samedi 24 décembre 2022

Narcissisme partagé : les Watersons (1977)

 

Nous sommes en 1977 et les Watersons consacrent tout un disque au répertoire religieux de la vieille Angleterre. Ici, c'est Emmanuel qu'ils célèbrent en s'adjoignant toute une section de cuivre pour l'occasion. Sans penser trop précisément à moi j'imagine, mais je ne leur en suis pas moins fort reconnaissant de cette illustration du prénom, archaïque et jubilatoire...

The Watersons "Emmanuel" (1977)


 

 


vendredi 16 décembre 2022

Pour la boum de fin d'année (2) : un peu d'extrême-orientalisme balkanique

C'est la dernière parution de l'excellente étiquette Radio Martiko qui nous emmène dans ces parages que la Cellule n'avait pas encore visités. Nous sommes à Niš au sud de la Serbie (alors en Yougoslavie), et l'ensemble dirigé par Mile Petrovic -  quelquefois sous le nom de Veseli Romi ("Heureux Roms") -  a entrepris de mettre au goût du jour le fond musical local. Accordéons et cuivres disparaissent au profit de clavier infernaux hyper acides ou de guitares électriques. Et ici comme ailleurs, rien n'interdit un peu d'exotisme - évidemment le prêt à penser de l'époque a d'autres noms pour ça mais il ne franchiront pas l'enclos de nos dents ni même ne s’appesantiront sur les couronnes dentaires de notre clavier - et en l’occurrence le syncrétisme nippo-yougorom, est quelque chose à ne pas manquer.

Ansambl Veseli Romi Mileta Petrovića - Japanka (1988)

 
Et puis, tiens, Devo nous avait emmené dans ce secteur mais l'Ansambl Mileta Petrovica nous incite à y revenir. Écoutez donc cette version de Robot (un mot slave en l’occurrence, faut-il le rappeler - d'invention tchèque pour tout dire).

Ansambl Veseli Romi Mileta Petrovića "Robot" (1986)

 





samedi 10 décembre 2022

Pour la boum de fin d'année : un peu d'orientalisme mais dans l'autre sens (Indonésie, 1961)

 

 

Ce fut le grand succès d'exotisme euphorisant sur la piste de danse pendant des années. Vous vous souvenez sans aucun doute de Jaan Pehechaan Ho (1965) du grand Mohammed Rafi, mais comme tout ce dont on se sert à l'excès, l'excitation s'est légèrement usée après plus de vingt ans de passage intensif (l'élan date de son apparition dans Ghost World en 2001 - plus de vingt ans...). Il est temps de songer à un remplaçant à caser sur vos playlists. La Cellule est heureuse de vous en proposer un presque tout neuf pour les fêtes. Il nous vient de Djakarta et figure sur une merveilleuse compilation que le label Soundway vient de sortir (on se promet d'y revenir). On dirait un pur morceau d'orientalisme, une rêverie parodique sur le Moyen-Orient mais qui viendrait de l'Est cette fois-ci. Question : l'orientalisme devient-il un occidentalisme s'il est produit en Indonésie? 

La chanson a été enregistrée en 1961 et elle est absolument parfaite pour se déhancher.


Orkes Kelana Ria "Yah Mahmud" 



lundi 7 novembre 2022

Sous les radars : l'excellent album des Spongetones en 2008 "Too Clever By Half"

 

Bon la pochette n'est pas terrible et les gars avaient déjà la cinquantaine bien tapée en 2008 - pas idéal pour faire la une des magazines! - mais c'est quand même bizarre qu'un album aussi excellent ait pu passer aussi inaperçu. D'autant que les gonzes ne sont pas tout à fait des inconnus, : leur premier album de 1982 est même considéré comme un petit classique power pop. Alors quoi... Aucune idée. Parce que vraiment c'est bon ; bon disons comme les très bonnes galettes de Jason Falkner ou d'XTC, qui ne manquent pas de zélateurs. Il y a là 60 généreuses minutes de plaisir pop à redécouvrir.

Commencez par exemple par écouter celle-là :

The Spongetones "The Man With No Skin" (2008)

 Enchaînez par cette douceur, si vous voulez bien

The Spongetones "Erica" (2008)

 

La chanson suivante qui donne le titre de l'album est plein d'une jubilation pompière, symphonie cheap qui sonne comme du Martin Newell

The Spongetones "Clever By Half" (2008)


Enfin pour finir ce trop rapide petit tour, un hit plein de dopamine.

The Spongetones "It Must Be Lust" (2008)

Mais ne mégotez pas, c'est l'album entier qui est une pépite. Courez vous le procurer!



samedi 5 novembre 2022

Troubles dans la musique mondiale : l'arrivée du calypso à Porto-Rico (1958)

 

1958, la première vague du rock'n'roll vient de passer. Sera-ce un feu de paille? Nul ne le sait et dans bien des coins du monde, on est déjà focalisé sur de tout autres mouvements musicaux. Le chef d'orchestre porto-ricain, Rafael Cortijo (1928-1982) et son chanteur vedette Ismael Rivera (1931-1987), par exemple, ont vraiment d'autres préoccupations : bomba et plena, les genres qu'ils défendent et illustrent mieux que personne, font désormais fureur à New-York (ils n'y sont pas pour rien), mais sur leurs terres, c'est l'arrivée du calypso qui chamboule tout. Alors quoi de mieux qu'un morceau merveilleusement syncrétique, aussi élégant qu'entrainant, pour assimiler ce nouvel arrivant sans perdre son identité?

Cortijo et son orchestre avec Ismael Rivera "Calypso, bomba y plena" [1958] 




mardi 1 novembre 2022

Ségou (Mali), 1970 : Envouté par la trompette d'Amadou Bâ

 

Au Mali en 1970, les instruments modernes sont rares. Seuls les grands orchestres régionaux ont les moyens d'en offrir à leurs musiciens. Dans la vieille ville royale de Ségou, c'est Amadou Bâ  qui dirige l'ensemble qu'il élève à une altitude vertigineuse. La rythmique afro-cubaine a pris un tempo très lent, on devine que le sujet est épique, laissez-vous envouter par la trompette d'Amadou Bâ :

Orchestre régional de Ségou - Batumanbe (1970)




jeudi 13 octobre 2022

Sous les radars : le meilleur album de soul de 1982

 

 

Nous sommes en 1982 et Andrew Waarts retarde par bonheur d'un ou deux guerres quand il sort cet album merveilleux qui est peut-être le meilleur album de soul de cette année-là - qui d'autre? je vous le demande bien - album dont cependant personne n'a entendu parler. Il est vrai qu'il appartient à la scène gospel-funk de l'Illinois à l'exposition relativement limitée sur le marché pop mondial. Le respect des modes de l'heure semble aussi une contrainte aux injonctions relativement limitées dans le coin. Si bien que le disque - musiciens parfaits, arrangements magnifiques - brille dans un écrin qui fait penser à l'âge d'or de Curtom. Jamais je n'ai swingué avec une telle euphorie à l'énoncé des dons prophétiques inégalés de Saint-Jean le Baptiste.

Andrew Waarts and The Gospel Storytellers - None Greater Than John (1982)

Pour en savoir et en écouter plus, allez donc voir là. Le disque a été réédité il y a quelques années par le label Superfly.