Douceur, minimalisme, merveille évanescente et bouleversante, c'est peu de dire que j'aime ce morceau détaché de toute pesanteur. Louis Armstrong a enregistré le titre de King Oliver (dédié à un quartier excentré de La Nouvelle-Orléans) avec ses Hot Fives, le 29 juin 1928 à Chicago. Houlala, mais c'était il y a presque un siècle... Et oui!
Louis Armstrong & His Hot Fives "West End Blues" (1928)
Pour plus ample développement sur cet enregistrement qui a marqué l'histoire de la musique, voir par exemple ici.
Et voici une autre version par King Oliver lui-même, enregistrée 17 jours plus tôt à New York.
King Oliver & His Dixie Syncopators - West End Blues (1928)
La Cellule est d'humeur alpiniste aujourd'hui et vous propose de grimper par trois fois un des sommets mélodramatiques de la musique pop ultra-orchestrée.
Pour vous mettre en jambes, voici d'abord l'original du titre qui n'a pas encore acquis toute sa puissance en 1965 quand Franki Valli, qui tente alors l'aventure solo, l'enregistre :
Frankie Valli - The Sun Ain't Gonna Shine (Anymore)
Le morceau écrit par les plumes des Four Seasons acquiert cependant une toute autre dimension dès l'année suivante quand les Walker Brothers en font un des Annapurna du genre.
The Walker Brothers - The Sun Ain't Gonna Shine (Anymore)
Beaucoup plus récemment, Bruce Springsteen vient de tenter l'ascension avec succès sur son étonnant disque de reprises de 2022 qui rivalise de grandiloquence avec la version de 1966.
Bruce Springsteen - The Sun Ain't Gonna Shine (Anymore)
Le premier morceau s'intitule "Chose n°4", le deuxième, "Chose n° 10", le troisième , "Chose n° 5", et ainsi de suite dix fois, dans le plus parfait désordre, jusqu'à "Chose n° 8" : des pans entiers de la Musique Populaire Brésilienne défilent à vos oreilles, qui n'en croient pas leurs yeux. Nous sommes en 1965, Moacir Santos vient d'enregistrer à quarante-et-un ans le premier album sous son nom, un des disques de jazz les plus jubilatoires, les plus aboutis et les plus variés de la décennie que la Cellule vous suggère d'écouter dans son intégralité sans rien perdre de ce grand classique.
On commence l'année sur la Cellule par un très haut sommet de la MPB (mais un sommet qui se monte en douceur) avec Cantiga de Longe d'Edu Lobo. S'il fallait un prétexte, on pourrait le trouver avec ce morceau aussi merveilleux que surprenant :
Rancho de Ano novo (1970)
Ce Ranch du Nouvel An serait alors le point de départ d'un voyage plein de mélancolie, somptueux cependant :
au début de la nouvelle année
je reviendrai te chercher
voilà le nouveau bateau
qui est tombé du ciel dans la mer
On entend la corne de brume qui appelle. Le signal est déchirant, on ne peut plus reculer mais c'est sur l'album intégralement qu'il s'agit d'embarquer. Edu Lobo n'y est pas seul : le Quarteto Em Cy l'accompagne et aussi (entre autres) le percussionniste Airto Moreira ou l'arrangeur et pan-instrumentiste Hermeto Pascoal idolâtré par Miles Davis. La production du disque est sans doute une des choses les plus précieuses qui soit. Jazz, pop, musique nordestine, bossa, Edu Lobo a recours à tous ces ingrédients mélangés selon des proportions extraordinairement originales. Tout est ici impressionnant de maîtrise, de délicatesse, de créativité. De ces chansons de loin, pleines de nostalgie, on ne revient pas vraiment.
