente. Du Congo et ses environs à Cuba. Retour au point de départ.

Les racines du punk tchèque (1965)

Rock'n'roll sommaire jusqu'à l'os et révolte adolescente! Tout est déjà là en 1965, avec Táňa Zelinková qui vous regarde droit dans les yeux pendant le générique des Amours d'une blonde de Milos Forman. Quant au film, c'est un pur chef d’œuvre pendant toute la première moitié et pour la seconde, eh bien, le mieux est sans doute encore de ne pas la regarder...


mercredi 17 avril 2019

Twist with the docteur : FSK et votre taux d'adrénaline



Cohabitent Walter Benjamin, publications confidentielles suédoises, véronal ou aspirine, mais surtout trop, beaucoup d'adrénaline dans ce morceau! La Cellule relance sa rubrique médicale en vous donnant rendez-vous à Munich pour un check-up complet au pays du self-control!


Collision : Perez Prado rencontre Saint James Infirmary

1955 : rien n'arrête le roi du mambo. Surtout pas les classiques estampillés Deep South à qui il imprime une touche inimitable. Saint James Infirmary ne lui résistera pas et vous non plus, vous verrez!


dimanche 7 avril 2019

La grande classe hongroise : Zsuzsa Koncz

La cellule vous emmène de nouveau dans la Hongrie des 60's aujourd'hui avec Koncz Zsuzsa, chanteuse et actrice de classe, rivalisant sans peine avec ses homologues de l'autre côté du rideau de fer. On prend son élan avec l'énergie carillonante de "keresem a szót" (je cherche le mot) en 1966 :


Nous vous proposons ensuite "szõke anni balladája", un des très bons titres psyché-folk de 1967, avec une sitar électrique parfaite.
 
 
 Toujours en 1967, une charmante ballade : "Gyerekdolog"
 
 
Et pour finir : "Azt Hitted, Kis Bolond" (1969), à peine trop rapide pour un slow mais non moins excellente.



dimanche 31 mars 2019

Les gendarmes et les voleurs.



Comme c'est vers les Antilles que nous revenons avec application, on finit par suivre le fil des années et passer de la biguine des années soixante à la cadence des années 70-80. Sorte de mérengue haitien modernisé, la cadense accueille toutes influences des musiques caribéennes, du disco au reggae dans un syncrétisme roboratif. Des formations pléthoriques avec cuivres, percussions, synthétiseurs produisent des sortes de patchworks sonores où l'on passe avec agilité d'un style à l'autre et où l'on franchit plusieurs fois la frontière entre le bon et le mauvais goût. Moi, je prends le tout sans faire la fine bouche.

En 1975, du coté de La Dominique, les Belles Combo enflamment les pistes avec leur premier album "Libération de la Femme" pionners du style "cadence-lypso" clairement marqué la disco qui ne tardera pas faire école dans le reste de la caraïbe :



La Police est là dans ce morceau des Melodix, une cadence tendue face aux forces de l'ordre qui nous rappelle que loin de la carte postale chamarrée, les luttes sociales furent particulièrement violentes aux Antilles dès la fin des années soixante.


Tensions sociales qui sont le thème de ce standard de la candence-lypso : Grève Générale par les Bill-O-Men. Morceau colossal, qui avance, s'arrête, reprend, se renforce comme le défilé un cortège et qui remplacerait avantageusement les "Motivé-e-s Motivé-e-s" pour nos manifs à nous. Comme les deux précédents tous ces disques sont sortis chez 3A, le label guadeloupéen.



