mercredi 18 octobre 2023

Energie / Angoisse : Blind Owl Wilson et le Canned Heat jouent avec nos émotions (1969)

 

Il résonne vraiment bizarrement ce morceau du Canned Heat aujourd'hui. D'abord parce que musicalement, il est franchement impossible à situer : du blues 60's sous influence indienne qui sonne comme un précurseur improbable de morceaux électros beaucoup plus récents? Et puis, le décalage entre l'entrain euphorisant de cette merveille saturée d'énergie et le côté absolument noir des paroles... puisque Blind Owl Wilson se demande avec angoisse si, au train où ils vont, les hommes ne seraient pas capables de détruire la lune à brève échéance. En d'autres temps (pas si lointains), on aurait pu considérer le propos comme gentiment perché mais par ceux qui courent...

The Canned Heat "Poor Moon" (1969)


PS : le morceau ouvre une compilation extraordinairement bonne de l'étiquette Mississippi Records (confiance absolue ou presque) qui sélectionne dans la discographie du Canned Heat - où il y a notoirement à boire et à manger - onze morceaux dus au génie dérangé de Blind Owl Wilson. Se jeter dessus relève de l'obligation morale.



 



dimanche 24 septembre 2023

Visiter les îles Cook avec Will Crummer (1962)

C'est vraiment vers un tout petit pays que la Cellule vous propose d'embarquer aujourd'hui, notre agence venant de débusquer une activité musicale notable sur les îles Cook, aux 20000 habitants. L'archipel compte même une célébrité que l'on doit vous faire découvrir. Il s'appelle Will Crummer et associe musique polynésienne et influences américaines. Au début des années 60, il émigre en Nouvelle-Zélande pour travailler dans le bâtiment et, en 1962, c'est à Auckland qu'il enregistre un disque intitulé Cook Island Magic. C'est vraiment une belle petite chose dont on aurait tout à fait tort de se passer. Il alterne les morceaux où Will Crummer travailleur du béton s'illustre en crooner des îles plein de légèreté comme :

"Karapa le Uira" (1962)

 

Quelques instrumentaux survitaminées, euphorisants efficaces :

"Aiai" (1962)


Et pour ponctuer l'ensemble, quelques morceaux de percussions traditionnelles.

"Tarapi Koko" (1962)





dimanche 3 septembre 2023

Cumbia, baisers : en orbite avec Los Golden Boys (1965)

 

Nous sommes en 1965 à Medellin et Los Golden Boys enchaînent les galettes à succès à une vitesse impressionnante depuis leur premiers enregistrements un an plus tôt. En Orbito Con Los Golden Boys est déjà leur sixième album et l'on ne compte pas les 45T... Fondé en 1961 par les frères Garcés (nous avions déjà parlé de Pedro Jairo ici), le groupe de ces garçons en or est, comme son nom l'indique, sous influence de la vague planétaire de la musique populaire venue des pays anglo-saxons. En Colombie, la pop s'hybride naturellement avec la cumbia ou la gaita indigène qui continuent pourtant à dominer mais l'accordéon local peut laisser la place à la guitare (de Pedro) ou à un clavier acide plus cosmopolites et  dans l'air du temps. Le résultat est une des choses les plus euphorisantes de la période. Alors pour la rentrée : cumbia sixties et baisers à tous et toutes, la Cellule ne trouve rien de mieux à envoyer.

Los Golden Boys "Cumbia y Beso" (1965)

Le merveilleux label Mississippi Records a concocté l'an dernier une compilation resserrée (12 titres) des Golden Boys qui est absolument parfaite. Allez donc voir .


vendredi 25 août 2023

Apesanteur : Lisbonne au crépuscule

 

Comme toujours (?) avec les disques portugais un peu anciens, il est très difficile de recueillir les informations les plus élémentaires sur les conditions d'enregistrement du morceau, sa date par exemple. La pochette et le format (un EP sur l'étiquette Alvorada) semblent nous guider vers le milieu des années 60... Mais peu importe après tout : ces indications n'auraient pas augmenté notre sensation de légèreté d'un iota. L'ensemble de guitares mené par Raul Nery nous procure bien sans ça le vertige des hautes altitudes.

Voici d'abord la version enregistrée :

Conjunto de guitarras Raul Nery - Lisboa nao interdecer


Puis une autre version pour la télévision (qui vous révélera, si besoin est, la sublime rotondité de la guitare portugaise) :

 



 


jeudi 10 août 2023

Un tube psyché-pop brésilien d'Erasmo Carlos en 1971

 


En 1971, Erasmo Carlos sort un superbe album, euphorisant puissant que la Cellule aidera volontiers - si vous ne le connaissez déjà - à se forer un passage jusqu'à vos feuilles endormies par la torpeur estivale. La porte d'entrée proposée est une chanson ultra-tubesque évoquant "26 ans de vie normale". On vous laisse juge de ce que l'ami d'enfance de Tim Maia et de Roberto Carlos peut entendre par là...

Erasmo Carlos "26 anos de vida normal" (1971)




vendredi 7 juillet 2023

Accordé à l'accordéon (10) : à travers les flummes de l'enfer (1959)

 

On ne va pas lâcher comme ça la veine accordéon-guitare électrique la plus excitante de l'histoire, celle du tournant des années 60 en pays cajun. Nouveau classique incombustible aujourd'hui avec Austin Pitre, réputé être le premier accordéoniste de Louisiane à avoir levé les fesses de sa chaise pour jouer debout, mais quelquefois aussi derrière la tête ou entre les jambes (faut être souple, costaud et virtuose). Nous sommes en 1959 et avec ce remontant là, vous êtes prêts à traverser les flummes de l'enfer le sourire aux lèvres.

Austin Pitre & The Evangeline Playboys "Flummes de l'Enfer" (1959)

 



mardi 4 juillet 2023

Accordé à l'accordéon (9) : Cleveland Crochet, cajun plus que tubesque (1961)

 

Violon, Batterie, accordéon et guitare électrique : de quoi faire un foin d'enfer avec le groupe merveilleux de Cleveland Crochet. Nous sommes bien sûr au sud de la Louisiane et la musique cajun prend une teinte blues accentuée pour produire le plus grand tube de son histoire : "Sugar Bee", qui sort en 1961 de sa zone d'origine incontrôlée pour devenir un tube national et répendre son énergie sauvage comme trainée de poudre à travers les États-Unis d'Amérique. Cleveland Crochet n'en retirera guère de royalties et restera un musicien à temps partiel, accroché aux établissements de Lake Charles. Peut-être, ne fut-ce pas plus mal...

Cleveland Crochet & The Hillbilly Ramblers - Sugar Bee (1961)