On ne connait vraiment pas grand chose de Duma de Durban. Sur l'unique disque, un 78T daté de 1961, il n'y a guère comme instruments que guitare et batterie mais aussi veaux, vaches, cochons et sinon eux précisément, du moins leurs répondants dans les fermes d'Afrique du Sud. Bref, nous aussi on se prépare doucettement à rentrer à la campagne.
C'est un album profondément rural qui nous vient d'Haïti. Les sapes sont classes mais les thèmes des morceaux n'en sont pas moins avant tout agricoles. Le titre place directement le disque sous le signe du roi du poulailler et situe bien les choses. La deuxième chanson s'intéresse directement à "La vie paysan". Le kompa de 1970 peut être endiablé mais aussi lunaire comme sur cet autre morceau, "Bohémiens", à la beauté pure mais comme démantibulée, avec ses claviers en discussion avec les cuivres et presque en apesanteur.
"Bohémiens"
[Il semble qu'il y ait eu un problème de gravure pour le LP : le deuxième morceau du disque n'est pas celui indiqué sur la pochette ni sur youtube].
C'est avec cet improbable hymne au clair de la lune paysan que je voudrais saluer la sortie d'une revue consacré à un thème grave. "Un monde en voie de disparition : les paysans" sous-titre le dernier numéro de L'Autre côté pour sa quatrième parution. Dans ce cas là, Les diables bleus, ce serait un peu l'autre côté de l'autre côté. "Dansez carré", nous suggèraient déjà d'autres Haïtiens!
Restons encore un peu à Haïti, voulez-vous... ou plutôt, non, accompagnons le célèbre danseur et chorégraphe, Jean-Léon Destiné, de l'autre côté du golfe du Mexique, où il mit sur pied des ballets caribéens très importants pour la révélation au reste du monde de la richesse musicale haïtienne. Un disque sorti en 1955 sur Elektra compte beaucoup dans ce mouvement : Festival à Haïti. Musons donc un peu sur cette galette avec d'abord un peu de flûte et le titre "Meringue", emblématique d'un genre qui a connu une vaste diffusion.