Mais les voleurs, les voilà : dans le genre cocktail détonnant, le sommet du genre est probablement l'album "La panthère noire" de Michel Docteur Nerplat. Le saxophoniste, pilier de la maison Debs et compositeur pour le groupe star "Les Aiglons" nous livre dans cet album solo une composition à plusieurs étages : reprise à la sauce pimentée du fameux thème d'Henri Mancini à laquelle l'organiste sa part de folie. Ce dernier ne peut s'empêcher sur chaque titre de cet album de truffer ses soli de phrases musicales piquées dans les standards de la musique "exotica". Retour à l'envoyeur bien senti de cet exotisme en toc, digéré et remâché.


samedi 30 mars 2019

Deep kitsch tchèque : Mademoiselle Giselle (1980)

La Cellule vous propose d'abaisser momentanément vos défenses immunitaires aujourd'hui et de plonger avec courage dans le bain (très peu glacé à la vérité) de la variétoche tchécoslovaque. Nous sommes en 1980. Václav Neckář est le chéri de ces dames, me dit-on. Il apparaît en tout cas triomphant avec sa coupe au bol dans l'émission des après-midis dominicales. Avec Mademoiselle Giselle, on célèbre la femme française de l'autre côté du rideau de fer. La chorégraphie est soignée et les guitares lorgnent quand même un peu du côté du glam mais sans trop s'aventurer.

Autre version (avec un son plus propre mais sans la chorégraphie...)


mercredi 20 mars 2019

Quand la pop a la pêche à Budapest : Kyri Ambrus (1969)



Plongée ce soir dans des parages peu fréquentées par nous (jusque-là), ceux de la pop magyare des années 60, qui révèle quelques pépites fort savoureuses. Commençons donc avec la coupe garçonne de Kyri Ambrus qui sort en 1969 un single plein d'énergie soul, avec un orchestre méchamment puissant pour seconder une voix, qui n'est pas très éloignée de celle de Rita Pavone.


dimanche 17 mars 2019

Splendeurs de la guitare sahélienne : le Dental Orchestra

Entre 2009 et 2011, Christopher Kirkley a traversé le Sahel avec un léger matériel d'enregistrement. Ses bandes révèlent toutes les splendides nuances de la guitare africaine sans aucune production, dans l'intimité capturée d'un moment de grâce. On les trouve sur une compilation du label Sahel Sound, chaudement recommandée : Laila je t'aime. Pour ma part, j'ai un faible pour le groupe mauritanien de l'ensemble : le Dental Orchestra animé par Babi Sarr. Ne craignez rien pour vos molaires, le Dental n'a rien à voir avec la roulette de votre spécialiste. Le nom signifie "Unité" parce que le groupe incarne différents aspects de la musique mauritanienne. Le Dental ne manque pas d'expérience et tourne depuis plus de trente ans mais sans avoir produit de disque jusqu’au passage de C. Kirkley. Que dites-vous de l'instrumental "Vieille terre"?


Et de "Penda", magnifique chanson :
On vous glisse encore une video captée lors d'un concert à l'Institut Français de Nouakchott :


lundi 11 mars 2019

Le twist ailleurs : King Kennytone, Nigéria, 1963.

 
Si vous ne connaissez pas King Kennytone, c'est sans doute que vous avez loupé un épisode de l'histoire du twist africain car c'est lui le champion incontesté du twist nigérian. Il a composé un twist pour Helen, un pour Suzy, un twist du bonheur, un festival twist, un twist pour souhaiter bon anniversaire à vos amis qui sont nés en été et aussi un ngozi twist mais dans ce fruit-là, écoutez, le meilleur c'est encore le nwayo :

King Kennytone And His Western Toppers Band - nwayo twist (1963)
 
 



samedi 9 mars 2019

Avec Ara Kekedjian : le Nino Ferrer libanais

 
La Cellule vous avait déjà parlé d'Ara Kekedjian, le chanteur les plus excitant (à notre connaissance) de la petite communauté arménienne libanaise. Avant de dissoudre son énergie dans les eaux beaucoup trop sucrée de la variété orientale, Ara a pondu quelques titres imparables, capables de réanimer votre dance-floor presque aussi sûrement que les tubes siphonnés du bon vieux Nino Ferrer. Essayez donc celui-là dans une veine traditionnelle survitaminée :



lundi 4 mars 2019

Le prince de l'accordéon juju : Isaiah Kehinde Dairo

Isaiah Kehinde Dairo est une des principales figures de la musique juju au Nigéria. Durant toutes les années 60, c'est lui, la grande star de la musique yoruba qui se détache progressivement de l'influence du high-life, moins rustique. Innovateur, il y introduit l'accordéon qui se mêle à merveille aux percussions traditionnelles. La Cellule est heureuse de vous proposer aujourd'hui une petite sélection de titres de la première moitié des années 60 pour vous initier aux joies rebondissantes de l'accordéon nigérian.
 








