Comment une déclaration d'amour peut-elle être aussi poignante... L'absence est là en creux si présente qu'on croirait pouvoir la toucher du doigt. L'immense Solomon Burke nous amène dans des parages vraiment peu visités. C'était sur son avant-dernier album sorti l'année de sa mort. Il est tellement là. Il était pourtant déjà un peu ailleurs aussi. Pour chavirer. Pour chavirer encore une fois.
Aujourd'hui la Cellule vous propose d'écouter un des disques les plus incroyables jamais enregistrés. La chose se passe en 1982. Un mec avec une coupe au bol sortie tout droit de l'épopée des Beach Boys met sur bande une suite de morceaux fantastiques comme égarés dans un espace-temps non repréré jusque-là. La voix grave de ce hippie mystique installé à Hawaii (et ami de Carl Wilson semble-t-il) le rapproche peut-être un peu (assez peu en fait) de Bryan Ferry ou de Scott Walker. Il chante il parle il yoddle aussi quelquefois. Ayant d'abord beaucoup joué dans la rue il a fabriqué un système infernal pour utiliser seul un maximum d'instruments à la fois ; plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs sont inventés par lui. Il introduit aussi partout des claviers invraisemblables. Et il fait donc exactement tout dans cet album intitulé : "Prières pour un one-man band". L'ensemble ressemble à quelque chose dont vous n'aviez pas idée et s'incruste progressivement dans votre cerveau pour des semaines. Vous n'en aurez jamais fini avec la musique hawaïenne.
Deux rééditions récentes : chez l'excellent label Light In The Attic et chez Del Rio (inconnu de nos services).
Pour continuer la cure à base d'accordéon exotique la Cellule vous propose aujourd'hui de visiter l'Afrique du Sud avec les champions de l'accordéon zoulou et du style mbaqanga. D'abord un instru de Johnson Mkhalali :
Et enfin pour les estomacs fragiles (régime sans sel ni accordéon) un bonus qui lorgne quand même plus du côté de la musique cajun (par exemple) que de la rumba congolaise...
L'été c'est comme l'accordéon : quelquefois trop comprimé et d'autres fois exagérément détendu. Pour soigner le summertime blues la Cellule sort les gros moyens cet été avec une petite série "piano à bretelle et bikini" pas piquée des hannetons. Et pour ne pas commencer pas des chemins trop rebattus nous vous proposons de visiter d'abord le roi de l'accordéon psyché afghan (ce qui fait beaucoup de mots peu souvent associés vous l'avouerez) : Ahmad Zahir. Mais je vous sens sceptique écoutez donc ça :
Et puis si vous trouvez l'accordéon trop raide comme posologie pour vos oreilles douillettes et formatées voilà un autre morceau plus pop pour soigner vos affres.