vendredi 7 juillet 2023

Accordé à l'accordéon (10) : à travers les flummes de l'enfer (1959)

 

On ne va pas lâcher comme ça la veine accordéon-guitare électrique la plus excitante de l'histoire, celle du tournant des années 60 en pays cajun. Nouveau classique incombustible aujourd'hui avec Austin Pitre, réputé être le premier accordéoniste de Louisiane à avoir levé les fesses de sa chaise pour jouer debout, mais quelquefois aussi derrière la tête ou entre les jambes (faut être souple, costaud et virtuose). Nous sommes en 1959 et avec ce remontant là, vous êtes prêts à traverser les flummes de l'enfer le sourire aux lèvres.

Austin Pitre & The Evangeline Playboys "Flummes de l'Enfer" (1959)

 



mardi 4 juillet 2023

Accordé à l'accordéon (9) : Cleveland Crochet, cajun plus que tubesque (1961)

 

Violon, Batterie, accordéon et guitare électrique : de quoi faire un foin d'enfer avec le groupe merveilleux de Cleveland Crochet. Nous sommes bien sûr au sud de la Louisiane et la musique cajun prend une teinte blues accentuée pour produire le plus grand tube de son histoire : "Sugar Bee", qui sort en 1961 de sa zone d'origine incontrôlée pour devenir un tube national et répendre son énergie sauvage comme trainée de poudre à travers les États-Unis d'Amérique. Cleveland Crochet n'en retirera guère de royalties et restera un musicien à temps partiel, accroché aux établissements de Lake Charles. Peut-être, ne fut-ce pas plus mal...

Cleveland Crochet & The Hillbilly Ramblers - Sugar Bee (1961)


 



vendredi 30 juin 2023

Accordé à l'accordéon (8) : mambo loco!

 

 

Aníbal Velásquez, comme Franco, le T.P.O de Cotonou ou James Brown, fait partie de ces musiciens dont les disques se comptent par centaines (plus de 300 albums et 500 simples dans son cas, dit-on). Accordéoniste révéré en Colombie et plus largement en Amérique latine, Aníbal Velásquez se distingue par quelques-unes des cumbias les plus déstructurées de l'histoire sur lesquelles la Cellule attire votre attention aujourd'hui. Écoutez donc le bien nommé "Mambo loco" :

Aníbal Velásquez "Mambo Loco"


Ou notre chouchou remarquablement sapé :

Aníbal Velásquez "Vestido Nuevo"

 



samedi 27 mai 2023

La vie sans nous : Cass McCombs et la pop post-apocalyptique (2022)

 

C'est une tentation qui flotte dans l'air du temps. L'idée d'une Terre débarrassée de l'encombrante présence humaine. Sur son dernier album, Cass McCombs s'y plonge sans retenue et ça donne de drôles de choses comme ce morceau aveuglé de lumière, élégie post-apocalyptique qui concentre l'inconséquence d'une époque avec une délectation plutôt jubilatoire que morose :

Cass McCombs "New Earth" (2022)


En regard, deux statues du grand sculpteur baroque, Matthias Braun (1684-1738) à l'hôpital de Kuks en Bohème orientale : L'ange de la Bonne mort et la Victoire de la Religion sur la Mort. Pour varier les divagations sur le thème.




mercredi 3 mai 2023

Swinging Sixties : les irrésistibiles Filipinki à l'étape de Szczecin (1968)

 

Le déferlement de la vague pop des années 60 fut quasi universel. Derrière le rideau de fer, comme partout ailleurs, la contagion fut générale. En Pologne, c'est un groupe de filles de Szczecin [ne vous effarouchez pas trop des consonnes : ça se prononce comme ça] qui décrocha la timbale : les Filipinki. Le début de leur histoire remonte à 1959 et leurs succès fut tel en Pologne, en URSS et dans tout le bloc de l'Est qu'elles purent même faire deux tournées en Occident en 1965 et 1966. En 1968, en tout cas, elles sont au sommet de leur forme et tous les titre du EP qu'on vous présente ce soir valent le détour avec leur irrésistible énergie mutine. On n'hésite pas à vous les coller tous les quatre à la suite l'un de l'autre.

Filipinki - Nie Ma Go [Il n'est pas là]


Filipinki - Własny Świat [Mon monde à moi]


Filipinki - Znam Go Na Pamięć [Je le connais bien]

Filipinki - O Dziesiątej [A dix heures]

 


 
 

jeudi 27 avril 2023

Fados comiques, yodels portugais et autres oxymores musicaux

 

 

Pour le coup, on ne sait pas très bien où tout cela se passe, quels sont les protagonistes ni quand cela a pu arriver bien exactement. C'est sur une compilation de musiques latinos classées selon un vrac relatif que l'on s'est procurée pour trois francs six sous (celle-là), qu'on a trouvé ces morceaux incongrus. Pas la moindre information sur la provenance exacte : le Portugal à coup sûr mais où... Le nom même de l’interprète pourrait être sujet à caution : on n'a absolument rien trouvé sur elle en parcourant la toile en tous sens ; et quant aux deux chansons, on ne connait rien d'autre que leur titre et le nom du compositeur un certain João Nobre. Bref, si quelqu'un en sait plus, qu'il n'hésite pas à se signaler.

Pour la Cellule, l'irrésistible attrait de ces deux perles baroques vient de leur caractère de contradiction dans les termes. La première se présente comme un fado yodelant. Autant dire que la mélancolie typique du genre, la saudade, est ici très parfaitement absente.

Maria Manuela "Fado tirolês"

Quant à la seconde, c'est un adieu à la guitare, l'instrument emblématique du Portugal. Bonjour trombone et saxophone, bonjour à la trompette, et même à la clarinette mais adieu à la guitare et à toute sa symbolique pleine de nostalgie.

Maria Manuela "Adeus Guitarra"

On doute qu'on puisse appeler ça un fado, ce serait plutôt un contre-fado... On soupçonne que ça pourrait venir d'une opérette portugaise, si une telle chose existe... Des années 30? peut-être 50, pourquoi pas?


 


 

 


mardi 11 avril 2023

No No Blues : un classique qui fuse comme une balle (Atlanta, 1928)

 

La Cellule vous propose aujourd'hui un blues qui fuse comme une balle le long d'une ligne de basse aussi sommaire qu'imparable. Nous sommes en 1928, les nuits d'Atlanta sont chaudes comme de la braise autour de Decatur Street. Officient là Blind Willie McTell ou Barbecue Bob ; et Curley Weaver, le "magicien" de la slide, qui vous hypnotise avec une chanson de dénégation dont les antiphrases ne trompent personne (sûr qu'il l'a mauvaise de s'être fait largué).

Curley Weaver "No No Blues" (1928)