mardi 9 juillet 2019

C'est le Pérou : Los Saïcos ou le groupe garage ultime

On commence à le savoir. Le groupe ultime de la vague garage n'a pas déferlé sur les plages de l'Oregon ou de la Californie mais bien plus au sud du côté de Lima, où quatre jeunes gens ont composé en tout et pour tout six singles entre 1965 et 1966 qui représentent la quintessence de la sauvagerie pré-punk! Los Sa(d)icos débutent sur les chapeau de roue. Écoutez donc leur premier 45. 

"Come On" sur la face a


"Ana", en retournant la galette


Et puis quelques mois plus tard, le tube inévitable : "Demolicion"
 
 
Voilà, vous avez là déjà un quart de la discographie des Saicos, mais tout est indispensable!
 
"Des molaires, des molaires, des molaires", vous crie le dentiste dément qui a mangé le disc jokey!


Sexe où l'on ne croyait pas : Line Renaud et l'egyptologie

On s'occupe de votre mémoire aujourd'hui car peut-être aviez-vous oublié... que Line Renaud a dirigé une revue tout à fait olé olé à partir de 1959 où l'on trouvait par exemple un morceau dont la Cellule, ce soir, vous susurre le curieux refrain : 


Mais nous nous en voudrions de ne pas vous aviser de l'autre trouvaille (plus franchement archéologique) de ce soir, grappillée sur les internets : celle du papyrus érotique de Turin, longtemps caché, et dont on trouve une présentation ici et sur lequel on peut aussi écouter cette conférence.




dimanche 7 juillet 2019

Plagiat par anticipation : The Outsiders / The Housemartins


C'est peut-être tout simplement une influence directe mais comme je connaissais mal ces Outsiders, originaires de Cleveland, Ohio, j'ai eu l'impression que nous avions un cas de plagiat par anticipation caractérisé. Il se trouve que les Outsiders ont eu un réel succès (pour ma part, je n'avais entendu que leur tube "Time Won't Let Me"). En tout cas, quand on découvre "Listen People", une chanson écrite par Graham Gouldman, on peut trouver vraiment troublant que Sony Geraci (des Outsiders) chante d'une manière si proche de celle de Paul Heaton (des Housemartins), non? Vingt ans d'écart et l'Atlantique entre les deux pourtant... Et puis c'est une petite merveille pop!



vendredi 5 juillet 2019

Le twist ailleurs : avec Dickens en Tchécoslovaquie

Il fallait bien que ça arrive mais, à ma connaissance, seuls les tchècoslovaques ont osé faire gigoter ainsi le héros de Dickens. Nous sommes en 1958 et il y a quelque chose de pompier, de sauvage et même d'espagnol dans cette adaptation pleine d'humour.
 
 
Bis repetita choregraphica : 


 
 



dimanche 30 juin 2019

Communication interstellaire : la bourrée de Bouscatel (1906) et le moog raga des Byrds (1967)



Cela fait longtemps que je me dis qu'il faut que je lise absolument sa biographie écrite par André Ricros, qui a l'air passionnante mais j'aurais pu commencer par essayer d'écouter le génie de la cabrette cantalienne, le crack de la Bastoche, Antoine Bouscatel (1867-1945). Et révélation aujourd'hui, je tombe sur cet OVNI de 1906! Le son est absolument fascinant, incroyable. Il y a surtout ce quelque chose de complètement étrange qui donne l'impression d'entendre quelqu'un essayer de communiquer avec l'autre côté de la galaxie en utilisant un invraisemblable télégraphe en peau de chèvre. Si vous ne me croyez pas, écoutez donc ça :


La seule chose que je trouve comparable, ce sont les expérimentations cintrées de Roger McGuinn avec les Byrds (puis en solo) à l'époque où il imaginait une sorte de country-space rock, plus ou moins sous influence indienne. Pour l'occasion, la bourrée de Bouscatel pourrait donc fournir à notre collection le plus improbable des plagiats par anticipation. Mais voyez donc ce que donne "Moog Raga"  enregistré en 1967 :


Ou un peu plus tard, en 1973, "Time Cube" sur un de ses albums solo :




vendredi 28 juin 2019

Cure de hillbilly boogie intensive

Quelque chose me dit que vous n'écoutez pas assez de boogie. Pour ma part, je suis en pleine cure et je me porte comme un charme. En ces temps de moiteur extrême, de chaleur dingo, la langueur vous guette et si vous n'y prenez garde l'immobilité, puis la paralysie risquent de vous attraper par le petit orteil et vous laisser raide comme un piquet piqué au formol. Pour maintenir vos articulations dans un état de souplesse minimale, je vous conseille donc tout spécialement le hillbilly boogie qui a électrisé avant vous les rednecks dans l'immédiat après-guerre. Le rockabilly pointe ici le bout de son nez mais avec une certaine nonchalance adaptée à la situation. Initiez-vous donc au boogie de la danse du serpent tout en souplesse au niveau du bassin avec Roy Hogsed, un petit gars de l'Arkansas qui est allé tenté sa chance à San Diego, avec son accordéon parfois pris de vertiges orientaux.

