mardi 11 janvier 2022
Mais que c'est triste : Lydia Mendoza, la reine du mélodrame Tejano (premiers enregistrements, 1934-1935)
mardi 21 décembre 2021
L'art extraordinaire du violoniste épirote, Alexis Zoumbas
Attention merveille! Alexis Zoumbas est un immense violoniste qui s'inscrit dans une tradition fabuleuse (avis de pur néophyte), celle des musiciens gitans d’Épire au nord de la Grèce. Issu d'une longue dynastie de musiciens des environs de Ioannina, Alexis Zoumbas (1885?-1946) atteignit un niveau exceptionnel qui lui permit de garder son violon sur le devant de la scène en ce début de vingtième siècle alors que les clarinettistes éclipsaient de plus en plus ses homologues moins illustres avec tout leur volume sonore. Musicien réputé dans son pays, Alexis Zoumbas se joignit cependant au grand exode de ses compatriotes vers les États-Unis où il s'installa en 1916. Il enregistra à partir des années 20 plus de 35 titres comme artiste solo et un plus grand nombre encore en accompagnement, la plupart à New-York, pour le plus grand plaisir de la diaspora. Deux compilations ont récemment exhumé ces bandes extraordinaires : la première en 2014, sur le label Long Gone ; la seconde sur Mississippi Records en 2019. Les deux sont extrêmement recommandables.
Elles se recoupent pour ce morceau de 1926, dont il était trop difficile de faire le deuil, on le comprend. Tout est ici d'une virtuosité ébouriffante non sans teinter votre écoute d'une certaine inquiétude.
Alexis Zoumbas - Tsamiko Makendonias (1926)
Écoutez ensuite ce morceau plus joyeux, épithalame envoutant avec cymbalum et violoncelle.
Alexis Zoumba - Triantaphyllia (1927)
Et pour terminer, ce morceau de berger venu d'ailleurs, de très très loin, absolument bouleversant.
Alexis Zoumba - Tzamara Arvanitiko
lundi 20 décembre 2021
Vive la musique laiki : danse du ventre au farfisa et autres pépite de la variété grecque sous influence bollywoodienne
Tout d'abord une version locale de la danse du ventre, le tsiftetéli, mais sur les chapeaux de roue, interprétée par le grand as de l'orgue farfisa, Vassilis Vassiliadis (1927–2010)
Vassilis Vassiliadis - TSIFTETELLI 1969
Le second morceau est d'une des grandes figures de la musique grecque passée du rebetiko au laika, Vassilis Tsitsanis (1915–1984) accompagné par la chanteuse Charoula Lambraki. La chanson a une saveur indienne toute particulière. Il est vrai que le cinéma bollywoodien connaît un grand succès dans la Grèce d'après-guerre et que, bien sûr, les passages musicaux omniprésents sont remplacés par des adaptations locales donnant même naissance à un genre spéciale, les chansons indoprepí.
Charoula Lambraki & Vassilis Tsitsanis - Andra Mou Paraponiari
vendredi 17 décembre 2021
Calendrier de l'Avent 17 : Lord Beginner franchement enrhumé pour Noël
L'abus d'alcool, Lord Beginner, il connaît. Pas besoin de grog sous les Tropiques même à Noël, c'est le rhum qui est à l'origine de tout et la gueule de bois est sévère en ce matin de Noël. La Cellule vous souhaite tout de même d'excellentes fêtes mais n'oublie pas de mettre par avance la pastille adéquate, la pastille calypso, dans votre verre.
Lord Beginner "Christmas morning the rum had me yawning" (1939)
jeudi 16 décembre 2021
Calendrier de l'Avent 16 : Danse sous les saules
Pawlo Humeniuk "Danse sous les saules (tanec pid werbamy)" (1926)
jeudi 9 décembre 2021
Yep! Bridget St. John et Kevin Ayers en 1970.
Yep! Une petite pépite, idéale pour commencer la journée, ce morceau charmant de Bridget St. John qui figure sur la face B d'un single produit par le cher Kevin Ayers. C'est David Allen, le comparse du Soft Machine qui a écrit le morceau. C'est léger comme une plume.
Bridget St. John "Yep" (1970)
Ici, une interview de Bridget St. John en hommage à Kevin Ayers, à son décès en 2013.
samedi 20 novembre 2021
Déconstruction garifuna : une énigme.
Déconstruction, il n'y a sans doute pas beaucoup de termes plus galvaudés dans le vocabulaire de l'époque où les tics les plus abscons de la philosophie dérident désormais les lèvres des acteurs politiques, grands et petits. Oui, mais si l'on passe de la fumée des théories aux pratiques musicales d'Amérique centrale, les choses changent immédiatement d'allure. Et toutes précautions prises - quelle manie ridicule quand même de prendre ainsi tous les mots avec les pincettes de tes scrupules hors de propos ! renaude le lecteur impatient - je m'autorise enfin à faire l'éloge d'un morceau lunaire résultant d'un merveilleuse déconstruction, repéré à la toute fin d'une compilation de musique garifuna vraiment recommandable (une fondation suédoise est à l'origine de ces excellents enregistrements de 1999). Loin d'être un geste militant, cette déconstruction-là s'enracine dans une tradition musicale très originale, celle des garifunas du Guatemala. J'ai l'impression qu'un morceau bien connu de la musique antillaise (haïtienne peut-être?) est passé à la plus exquise des moulinettes. Sauriez-vous m'aider à retrouver lequel?
Garifuna Boys - Hula arunum (1999)

