jeudi 30 mai 2019

Les guitares incroyables du Botswana (3) : Sibongile Kgaila

On reste sous le signe rose des productions du label Piranha record, dont on ne cesse de louer les merveilleuses productions dédiées aux guitaristes du Botswana. Le héros du jour a une technique légèrement plus classique que ses collègues mais cette fois-ci l'électricité est branchée et, accrochez-vous, vous êtes sur le point de découvrir la perle garage lo-fi la plus décoiffante depuis des années et aussi un as de la mise en scène élémentaire (grâce aux vidéos de Bokete7) :
 
"Tika  Molamu" (vidéo datée de 2013)


"Kgomo" (vidéo dater de 2018)


Et l'imparable "Gladys" (vidéo datée de 2013)


Les enregistrements de Piranha Record ont un excellent son. Il faut vous les procurer!

samedi 25 mai 2019

Friandise : The Free Design (1967)


C'est sucré, c'est vrai, mais aussi subtil, léger, aérien. La Cellule vous propose ce matin une irrésistible .friandise :

"Kites Are Fun"


Vous prendrez bien une seconde part, ne faites pas la fine bouche. Pourquoi pas une reprise de Simon and Garfunkel. On prend le temps ce matin.

"59th Street Bridge Song"






jeudi 23 mai 2019

Les guitaristes incroyables du Botswana (2)





L'année dernière, le label berlinois Piranha eut l'idée géniale d'enregistrer les merveilleux guitaristes du Botswana, on peut désormais profiter de ces artistes dans des conditions d'écoute plus confortables. Ne vous inquiétez, la musique est assez brute pour qu'on ne crie pas à l’aseptisation. Profitez  plutôt de ce morceau entêtant de Solly Sebotso, qui évoque les produits exportés par la Chine.


Les guitaristes incroyables du Botswana (1)


De temps en temps, ça n'arrive vraiment pas souvent, on invente une nouvelle manière de jouer de la guitare, c'est ce qui est arrivé Botswana, dont les musiciens ont développé une technique incroyable, pleine de virtuosité et de dynamisme. Longtemps, il n'y a eu que des vidéos pour témoigner de leur talent. Un certain Bokete7 (qui serait un hollandais expatrié dans le désert depuis 1979) documentait ainsi un moment improbable et magnifique. Merci à lui!

Les guitaristes s'appellent Solly Sebotso, Ronald Maipolai, dit "Ronnie" ou Molefe "Western" Lekgetho. Voici quelques-unes de leurs performances filmées.

Western, "Machingilani", vidéo datée de 2010


Solly Sebotso, "Wateelala", vidéo datée de 2011


Ronald Maipolai, dit "Ronnie", vidéo datée de 2009


Ronnie de nouveau, en 2017



mercredi 22 mai 2019

Le témoignage de la lune : Bana en 1965

Nha Terra Cabo-Verde est un des premiers disques d'Adriano Gonçalves, alias Bana, enregistré comme beaucoup de ceux qui suivront avec l'orchestre de Luiz Morais. C'est une merveille où règne la clarinette de l'ami Morais. Difficile de distinguer sur ce magnifique disque de 1965 (qui se trouve sur Aural Joy) un titre plutôt qu'un autre. Pourquoi pas deux mornas fascinantes comme

"Fidjo de Ninguem"


ou "Lua Nha Testemunha" écrite par le poète Beleza


et puis, pour changer de rythme "Terezinha"


Cap-Vert gigantesque : Bana (1977)

Comment entrer dans l’œuvre foisonnante de Bana (plus de cinquante disques), le géant de la musique cap-verdienne? Rien de mieux qu'une morna déchirante et sublime sur l'album classique de 1977, Miss Unidos, que vous auriez bien tort de ne pas aller chercher dans son intégralité sur le blog bien nommé Aural Joy. Voici donc pour commencer "Grito d'Dor" et ses violons à se damner :





mardi 21 mai 2019

Nuages profonds et sublimes : la soul rare de Little Ann (1969)


Qui a dit que la northern soul manquait de profondeur? La minuscule et magnifique production de Little Ann vient du Michigan et prouve le contraire. Sa voix n'est pas loin de celle d'Esther Phillips mais avec un grain deep distinctif. Deux petits chefs d’œuvre aujourd'hui remis en lumière par Light in The Attic.

Deep shadows 


Who Are You Trying To Fool




dimanche 19 mai 2019

La première reprise d'une chanson de Townes Van Zandt : Bergen White (1970)

Si je ne me trompe pas la première reprise du grand Townes Van Zandt se trouve sur une petite merveille d'album très méconnu, réalisé par un certain Bergen White en 1970. Ce dernier a fait une brillante carrière comme arrangeur dans les studios de Nashville mais ne s'est que très rarement exprimé comme compositeur et chanteur (deux albums et c'est tout). Il avait participé à l'enregistrement de Our Mother The Mountain de Townes Van Zandt, et eut l'excellente idée d'intégrer une reprise de "Second Lover Song" à son propre disque. Sa version est extrêmement réussie :


For Women Only (c'est le titre de l'album) est dans une veine plus pop que ce morceau mais il est aussi souvent teintée de mélancolie. On atteint quelquefois des sommets sous influence de Brian Wilson, comme par exemple dans "Gone Again". Bref, on vous recommande chaudement ce disque à la pochette lisse mais au contenu follement savoureux : 


jeudi 16 mai 2019

Le laconisme brutal de Scott Walker (des débuts inattendus)