Snake Dance Boogie (1951)


Vous pouvez maintenant remettre votre stetson en place avant de vous délecter de ce "Crazy Boogie" de Merle Travis. Tout l'orchestre se surpasse devant vous, rien que pour vous et en cas grippe du genoux ou des épaules, je vous conseille de remettre sur la platine ce boogie siphonné et jubilatoire plusieurs par jour si nécessaire :

Crazy Boogie (1947)
 
 






jeudi 27 juin 2019

Psychédélisme dépouillé et bouleversant en Uruguay : Eduardo Mateo (1972)

Après la séparation de son précédent groupe, les El Kinto si pleins de délicatesse [voir ici], Eduardo Mateo se lance une carrière solo au tout début des années 1970. Sa consommation de drogues en tout genre atteint alors des sommets, qui fragilisent régulièrement sa cohérence psychique. On a pu le comparer à ce titre à Syd Barrett, mais s'il y a un lien profond avec la production du flamand rose cramé de Cambridge c'est surtout par le dépouillement de ses enregistrements et l'émotion qui s'en dégage. Appréciez donc pour commencer la beauté sans filtre de ce morceau :


Cependant, le psychédélisme minimal d'Eduardo Mateo est infusé d'influences sud-américaines,  surtout la bossa-nova brésilienne qu'il dote d'une fragilité sans précédent. 

"Quien te vierra"


Eduardo Mateo est un équilibriste des sensations, un musicien lunaire. Sa poésie marche sur un fil à une hauteur vertigineuse. Écrit-il une comptine pour consoler une petite fille retenue à l'hôpital, il est  capable de vous bouleverser comme personne :

"Lala" 





mercredi 26 juin 2019

L'apesanteur à Honolulu : These Trails (1973)


C'est un fait : la colonne d'air au-dessus de nos têtes est sans doute plus légère à Hawaï que partout ailleurs. Ici hippies et autres freaks plus ou moins perchés gagnent des altitudes inconnues, comme échappés de dernières contraintes de formatage. L'extraordinaire Bobby Brown en est une preuve (voir ici), These Trails en est une autre. Ce groupe a enregistré un album confidentiel en 1973, réédité quelques fois depuis 1999. Le point de départ se situe cette fois du côté de Joni Mitchell, pas très loin de la magnifique Linda Perhacs. Les arrangements sont à la fois lumineux et parfois inquiétants. Une flute vous accueille. Un synthétiseur vous attend là où vous ne l'attendiez pas. Les vagues du Pacifique vous emportent encore plus loin que vous ne le croyiez!


vendredi 21 juin 2019

Le hip-hop en 1937 : plagiat par anticipation?




Le fait est bien connu : les racines du hip-hop peuvent être dénichées dans plusieurs genres de la musique afro-américaine relativement anciens comme le jazz (en particulier le scat) ou le gospel (avec notamment la pratique du preaching). Un des exemples le plus célèbre (peut-être le plus ancien) est  ce formidable "Preacher and the Bear" du non moins célèbre Golden Gate Quartet qui nous ramène en 1937.


 Voilà pour l'histoire envisagée de manière linéaire...

Mais la Cellule est tordue et ce qu'elle aimerait bien savoir c'est qui se trouve plagié (avec une si grande anticipation) par le fameux quartet de Géorgie. Bon, mais la Cellule n'est pas très calée question hip-hop, alors elle demanderait volontiers à ses lecteurs de l'aider dans cette petite enquête...

A votre bon cœur!

jeudi 20 juin 2019

Comme un chien fou : Rocky Volcano (1961)


La Cellule vous présente aujourd'hui plus éruptif des rockers français, le Fuji Yama Papa de la Canebière : Jean Jospeh Nicolas, alias Jean Nicaud son premier nom de scène quand il était accompagné par les Rock’s Boys, alias Rocky Volcano! La carrière française de ce morceau de dynamite marseillais est météorique. Ses quatre EP sont tous sortis chez Phillips en une seule année, en 1961. En tout, une série de seize morceaux explosifs inaugurée par une reprise aux petits oignons d'Adriano Celentano :

"24 mille baisers"


Pas de doute, le thème de prédilection de Rocky Volcano, c'est l'amour dans une version légèrement survoltée.