jeudi 28 février 2019

L'été en hiver : John Fahey



Inquiétude aujourd'hui à la Cellule. Nous sommes en 1987, John Fahey invoque une nouvelle fois Blind Joe Death, le bluesman mythique sous l'emblème duquel il a placé sa création depuis 1959. Au milieu de l'album, deux standards des années 30 se télescopent : Nightmare d'Artie Shaw (déjà évoqué ici) et Summertime de Gershwin. La mélancolie cossue de l'été devient tout d'un coup crépusculaire sous les doigts du génial guitariste... Exagération de l'été : s'il vient dès février, quelle forme prendra ensuite votre cauchemar? John Fahey,Vésale et la Cellule vous susurrent bien des choses à l'oreille à propos du dérèglement climatique.




mercredi 27 février 2019

Peplum pharaonique avec Salah Ragab et le Cairo Jazz

L'histoire méconnue du jazz égyptien est étroitement liée à celle du batteur Salah Ragab. Elle commence en fanfare, avec des moyens à sa disposition hors du commun. Intégré d'abord en 1963 au quartet formé par Osman Kareem, un américain attiré au Caire par les sirènes de l'anti-impérialisme nassérien, Salah Ragab décide en effet de passer à la vitesse supérieur à la fin des années 60. Avec l'aide d'Hartmut Geerken, jazzman allemand alors en poste à l'institut Goethe du Caire et d'Eduard “Edu” Vizvari, autre expatrié, tchécoslovaque et bassiste pour sa part, il envisage alors de créer le premier big band d’Égypte et il dispose pour cela d'avantages logistiques exceptionnels. Salah Ragab est en effet à la tête du département musical de l'armée du Raïs. Il convoque alors 200 musiciens parmi lesquels il sélectionne 25 privilégiés qui vont former de gré ou de force le Cairo Jazz Band. Les musiciens n'ont guère le choix : s'initier au jazz sous la houlette de Salah Ragab et de ses amis ou aller faire un petit séjour en prison. Le Cairo Jazz va s'épanouir de 1968 à 1973 (jusqu'à la catastrophique Guerre du Kippour). Le résultat est immédiatement époustouflant : le jazz est ici sous forte influence moyen-orientale et latino et l'expérimentation aiguisée au plus haut point. Le jazz excentrique de Salah Ragab attire alors l'attention des musiciens les moins conformistes comme Sun Ra avec qui plusieurs collaborations se noueront. Parmi les multiples facettes de sa production, la Cellule se concentre aujourd'hui sur le côté peplumesque de la discographie du Cairo Jazz avec pour commencer en douceur ce titre dédié à Cléopatre :
Plus explosif, le suivant nous emmène dans la vallée des Rois : jazz en technicolor!
Enfin, le morceau le plus tonitruant du jour (après une longue introduction mystique) évoque la célébration des ramadans du futur, à l'époque de la conquête extra-terrestre. Peplum spatial et mambo ultra-puissant pour finir :
Sur l'histoire de Salah Ragab, vous pouvez voir ici, par exemple ; et pour vous procurer ses enregistrements, le blog Arab Tunes leur consacre deux posts très généreux : et .


mardi 12 février 2019

Embardée mystique : Laraaji (1984)



Trip new age sur la Cellule ce soir. Nous sommes en 1984, une boîte à rythme mène la danse et s'occupe très sérieusement de modifier vos états de conscience. Laraaji (qui avait travaillé avec Eno en 1980) dirige la séance : le voyage va être un peu zarbi, on vous prévient, jusqu'à ce que, pour vous, tout à coup, l'infinité soit un autre jeu.