Il a fallu se pincer fort pour y croire mais oui, c'est vrai. En 1959, le regretté Scott Engel, alias le grand Scott Walker, a commencé sa carrière musicale par enregistrer sous le nom de The Playboys un instrumental complètement siphonné en Californie, qui en fait à la fois une influence des Cramps pour la sauvagerie du son et un précurseur de Wire pour le laconisme extrême. Mais les vérifications ont été faite. En 1959, le jeune Scott Engel est à peine pubère mais il habite bien à Los Angeles et partage son temps entre le cinéma et le rock'n'roll. Bref, c'est à votre tour de vous pincer!


mercredi 15 mai 2019

Panne d'ascenseur et new wave slovaque (Banket, 1986)

En 1986, le groupe Banket fait fureur dans les booms tchécoslovaques. Son tube immortel, c'est "Po schodoch" (dans les escaliers), chronique amère mais puissamment rythmée du quotidien. 




Je n'ai pas résisté à faire passer les paroles à la moulinette de googletranslate. Il y a visiblement un certain nombre de bourdes dans cette traduction automatique mais le résultat n'en est que meilleur, j'en suis sûr!

L'ascenseur ne va pas encore battre 13 étages
Il reste avec moi
Quelque chose pue dans les escaliers
Et un néon où il ne brille pas
Je n'ai pas peur des ténèbres
Entendre des alertes stéréo et d'incrédulité
Quelqu'un perce quelque chose

mardi 14 mai 2019

Le jazz égyptien sous influence latine : Salah Ragab de nouveau

Nous avons déjà consacré un post aux extraordinaires productions du Cairo Jazz sous la direction martiale de Salah Ragab. Pour le compléter aujourd'hui, intéressons-nous à une composante particulière de ce mélange si merveilleusement épicé : la touche latine qui se mêle comme nulle part ailleurs à un Orient réinventé. Et d'abord le tube absolu du mambo égyptien :

Egypt Strut


Signalons au passage une autre version détectée sur le blog très recommandable Dusty African Groove mais ne laissons pas nos arpions se refroidir et filons gaiment vers cet un hommage à Sun Ra muy caliente.


Enfin un morceau magnifiquement intense où l'influence latino se mêle à toutes sortes de choses et dans lequel on croirait quelquefois entendre surgir le fantôme bien aimé de Moondog.




dimanche 12 mai 2019

L'âge d'or du boléro : Daniel Santos

Le nombre de boléros que le chanteur portoricain Daniel Santos a enregistré dans presque tous les pays riverains du golfe du Mexique est absolument immense (une discographie très complète est disponible [hosanna!] ici). Nous vous proposons aujourd'hui de vous laisser embarquer par deux magnifiques productions mélodramatiques de l'époque new-yorkaise, en 1942.


Te lo juro

 




Très mystérieux aujourd'hui (à Saint-Domingue, Dakar et Londres aussi)

On s'y perd un peu dans la discographie de l'Etoile de Dakar, alias le Star Band mais ce doit bien être en 1978 que sort la reprise du grand tube "El hombre misterioso". Le jeune Youssou N'Door est au chant et le m'balax est ici au plus près de ses racines afro-cubaines. Le label Ostinato vient de redonner une jeunesse au morceau sur sa dernière compilation, chaudement recommandée.
Les origines de cet homme mystérieux ne se trouvent pourtant pas exactement à Cuba mais sur l'île juste à côté, à Saint-Domingue, où le prolifique Duo Ahijados des deux frères Cuco et Martin Valoy ont initialement créé ce classique dix ans plus tôt dans le plus pur style du son, popularisé par Compay Segundo.


Pour changer d'atmosphère du tout au tout mais en restant les deux pieds dans le sentiment du mystérieux (décidément prégnant en cette belle année 1978), terminons par un petit tour à Londres :







samedi 11 mai 2019

Comme la rencontre... Egwo Umu Agbogho (Nigeria, 1973)



Prenez une jeune nigériane aux talents particulièrement variés (actrice durant son séjour en Italie, chanteuse de bel canto formée à Rome, écrivain polygraphe, etc.) et une star du highlife, trompettiste et arrangeur, au sommet de son art. J'ai nommé respectivement Joy Nwosu et Dan Satch (nous parlions déjà de lui là). Un beau jour de 1973, proposez leur d'enregistrer ensemble un single avec tous les moyens d'une major (EMI en l’occurrence). Le résultat est un des titres les plus ahurissants de toute la discographie du golfe de Guinée (qui n'en manque pas). Les basses, l'agilité de la voix... mais écoutez donc :


mardi 7 mai 2019

Oui, c'est bien le Pérou : Telegraph Avenue en 1971

Après l'explosion garage la plus notable d'Amérique du Sud (nous en reparlerons), le Pérou du début des seventies expérimente un moment psyché-pop directement branché sur ce qui se passe en Californie (malgré la dictature militaire). Le guitariste, Bo Ichikawa, par exemple, revient à Lima après un séjour prolongé à San Francisco. Son groupe prend le nom de Telegraph Avenue (une voie bien existante à SF) et sort un album en 1971 (pour l'histoire du groupe, voyez ici). La face A de la galette est une étrangeté pop des plus réjouissantes (tandis que la face B plus psyché est un peu lourdingue). Le disque commence ça ("Something Going") :


Le morceau suivant ("Happy") est une pure perle pop :


Et "Lauralie" est aussi excellent avec son intro mélancolique :