"J'irais n'importe où"


Rocky Volcano, c'est aussi le fantasme réalisé des glottophiles les plus acharnés. Ouvrez-bien les oreilles.

"Pourquoi pas moi..."


C'est encore un as dans le choix des reprises : Sam Cooke, Johnny Preston, Ernie K. Doe ou Charlie Rich, avec ma préférée, cette version de "Everything I do is wrong" :

"Tout ce que je fais"


Et voici l'homme en action :

"Comme un volcan"


Reste à explorer la carrière espagnole de Rocky Volcano et pour les aficionados hardcore celle de producteur porno mais c'est une autre histoire (notice bio détaillée ici). 

lundi 17 juin 2019

Collision : Rhumba Boogie par Hank Snow

1951, la superstar de la country canadienne vient de s'installer à Nashville et décide de faire se télescoper le hillbilly boogie et la musique cubaine au sommet de son attraction. Du choc nait un tube country imparable, "Rhumba Boogie" : 


Et en live :



vendredi 7 juin 2019

Professor Longhair, Dr John, les Meters, Earl King : tout le monde est là!


C'était le 30 octobre 1974, à Chicago et ce soir se trouvaient sur scène la plus grande affiche jamais réunie! Il y avait Professor Longhair, que Dr John présentait avec de bonnes raisons comme l'homme qui a inventé le rock'n'roll, le regretté Malcolm John McRebennack lui-même, les Meters et Earl King. Le Piano est le roi : ne loupez pas sous aucun prétexte la version de Big Chief à trois pianos qui clôt le concert! Longtemps seuls des extraits de cette soirée dantesque étaient disponibles sur la toile, mais désormais c'est l'intégralité du concert que l'on peut voir.
Voici le programme :
 DR.JOHN & The Night Trippers: 1.Walk Right In. PROFESSOR LONGHAIR: 2.Shake Rattle & Roll 3.Tripatina 4.Whole Lotta Lovin' 5. Everyday I Have The Blues EARL KING: 6.Mama & Papa 7.Those Lonely, Lonely Nights The METERS: 8.Looka Py Py 9.Jungle Man DR.JOHN & The Night Trippers: 10.Call A Doctor 11.Qualified 12.Quitters Never Win 13.Such A Nite 14.Right Place [Finale] EARL KING-END JAM: 15.Big Chief.



samedi 1 juin 2019

Frissons : une démo hantée de Tia Blake (1976)

A 19 ans, Christiana Wallman, alias Tia Blake, avait quitté sa Géorgie natale pour faire un séjour à Paris. En cette belle année 1971, elle enregistra  un disque pour la Société Française de Production  Phonographiques qui est un sommet de dépouillement lumineux, à l'instar des disques de Sybille Baïer, et une rareté chérie des amateurs. Sa carrière discographique s'arrêta là mais en 1976, elle enregistra trois démos à Montréal restées longtemps dans des placards. Et sur ces démos, il y a cette chanson qui me bouleverse.

"My Father is a Lonely Man"


Sur Tia Blake, un bel article ici.

Soudan hypnothique : Abu Obaida Hassan


On se laisse dériver au son de la musique Shaigiya d'Abu Obaida Hassan. Énergie, hypnose, transe au nord du Soudan par la grâce des recherches obstinées du label Ostinato. Ma préférée nous invite à danser toute la nuit sous la lune.

"Qamar Al Massa"



jeudi 30 mai 2019

Les guitares incroyables du Botswana (3) : Sibongile Kgaila

On reste sous le signe rose des productions du label Piranha record, dont on ne cesse de louer les merveilleuses productions dédiées aux guitaristes du Botswana. Le héros du jour a une technique légèrement plus classique que ses collègues mais cette fois-ci l'électricité est branchée et, accrochez-vous, vous êtes sur le point de découvrir la perle garage lo-fi la plus décoiffante depuis des années et aussi un as de la mise en scène élémentaire (grâce aux vidéos de Bokete7) :
 
"Tika  Molamu" (vidéo datée de 2013)


"Kgomo" (vidéo dater de 2018)


Et l'imparable "Gladys" (vidéo datée de 2013)


Les enregistrements de Piranha Record ont un excellent son. Il faut vous les procurer!

samedi 25 mai 2019

Friandise : The Free Design (1967)


C'est sucré, c'est vrai, mais aussi subtil, léger, aérien. La Cellule vous propose ce matin une irrésistible .friandise :

"Kites Are Fun"


Vous prendrez bien une seconde part, ne faites pas la fine bouche. Pourquoi pas une reprise de Simon and Garfunkel. On prend le temps ce matin.

