jeudi 18 mars 2021

Chansons pour l'équipe (aux sources du raï) : Bellemou Messaoud et Cheb Ourrad Houarri

 

Quoi de plus euphorisant que le premier raï! On se demande bien pourquoi le genre a ensuite été amélioré... Heureusement, certains n'ont jamais hésité à nous replonger dans le bain de jouvence des musiques populaires du temps joyeux des origines. C'est le cas tout particulièrement du producteur Nick Gold qui, avant de se rendre immortel en enregistrant les gloires scandaleusement délaissées du Buena Vista Social Club ou en orchestrant le come-back de l'immense Ali Farka Touré, avait sorti en 1989, un album resplendissant dédié au Père du Raï (un des pères, si l'on veut), le trompettiste Bellemou Messaoud accompagné par le chanteur Cheb Ourad Houarri. Au milieu de ce disque merveilleux , il y a cet hymne au collectif tout prêt à vous faire décoller :

Bellamou Messaoud "Chanson pour lekip" [1989]


Pour faire bonne mesure, ajoutons par exemple ce morceau où l'éclat des cuivres se mêle à l'accordéon sur un rythme absolument imparable :

Bellemou Messaoud "Harai Harai Ouama" [1989]




vendredi 5 mars 2021

Corps et âme : Eduardo Mateo en 1984

 

Cuerpo y Alma, le troisième album sorti en 1984 du grand Eduardo Mateo est un chef d’œuvre plus âpre que ses disques précédents [on vous en parlait là, là et encore là]. La délicatesse du chanteur uruguayen est toujours aussi joliment perchée comme sur Maria, avec son clavier stellaire.

Eduardo Mateo "Maria" (1984)

Mais une veine plus sèche est aussi au rendez-vous cette fois-ci. Comme sur "Carlitos" construit entièrement autour de la basse avec un minimalisme qui rappelle pas mal les Young Marble Giants.

Eduardo Mateo "Carlitos" (1984)

 

Voici les paroles (qui, entre nous soit dit, mériteraient bien une traduction) :

Se dice que Carlitos tiene
Un dulce para ti
Mil noches del señor
Que mira por el hueco
Donde se infiltró un pez
Cariñosamente diez
Por ser la primera vez

El pez le dijo al hombre mudo
Cariño que no puedo más
Le dijo de pasear desnudos
Por los puentes de la ciudad
Le dijo que Carlitos es mundo
Con puertas hacia el mar
Que un día al despertar
Pudo ver la sonrisa
De una bonita mujer
Cariñosamente diez
Por ser la primera vez

Mujer que andas por esta vida
Dime si tu no has visto al pez
Aquél que por cariños brilla
De alguno que ha creído en él
Se dice que Carlitos es mundo
Con puertas hacia el mar
Que un día al despertar
Pudo ver la sonrisa
De una bonita mujer
Cariñosamente diez
Por ser la primera vez


mercredi 3 mars 2021

Un genre de reggae imprévu : vénéneux et en français

 

Oh la la, la chanson française sous influence jamaïcaine en 1981... gare! Mais là c'est vraiment le contraire du ska festif, ce morceau sacrément flippé de William Sheller qui s'insinue en douce entre vos oreilles et y établit méthodiquement son nid de mélancolie épineuse.

William Sheller - J'suis pas bien (1981)





jeudi 25 février 2021

Euphorie : High Life de Pharaoh Sanders!

 

New York, 1972, l'album s'intitule La Sagesse à travers la musique mais quand ça commence c'est plutôt "La Sagesse à travers l'euphorie", ce qui est un programme franchement recommandable. En gros les principaux ingrédients sont le free jazz et la musique cubaine que vous faîtes sauter à feu vif en ajoutant une cuillerée pleine à ras bord d'épices venus du golfe de Guinée. "High Life" tout est dit! Yeah, Yeah, Yeah, Yeah! Yeah! Yeah!

Pharaoh Sanders "High Life" (1972)



dimanche 21 février 2021

Un peu de punk norvégien : Kjøtt (1980)

 


ça a tout l'air d'un classique punk mais qui ne serait pas arrivé de Scandinavie sur nos rivages. C'est apparemment inspiré d'un film suédois pas vraiment plus connu. C'est franchement rock'n'roll. Ce sont les norvégiens de Kjøtt et c'est parfait pour vous secouer un peu si vous avez du mal aujourd'hui à vous désensabler les esgourdes.

Kjøtt - Mannen På Taket (1980)



mercredi 10 février 2021

S'immuniser contre la peur du désordre : Eugene Chadbourne et Evan Johns

 

Aujourd'hui la Cellule vous transmet les conseils pédagogiques d'Eugene Chadbourne et Evan Johns. Vous en faites ce que vous voulez, bien sûr, la Cellule, comme vous savez, n'est pas le moins du monde prescriptive mais voyez en France (ils idéalisent quand même un peu pour la France) ou en Allemagne, ça ne donne pas de mauvais résultats du tout. Et puis pour vous immuniser contre la peur du désordre, c'est sans doute encore ce qu'il y a de mieux. Alors : oui, sus à la prohibition et laissez-les boire tant qu'ils sont jeunes.

Eugene Chadbourne et Evan Johns "Let' em Drink While They're Young" (1992)

 



mercredi 3 février 2021

Tout et rien : The Frantic Elevators (1979)

 

  "I See Nothing And Evrything" : Tout et rien, douceur et frénésie, le titre des Frantic Elevators est le morceau des contrastes extrêmes, tout comme l'histoire du groupe de Manchester et de son fameux leader, Mick Hucknall. Venu à la musique après un concert des Pistols, produisant d'abord des morceaux gravitant dans l'orbite des Buzzcocks ou de The Fall, ce sera à peine quelques années plus tard, le chanteur de Simply Red... Aujourd'hui, la Cellule est plutôt du côté rêche avec deux chansons aussi expéditives que celles de Wire.

The Frantic Elevators "I See Nothing And Everything" (1979)

Durant la même session d'enregistrement de 1979 (restée d'abord inédite), il y a aussi ce morceau bossu et excellent placé sous le signe de Quasimodo.

The Frantic Elevators "The Hunchback Of Notre Dame" (1979)