All of a sudden


Allez la maison n'est pas avare : et pour le même prix, un tour de plus avec "Cosmic Joe" :



samedi 9 février 2019

Pépite soudanaise (2) : Abu Araki Al Bakheit

Accordéon et violons sont un peu l'âme de la musique soudanaise, dirait-on (sans oublier les cuivres et les percus...). Ici se faufile aussi pendant l'intro (imparable intro!) une guitare wah-wah comme échappée des Amériques qui pimente les choses avec malice. On n'est pas très loin de l'ambiance bollywoodienne avec quelque chose de très doux. C'est Abu Araki Al Bakheit qui chante. Le 45T se trouve sur une excellente compilation du label Shellac. Je ne saurais vraiment vous en dire plus (c'est bien difficile de se repérer dans la musique soudanaise quand on ne lit pas l'arabe). On est peut-être dans les années 70 ou au début des années 80...


J'ajoute quand même que Abu Araki Al Bakheit semble être resté une immense star au Soudan et aussi un opposant politique à la longue dictature qui y sévit. Peut-être est-ce ce dont il est question dans cette vidéo?





mercredi 6 février 2019

Pepite soudanaise : Hamed Al Rayah

La musique soudanaise est mal connue et les informations bien difficiles à trouver. A propos de Hamed Al Rayah, par exemple, je n'ai quasiment rien trouvé à vous dire. La chanson du jour n'en est pas moins géniale avec ses percus hypnotiques. Ecoutez cette intro qui tue tout, puis la douceur de cette voix, puis...


Il y a quand même une video qui circule sur le net. Un concert récent auquel on aurait bien voulu assister..








mardi 5 février 2019

Cul dur dans les bidonvilles de Luanda (2011)

 
La Cellule débloque aujourd'hui et vous embarque vers les faubourgs dangereux de Luanda, où sévit le kuduro. Pays du semba et des inégalités extrêmes, l'Angola a aussi accouché de ce style assez dingo du cul dur. On vous épargne la chorégraphie mais on vous conseille volontiers de vous lessiver le cerveau avec ça (pour changer) : 


samedi 2 février 2019

Le Twist ailleurs : Salim El Baroudi à Tripoli (1968)

Tout est très obscur autour de ce morceau que l'on trouve sur la formidable compilation du label belge Radio Martika, Zamaan ya sukkar - exotic love songs and instrumentals from the egyptian '60s. Et d'abord, si le morceau fut enregistré au Caire, c'est bien un chanteur libyen qui serait l’interprète de ce twist qui mélange les langues et ajoute un tant soit peu d'italien à l'original lybico-égyptien. Quant à Salim El Baroudi, on ne connait rien de lui. La date paraissait tout aussi mystérieuse, mais une petite enquête que l'on vient de nous transmettre permet de déduire qu'il s'agit de  1968. La cellule est pleine de tonus aujourd'hui :

Salim El Baroudi - Fatouma


PS : La photo semble une des rares montrant des danseurs dans le Tripoli d'avant Khadafi. A l'hôtel Uadan en l’occurrence, sortie de la collection familiale de Jehad Nga.

mercredi 30 janvier 2019

Mambo nubien : merci à Salamat


La Nubie qui se trouve à cheval sur l’Égypte et le Soudan a produit quelques fameux musiciens populaires, dont le plus célèbre est sans doute Ali Hassan Kuban. En 1993, le groupe Salamat réunit certains d'entre eux au Caire lors de l'enregistrement de l'album Mambo El Soudani. Toutes sortes de croisement sont possibles sur ce disque emballant où s'entremêlent influence cubaine et genres locaux, ancrage traditionnel et claviers modernistes, et où l'on croise même un steel band. Mais oyez donc gentes dames, jolis damoiseaux :

Mambo El Soudani


 Shamandoura






dimanche 27 janvier 2019

Pépite soul de Louisiane : George H Franklin

Un petit tour aujourd'hui dans la Louisiane des labels les plus obscurs pour vous ramener une rareté délectable de soul tardive, en 1978, Satisfied, à laquelle les synthés donnent une touche de funk étrange.