"59th Street Bridge Song"






jeudi 23 mai 2019

Les guitaristes incroyables du Botswana (2)





L'année dernière, le label berlinois Piranha eut l'idée géniale d'enregistrer les merveilleux guitaristes du Botswana, on peut désormais profiter de ces artistes dans des conditions d'écoute plus confortables. Ne vous inquiétez, la musique est assez brute pour qu'on ne crie pas à l’aseptisation. Profitez  plutôt de ce morceau entêtant de Solly Sebotso, qui évoque les produits exportés par la Chine.


Les guitaristes incroyables du Botswana (1)


De temps en temps, ça n'arrive vraiment pas souvent, on invente une nouvelle manière de jouer de la guitare, c'est ce qui est arrivé Botswana, dont les musiciens ont développé une technique incroyable, pleine de virtuosité et de dynamisme. Longtemps, il n'y a eu que des vidéos pour témoigner de leur talent. Un certain Bokete7 (qui serait un hollandais expatrié dans le désert depuis 1979) documentait ainsi un moment improbable et magnifique. Merci à lui!

Les guitaristes s'appellent Solly Sebotso, Ronald Maipolai, dit "Ronnie" ou Molefe "Western" Lekgetho. Voici quelques-unes de leurs performances filmées.

Western, "Machingilani", vidéo datée de 2010


Solly Sebotso, "Wateelala", vidéo datée de 2011


Ronald Maipolai, dit "Ronnie", vidéo datée de 2009


Ronnie de nouveau, en 2017



mercredi 22 mai 2019

Le témoignage de la lune : Bana en 1965

Nha Terra Cabo-Verde est un des premiers disques d'Adriano Gonçalves, alias Bana, enregistré comme beaucoup de ceux qui suivront avec l'orchestre de Luiz Morais. C'est une merveille où règne la clarinette de l'ami Morais. Difficile de distinguer sur ce magnifique disque de 1965 (qui se trouve sur Aural Joy) un titre plutôt qu'un autre. Pourquoi pas deux mornas fascinantes comme

"Fidjo de Ninguem"


ou "Lua Nha Testemunha" écrite par le poète Beleza


et puis, pour changer de rythme "Terezinha"


Cap-Vert gigantesque : Bana (1977)

Comment entrer dans l’œuvre foisonnante de Bana (plus de cinquante disques), le géant de la musique cap-verdienne? Rien de mieux qu'une morna déchirante et sublime sur l'album classique de 1977, Miss Unidos, que vous auriez bien tort de ne pas aller chercher dans son intégralité sur le blog bien nommé Aural Joy. Voici donc pour commencer "Grito d'Dor" et ses violons à se damner :





mardi 21 mai 2019

Nuages profonds et sublimes : la soul rare de Little Ann (1969)


Qui a dit que la northern soul manquait de profondeur? La minuscule et magnifique production de Little Ann vient du Michigan et prouve le contraire. Sa voix n'est pas loin de celle d'Esther Phillips mais avec un grain deep distinctif. Deux petits chefs d’œuvre aujourd'hui remis en lumière par Light in The Attic.

Deep shadows 


Who Are You Trying To Fool




dimanche 19 mai 2019

La première reprise d'une chanson de Townes Van Zandt : Bergen White (1970)

Si je ne me trompe pas la première reprise du grand Townes Van Zandt se trouve sur une petite merveille d'album très méconnu, réalisé par un certain Bergen White en 1970. Ce dernier a fait une brillante carrière comme arrangeur dans les studios de Nashville mais ne s'est que très rarement exprimé comme compositeur et chanteur (deux albums et c'est tout). Il avait participé à l'enregistrement de Our Mother The Mountain de Townes Van Zandt, et eut l'excellente idée d'intégrer une reprise de "Second Lover Song" à son propre disque. Sa version est extrêmement réussie :


