mercredi 22 février 2023

Un tube directement tombé de la bande FM trente ans plus tard : le dernier Brendan Benson

 

Sur son dernier album, Brendan Benson a intégré une reprise de Gerry Rafferty et c'est comme si un nouveau tube de la bande FM du début des années 1990 (ou de la fin des années 80) venait de choir parmi nous trente ans plus tard. On craint la catastrophe, mais on tutoie la merveille. L'anachronisme poussé à son point de perfection : 

Brendan Benson "Right Down The Line" (2022)

 


samedi 18 février 2023

Est-ce que c'est grave, docteur? Bebop Deluxe (1975)

 

La Cellule plonge en eaux troubles aujourd'hui. Au cœur des 70's anglaises mainstream, là où nagent les poissons flasques du nom de prog, glam, hard rock... Frissonnez braves gens! Et au bout du harpon, un morceau qui emprunte un peu à tous ces genres honnis mais qui à l'heur de nous mettre malgré tout en euphorie ce matin. Question : est-ce que c'est grave, docteur?

Bebop Deluxe "Maid in Heaven"


 


vendredi 10 février 2023

Oui, non et autres titres cintrés du Music Machine (deuxième mouture)

 

Après la fulgurante carrière de Music Machine dans sa composition classique - un album et une poignée de simples dont le hit incombustible "Talk Talk"  dans le courant de l'année 1966 - Sean Boniwell, leur leader charismatique, se retrouve progressivement seul aux manettes pour continuer cette aventure sur le Boniwell Music Machine. Le résultat est une production assez inégale mais avec quelques pépites franchement cintrées qu'on trouve sur leur album de 1968 et que la Cellule est heureuse de vous mettre entre les feuilles ce matin.

Oui, non? - D'abord oui! Avec une satire de l'égocentrisme pleine d'énergie habillée façon baroque (c'est encore la formation originale du Music Machine qui joue ici).

Music Machine "Absolutely positively" (1968)

 
 
- Puis non!  Non, c'est non!

"Affirmative No" (1968)

 
 
Et enfin, le plus klaxonnant des morceaux barges du Bonniwell Music Machine toujours sur la thématique du narcissisme exacerbé : la danse du moi à s'en faire péter les articulations.

"Me, Myself And I" (1968)



lundi 6 février 2023

Du boogie au rock'n'roll, avec la grâce de l'éléphant : Cecil Gant (1951)

 

Nul autre ne personnifie mieux la filiation du boogie au rock'n'roll que le grand Cecil Gant, un des héros les plus marquants du livre de Nick Tosches. Et c'est un morceau séminal que la Cellule vous propose ce matin. Le pianiste martèle son instrument avec l'élégance d'un éléphant, tandis qu'une guitare hillbilly (ne pas oublier que Cecil Gant est originaire de Nashville) fait des entrechats autour de cette base rythmique des plus consistantes. La pesanteur et la grâce réunies, comme dirait Simone Weil, et rien de mieux pour entamer la semaine sans se laisser écraser par le lundi.

Cecil Gant "Rock Little Baby" (1951)

 


 


vendredi 3 février 2023

En orbite : Tom Verlaine (1949-2022)

 

 

Grande perte que la mort de Tom Verlaine. 

Idée n° 1 : pieusement réécouter Marquee Moon pour la cent-millième fois. Idée n° 2 : écouter quelques-uns des disques qui nous avaient échappés. 

Et d'emblée, la pioche est mirifique avec ce disque de 2006, Songs and other things, à côté duquel nous étions complètement passé et peut-être vous aussi?

Sombres, lumineux, mettant tout cliché en torsion, voici trois morceaux de ce très excellent album resté un peu sous les radars :

Tom Verlaine "Orbit"

Tom Verlaine "A Stroll"


 Tom Verlaine "The Earth Is In The Sky"


On l'a beaucoup aimé Tom Verlaine et on est heureux d'en trouver encore de nouvelles raisons. Bye, bye.

 


samedi 28 janvier 2023

Les oeuvres complètes de Blind Mamie et A.C. Forehand (1927)

 

Tout se passe entre le 25 et le 28 février 1927, à Memphis pendant deux sessions d'enregistrements réalisées pour l'étiquette Victor. 

Mamie et A.C. Forehand, tous deux aveugles, forment un couple de musiciens originaire du sud jouant au coin des rues. Leur gospel-blues minimaliste est un trésor unique de sensibilité pure : l'os de la sensibilité dénudée. Ils chantent à tour de rôle. La joie, par exemple, pour commencer par un chanson interprétée par A.C. :

Blind Mamie et A.C. Forehand "I'm So Glad Today, Today" 

 

 

A.C. joue de la guitare et de l'harmonica. Quant à Mamie, l'instrument qu'elle fait tinter serait un triangle ou une cymbale de doigts selon les descriptions. Et elle chante aussi, on l'a déjà dit. Le miel au cœur des rochers, par exemple, ou autres oxymores saisissants peuplant le répertoire religieux du gospel.

Blind Mamie et A.C. Forehand "Honey In the Rock"

 

Tintinnabule merveilleux, n'est-ce pas? Comme venu du fond des âges... Mamie n'a pourtant que 32 ans ou environ. Écoutons, maintenant ce morceau toujours chanté par Mamie, où son triangle semble rythmer le décompte final de la destinée de tout un chacun :

Blind Mamie et A.C. Forehand "Wouldn't Mind Dying if Dying was All"

 


Le dernier des quatre morceaux de la discographies des époux Forehand est chanté par A.C. Il est dédié à sa mère.

Blind Mamie et A.C. Forehand "Mother's Prayer"


 





samedi 24 décembre 2022

Narcissisme partagé : les Watersons (1977)

 

Nous sommes en 1977 et les Watersons consacrent tout un disque au répertoire religieux de la vieille Angleterre. Ici, c'est Emmanuel qu'ils célèbrent en s'adjoignant toute une section de cuivre pour l'occasion. Sans penser trop précisément à moi j'imagine, mais je ne leur en suis pas moins fort reconnaissant de cette illustration du prénom, archaïque et jubilatoire...

The Watersons "Emmanuel" (1977)