Sur le chanteur peu connu, vous pouvez aussi aller voir la notice dédiée du riche blog de Sir Shambling (apparemment à l'arrêt). Vous y trouverez un autre morceau excellent, malheureusement "bippé" pour cause de protection des droits...

mardi 22 janvier 2019

Autour des Feelies : Yung Wu (1987)

Encore un petit tour autour du pompon des Feelies, ce groupe majeur. Avec aujourd'hui, Yung Wu side-project de tout le collectif qui confie pour un temps les manettes à son batteur, Dave Weckerman (qui prend le chant et l'écriture des morceaux). Ça se passe en 1987 et les chansons de Weckerman sont plutôt très bonnes comme cet "Eternal Ice" sous influence de Brian Eno :


Un certain nombre de reprises aussi comme "Powderfinger" de Neil Young, parfaitement adéquate pour être mangée à la sauce des Feelies.




dimanche 20 janvier 2019

Soul (recto/verso) : The Dramatics / Freddie Waters



Voyage au pays de Douçamertume aujourd'hui. Tout se passe du côté du label Stax au milieu des seventies et se trouve aussi sur le volume 3 des mirifiques compilations Shaolin Soul. Les Dramatics ouvrent le bal avec un morceau poignant à l'intro géniale. Bruits de bateau qui craque et klaxons, le frêle esquif de l'amour ballote dangereusement ici sur la mer saumâtre du quotidien dans la grande ville. Freddie Waters a beau proclamer pour sa part que l'amour le rend insensible aux tracas inutiles, il est bien difficile de ne pas sentir l'inquiétude omniprésente sous la douceur des arrangements. Ou quand le volontarisme sentimental résonne un peu bizarrement dans votre cage thoracique...

Tune up (1974)


Groovin' on my baby's love (1975)



mardi 15 janvier 2019

Les conseils vestimentaires de l'Apolos Empire Rhythm Orchestra (Nigéria)

Foin de la mélancolie aujourd'hui, La Cellule vous embarque une fois de plus au Nigéria, grand pays d'accueil du calypso en Afrique (comme le Ghana). C'est l'Apolos Empire Rhythm Orchestra qui se tient à la réception. On ne sait à peu près rien d'eux mais mon petit doigt me dit que ce pourrait être le groupe d'un club ou d'un hôtel de Lagos. Apparemment, l'orchestre n'a produit qu'un 45T mais on retrouve la chanson sur plusieurs excellentes compils de rééditions.
Il est question de choisir un vêtement adéquat. Le chanteur ajoute : "You don't want no police trouble". Et bien nous aussi, on ne veut plus que la police crée des troubles et, sur la façon de se saper, on a aussi nos idées (un indice est subtilement glissé dans ce post ; cher lecteur, sauras-tu le retrouver?). Bref, si certains cherchent un  hymne emballant adapté aux circonstances (aux prix de très légers détournements de sens certes), nous, on suggère ça :



samedi 12 janvier 2019

La Tanzanie sautille dans tes oreilles avec le Western Jazz Band (1975)

Les racines sont à chercher du côté de la rumba congolaise voisine, mais de l'autre côté des grands lacs, les choses deviennent plus frénétiques et le style change de nom : ce sera le saboso, auquel le Western Jazz Band sert d’emblème à partir de 1959. Les productions du vénérable groupe installé à Dar-es-Salam sont particulièrement stimulantes dans les années 70. Le guitariste est un génie du rebond rythmique. Écoutez votre cœur sautiller d'impatience.



mercredi 9 janvier 2019

Soul (recto/verso) : Brenton Wood / Carolyn Sullivan

Le flip total aujourd'hui sur la Cellule, après exploration d'une nouvelle compile soul à tomber à la renverse. Il s'agit du 4e volume de la série Shaolin Soul consacrée aux morceaux échantillonnés par le Wu-Tang-Clan, sortie à l'automne. Rien d'obscur ici donc, mais deux morceaux de 1967 qui vous vrillent les nerfs avec la douceur d'un marteau-piqueur de soie.


 

 


PS : toujours le même jeu de tarot (B. P. Grimaud, Paris, deuxième moitié du XIXe siècle)