For Women Only (c'est le titre de l'album) est dans une veine plus pop que ce morceau mais il est aussi souvent teintée de mélancolie. On atteint quelquefois des sommets sous influence de Brian Wilson, comme par exemple dans "Gone Again". Bref, on vous recommande chaudement ce disque à la pochette lisse mais au contenu follement savoureux : 


jeudi 16 mai 2019

Le laconisme brutal de Scott Walker (des débuts inattendus)


Il a fallu se pincer fort pour y croire mais oui, c'est vrai. En 1959, le regretté Scott Engel, alias le grand Scott Walker, a commencé sa carrière musicale par enregistrer sous le nom de The Playboys un instrumental complètement siphonné en Californie, qui en fait à la fois une influence des Cramps pour la sauvagerie du son et un précurseur de Wire pour le laconisme extrême. Mais les vérifications ont été faite. En 1959, le jeune Scott Engel est à peine pubère mais il habite bien à Los Angeles et partage son temps entre le cinéma et le rock'n'roll. Bref, c'est à votre tour de vous pincer!


mercredi 15 mai 2019

Panne d'ascenseur et new wave slovaque (Banket, 1986)

En 1986, le groupe Banket fait fureur dans les booms tchécoslovaques. Son tube immortel, c'est "Po schodoch" (dans les escaliers), chronique amère mais puissamment rythmée du quotidien. 




Je n'ai pas résisté à faire passer les paroles à la moulinette de googletranslate. Il y a visiblement un certain nombre de bourdes dans cette traduction automatique mais le résultat n'en est que meilleur, j'en suis sûr!

L'ascenseur ne va pas encore battre 13 étages
Il reste avec moi
Quelque chose pue dans les escaliers
Et un néon où il ne brille pas
Je n'ai pas peur des ténèbres
Entendre des alertes stéréo et d'incrédulité
Quelqu'un perce quelque chose

mardi 14 mai 2019

Le jazz égyptien sous influence latine : Salah Ragab de nouveau

Nous avons déjà consacré un post aux extraordinaires productions du Cairo Jazz sous la direction martiale de Salah Ragab. Pour le compléter aujourd'hui, intéressons-nous à une composante particulière de ce mélange si merveilleusement épicé : la touche latine qui se mêle comme nulle part ailleurs à un Orient réinventé. Et d'abord le tube absolu du mambo égyptien :

Egypt Strut


Signalons au passage une autre version détectée sur le blog très recommandable Dusty African Groove mais ne laissons pas nos arpions se refroidir et filons gaiment vers cet un hommage à Sun Ra muy caliente.


Enfin un morceau magnifiquement intense où l'influence latino se mêle à toutes sortes de choses et dans lequel on croirait quelquefois entendre surgir le fantôme bien aimé de Moondog.




dimanche 12 mai 2019

L'âge d'or du boléro : Daniel Santos

Le nombre de boléros que le chanteur portoricain Daniel Santos a enregistré dans presque tous les pays riverains du golfe du Mexique est absolument immense (une discographie très complète est disponible [hosanna!] ici). Nous vous proposons aujourd'hui de vous laisser embarquer par deux magnifiques productions mélodramatiques de l'époque new-yorkaise, en 1942.


Te lo juro

 




Très mystérieux aujourd'hui (à Saint-Domingue, Dakar et Londres aussi)

On s'y perd un peu dans la discographie de l'Etoile de Dakar, alias le Star Band mais ce doit bien être en 1978 que sort la reprise du grand tube "El hombre misterioso". Le jeune Youssou N'Door est au chant et le m'balax est ici au plus près de ses racines afro-cubaines. Le label Ostinato vient de redonner une jeunesse au morceau sur sa dernière compilation, chaudement recommandée.
Les origines de cet homme mystérieux ne se trouvent pourtant pas exactement à Cuba mais sur l'île juste à côté, à Saint-Domingue, où le prolifique Duo Ahijados des deux frères Cuco et Martin Valoy ont initialement créé ce classique dix ans plus tôt dans le plus pur style du son, popularisé par Compay Segundo.


Pour changer d'atmosphère du tout au tout mais en restant les deux pieds dans le sentiment du mystérieux (décidément prégnant en cette belle année 1978), terminons par un petit tour à Londres :







samedi 11 mai 2019

Comme la rencontre... Egwo Umu Agbogho (Nigeria, 1973)



Prenez une jeune nigériane aux talents particulièrement variés (actrice durant son séjour en Italie, chanteuse de bel canto formée à Rome, écrivain polygraphe, etc.) et une star du highlife, trompettiste et arrangeur, au sommet de son art. J'ai nommé respectivement Joy Nwosu et Dan Satch (nous parlions déjà de lui là). Un beau jour de 1973, proposez leur d'enregistrer ensemble un single avec tous les moyens d'une major (EMI en l’occurrence). Le résultat est un des titres les plus ahurissants de toute la discographie du golfe de Guinée (qui n'en manque pas). Les basses, l'agilité de la voix... mais écoutez donc :


mardi 7 mai 2019

Oui, c'est bien le Pérou : Telegraph Avenue en 1971

Après l'explosion garage la plus notable d'Amérique du Sud (nous en reparlerons), le Pérou du début des seventies expérimente un moment psyché-pop directement branché sur ce qui se passe en Californie (malgré la dictature militaire). Le guitariste, Bo Ichikawa, par exemple, revient à Lima après un séjour prolongé à San Francisco. Son groupe prend le nom de Telegraph Avenue (une voie bien existante à SF) et sort un album en 1971 (pour l'histoire du groupe, voyez ici). La face A de la galette est une étrangeté pop des plus réjouissantes (tandis que la face B plus psyché est un peu lourdingue). Le disque commence ça ("Something Going") :


Le morceau suivant ("Happy") est une pure perle pop :


Et "Lauralie" est aussi excellent avec son intro mélancolique :


lundi 29 avril 2019

Escale au Cap-Vert : la guitare merveilleuse d'Humbertona


La musique cap-verdienne est magnifique. La grande Cesaria Evora l'a appris au monde entier. Sur ce disque de 1967 (que l'on trouve sur aural joy), Humbertona en donne une version radicalement épurée. Que la saudade vous soit douce ce matin!


 Mascrinha






dimanche 28 avril 2019

samedi 27 avril 2019

Le falsetto irresistible d'Irma Vila (mélodrames sublimes à Mexico)

La voix d'Irma Vila (1916-1993) est magnétique, son falsetto imparable. Les morceaux de la première des chanteuses rancheras commencent souvent par des sanglots affectées qui annoncent clairement la couleur : nous entrons au pays du mélodrame spectaculaire (si voisin de celui des grands chanteurs de deep soul). Sombreros, mariachis, violonades intenses, un cœur de pierre y résisterait à grand peine, mais aux écarts vocaux de la sublime actrice, mieux vaut qu'il baisse définitivement les armes.
 
La Llorona


C'est une fois encore le blog aural joy qui nous a amené là. Allez donc voir vous aussi.





vendredi 26 avril 2019

L'amour au printemps et la cumbia de Rodrigo Soto


Trouvé toujours sur le mirifique blog aural joy, parfait pour se mettre à l'unisson des rythmes de la nature, un peu de cumbia (sans doute de la fin des années 50) aujourd'hui. Célébrons donc ensemble l'amour au printemps :


Claviers acides à la place de l'accordéon sur cette imparable



Revisez enfin vos pas de danse avec "Guepa...je" :




mardi 23 avril 2019

Sensations douces et sensations fortes avec Abelardo Barroso

 
On reste à Cubia, avec de nouveau Abelardo Barroso, l'Orquesta Sensacion et sa pléiade de stars. L'époque prolifique du cha cha vous propose de nombreuses variantes de ses pas de danse. Vous avez par exemple le
 

tout en souplesse ou plus caliente la 


Et puis quelquefois, à l'approche du carnaval, les bonnes manières du cha cha cèdent la place à des choses franchement plus stridentes. Ecoutez donc  :
 
 
PS : Et de nouveau, tout vient de Aural Joy!





lundi 22 avril 2019

Un blog sensationnel et un post Sensacion (Cuba, 1954)

La Cellule passe son temps à repérer les différentes branches musicales issues des formidables racines cubaines, qu'elles surgissent en Tanzanie ou au Sénégal, en Colombie ou au Cambodge, en Egypte, en Italie, au Congo (bien sûr!) ou à La Nouvelle-Orléans (évidemment!). Mais elle avait sans doute un peu trop négligé jusque-là la grande île caraïbe elle-même. Il faut dire que bizarrement la musique cubaine a moins connu de grandes séries de rééditions somptueuses que d'autres traditions musicales a priori plus excentriques... Oui, mais voilà la découverte du moment : un blog absolument merveilleux bien nommé aural joy. On y trouve une série fabuleuses d'albums cubains comme par exemple celui que le grand Abelardo Barroso (notice biographique ici) enregistra avec l'Orquesta Sensacion en 1954. Commencez donc par le grand tube "En Guantanamo" :

 
Il y a aussi un de mes morceaux favoris, toutes catégories confondues, "La Hija de Juan Simon" capable de faire fondre les cœurs les plus endurcis :


Ou cette petite merveille de douceur :  "Nosotros"


Mais l'intégralité de l'album est un plaisir sans mélange et il est à télécharger là sur aural joy. A bon entendeur!


vendredi 19 avril 2019

Cuba-Hawaï-Kinshasa aller retour



Régulièrement au Tiki Lounge, rue de la Fontaine au Roi à Paris, on peut voir se produire le groupe Kanis & Lou. Armé d'un cocktail et entouré d'un décor du meilleur goût, on peut entendre l'une des formations les plus enthousiasmantes dans le genre hawaiien/exotica, à la fois très respectueuse du répertoire et décontractée. Ils alternent les reprises des as de la guitare hawaïenne comme King Benny Nawahi, standard intemporels de l'exotisme comme le Sleepwalk des italo-américains Santo et Johnny ou une version très inspirée de Bali Hai issue de la comédie musicale South Pacific.

Le morceau qui m'a marqué hier soir est une très rare occurence d'une influence cubaine sur la musique des îles du pacifique : Kou Kino Mambo, par the Polynesians. De Cuba à Hawaï en deux minutes et demi.


Ce morceau, qui réussit l'alliance improbable et idéale entre la décontraction polynésienne et l'énergie caribéenne m'en a immédiatement évoqué un autre : le Mambo Hawaïenne de Docteur Nico.

Colosse de la guitare congolaise, il serait un peu long de résumer la carrière du "docteur" Nico Kassanda entamée dès l'âge de 14 ans auprès de Grand Kallé et l'African Jazz puis aux commandes de l'African Fiesta avec Tabu Ley Rochereau. Disons simplement que son style rythmique et inventif marquera une inflexion dans la musique congolaise dont on encore les échos aujourd'hui. En 1962 ou 1963 -soit un an avant nos amis polynésiens- l'as de la guitare nous livre cette réjouissante rêverie hawaïanisante toute en glissandos. D'Hawaï à Kinshasa en deux minutes et demi.


Les notices de wikipedia se contredisent mais il paraît que le mot Mambo viendrait du Yoruba ou du Bantou, qu'il signifierait voix en coeur ou plus simplement "parler". Que le genre fut popularisé par Arcaño y sus Maravillas à la fin des années trente. Du Congo et ses environs à Cuba. Retour au point de départ.

Les racines du punk tchèque (1965)

Rock'n'roll sommaire jusqu'à l'os et révolte adolescente! Tout est déjà là en 1965, avec Táňa Zelinková qui vous regarde droit dans les yeux pendant le générique des Amours d'une blonde de Milos Forman. Quant au film, c'est un pur chef d’œuvre pendant toute la première moitié et pour la seconde, eh bien, le mieux est sans doute encore de ne pas la regarder...


mercredi 17 avril 2019

Twist with the docteur : FSK et votre taux d'adrénaline



Cohabitent Walter Benjamin, publications confidentielles suédoises, véronal ou aspirine, mais surtout trop, beaucoup d'adrénaline dans ce morceau! La Cellule relance sa rubrique médicale en vous donnant rendez-vous à Munich pour un check-up complet au pays du self-control!


Collision : Perez Prado rencontre Saint James Infirmary

1955 : rien n'arrête le roi du mambo. Surtout pas les classiques estampillés Deep South à qui il imprime une touche inimitable. Saint James Infirmary ne lui résistera pas et vous non plus, vous verrez!


dimanche 7 avril 2019

La grande classe hongroise : Zsuzsa Koncz

La cellule vous emmène de nouveau dans la Hongrie des 60's aujourd'hui avec Koncz Zsuzsa, chanteuse et actrice de classe, rivalisant sans peine avec ses homologues de l'autre côté du rideau de fer. On prend son élan avec l'énergie carillonante de "keresem a szót" (je cherche le mot) en 1966 :


Nous vous proposons ensuite "szõke anni balladája", un des très bons titres psyché-folk de 1967, avec une sitar électrique parfaite.
 
 
 Toujours en 1967, une charmante ballade : "Gyerekdolog"
 
 
Et pour finir : "Azt Hitted, Kis Bolond" (1969), à peine trop rapide pour un slow mais non moins excellente.



dimanche 31 mars 2019

Les gendarmes et les voleurs.



Comme c'est vers les Antilles que nous revenons avec application, on finit par suivre le fil des années et passer de la biguine des années soixante à la cadence des années 70-80. Sorte de mérengue haitien modernisé, la cadense accueille toutes influences des musiques caribéennes, du disco au reggae dans un syncrétisme roboratif. Des formations pléthoriques avec cuivres, percussions, synthétiseurs produisent des sortes de patchworks sonores où l'on passe avec agilité d'un style à l'autre et où l'on franchit plusieurs fois la frontière entre le bon et le mauvais goût. Moi, je prends le tout sans faire la fine bouche.

En 1975, du coté de La Dominique, les Belles Combo enflamment les pistes avec leur premier album "Libération de la Femme" pionners du style "cadence-lypso" clairement marqué la disco qui ne tardera pas faire école dans le reste de la caraïbe :



La Police est là dans ce morceau des Melodix, une cadence tendue face aux forces de l'ordre qui nous rappelle que loin de la carte postale chamarrée, les luttes sociales furent particulièrement violentes aux Antilles dès la fin des années soixante.


Tensions sociales qui sont le thème de ce standard de la candence-lypso : Grève Générale par les Bill-O-Men. Morceau colossal, qui avance, s'arrête, reprend, se renforce comme le défilé un cortège et qui remplacerait avantageusement les "Motivé-e-s Motivé-e-s" pour nos manifs à nous. Comme les deux précédents tous ces disques sont sortis chez 3A, le label guadeloupéen.



Mais les voleurs, les voilà : dans le genre cocktail détonnant, le sommet du genre est probablement l'album "La panthère noire" de Michel Docteur Nerplat. Le saxophoniste, pilier de la maison Debs et compositeur pour le groupe star "Les Aiglons" nous livre dans cet album solo une composition à plusieurs étages : reprise à la sauce pimentée du fameux thème d'Henri Mancini à laquelle l'organiste sa part de folie. Ce dernier ne peut s'empêcher sur chaque titre de cet album de truffer ses soli de phrases musicales piquées dans les standards de la musique "exotica". Retour à l'envoyeur bien senti de cet exotisme en toc, digéré et remâché.


samedi 30 mars 2019

Deep kitsch tchèque : Mademoiselle Giselle (1980)

La Cellule vous propose d'abaisser momentanément vos défenses immunitaires aujourd'hui et de plonger avec courage dans le bain (très peu glacé à la vérité) de la variétoche tchécoslovaque. Nous sommes en 1980. Václav Neckář est le chéri de ces dames, me dit-on. Il apparaît en tout cas triomphant avec sa coupe au bol dans l'émission des après-midis dominicales. Avec Mademoiselle Giselle, on célèbre la femme française de l'autre côté du rideau de fer. La chorégraphie est soignée et les guitares lorgnent quand même un peu du côté du glam mais sans trop s'aventurer.

Autre version (avec un son plus propre mais sans la chorégraphie...)


mercredi 20 mars 2019

Quand la pop a la pêche à Budapest : Kyri Ambrus (1969)



Plongée ce soir dans des parages peu fréquentées par nous (jusque-là), ceux de la pop magyare des années 60, qui révèle quelques pépites fort savoureuses. Commençons donc avec la coupe garçonne de Kyri Ambrus qui sort en 1969 un single plein d'énergie soul, avec un orchestre méchamment puissant pour seconder une voix, qui n'est pas très éloignée de celle de Rita Pavone.


dimanche 17 mars 2019

Splendeurs de la guitare sahélienne : le Dental Orchestra

Entre 2009 et 2011, Christopher Kirkley a traversé le Sahel avec un léger matériel d'enregistrement. Ses bandes révèlent toutes les splendides nuances de la guitare africaine sans aucune production, dans l'intimité capturée d'un moment de grâce. On les trouve sur une compilation du label Sahel Sound, chaudement recommandée : Laila je t'aime. Pour ma part, j'ai un faible pour le groupe mauritanien de l'ensemble : le Dental Orchestra animé par Babi Sarr. Ne craignez rien pour vos molaires, le Dental n'a rien à voir avec la roulette de votre spécialiste. Le nom signifie "Unité" parce que le groupe incarne différents aspects de la musique mauritanienne. Le Dental ne manque pas d'expérience et tourne depuis plus de trente ans mais sans avoir produit de disque jusqu’au passage de C. Kirkley. Que dites-vous de l'instrumental "Vieille terre"?


Et de "Penda", magnifique chanson :
On vous glisse encore une video captée lors d'un concert à l'Institut Français de Nouakchott :