Parmi les morceaux très âpres du gospel-blues de l'Alabama, celui-ci est sans doute le plus connu depuis que Moby l'a intégré à son tube de 1999 - "Natural Blues" - qui n'a pas pu ne pas passer à travers vos oreilles. La Cellule vous propose aujourd'hui de frisonner à l'écoute de la version a capella de Vera Hall (1902-1964) enregistrée dans toute sa pureté par Alan Lomax en 1960 :
Vera Hall "Trouble So Hard" (1960)
Ce n'est pas pour rien que Lomax considérait que c'était la plus belle voix qu'il ait jamais gravée sur ses bandes (et dieu sait s'il en avait enregistrées, des voix merveilleuses). Il existe une version plus ancienne, où Vera Hall est accompagnée par ses cousins Dock et Henry Reed.
La Cellule vous réveille aujourd'hui avec un des classiques séminaux de la Chicha péruvienne. Comme bien d'autres musiciens andins, Juan Wong Popolizio et son groupe jouaient jusque-là les standards latino-américains, tout particulièrement des cumbias en provenance de Colombie, mais en 1968, il remise son accordéon, se procure un orgue farfisa et s'adjoint les services d'un guitariste talentueux, Noe Fachin. Ils inventent alors un nouveau genre où la cumbia se métamorphose en quelque chose d'incroyablement euphorisant. Notre morceau ouvre en trombe le premier album de Juaneco y su Combo.
La Cellule vous embarque aujourd'hui sur les traces d'un grand classique cubain, ou peut-être para-cubain devrait-on dire, ou méta-cubain, ou sur-cubain pourquoi pas... ou comme vous voulez. Les choses se passent à Paris où le monde du spectacle de l'Entre-deux-guerres est friand d'exotisme et peu regardant sur l'authenticité des pedigrees annoncés en haut des affiches. Les musiciens du Lecuona Cuban Boys sont cependant tout ce qu'il y a de plus cubains et sillonnent l'Europe en crise depuis quatre ans. Arrivés de La Havane en Espagne en 1932, les LCB avaient connu des débuts difficiles. En 1934, le compositeur Ernesto Lecuona, gravement malade, avait été obligé de les laisser poursuivre leur périple sans lui mais dès lors qu'ils mettent les pieds à Paris, où ils sont acclamés, leur succès est phénoménal sur tout le continent. Le seul élément que le grand orchestre de plus de douze membres avait négligé d'emporter des Caraïbes était un chanteur du cru. Aussi embauchent-ils une star italienne de retour d'Hollywood, Alberto Rabagliati qui officie sur la plupart de leurs disques des années 30. Sa voix n'en fait pas moins merveille sur cette composition d'Armando Valespi Orefiche et Armando Orefiche (deux Armand pour le prix d'un), ce dernier étant le pianiste et faisant figure de leader de l'ensemble. Le morceau évoque quant à lui un sous-continent indien d'opérette - exotismes en chaîne! - et constitue une merveille d'équilibre avec un arrangement d'une modernité saisissante, devenu plus tard (dans les années 50-60) un standard du sous-genre de l'exotica - exotismes concaténés! Il a été enregistré à Paris le 29 septembre 1936.
Le morceau se trouve sur son album de 1959, Pure Religion and Bad Company. Pour un instant, le prêcheur aveugle des rues de Harlem oublie la pure religion pour se rappeler la mauvaise compagnie qu'il fréquentait dans sa jeunesse. Du gospel au blues, le timbre ne change pas et Davis chante les paradis artificiels avec la même douceur intense qu'il déploie pour décrire les félicités de l'Empyrée chrétien. Grand classique, immense chef d’œuvre avec ses paroles cryptés !
Nous sommes en 1931, cinq ans après le premier enregistrement de ce classique par Blind Lemon Jefferson. Cette fois ce sont les Blue Ridge Mountain Entertainers de Clarence Ashley qui s'y collent. Je ne sais pas qui des quatre (Clarence Ashley, Gwen Foster, Clarence Greene ou Walt Davis) lance les trilles qui fait grimper le morceau à des altitude inconnues, mais je ne peux rien vous proposer de mieux que de suivre pendant trois minutes son vol acrobatique hors du temps.
Blue Ridge Mountain Entertainers - Corinna Corinna (1931)
Grand classique de la dévastation qui s'incruste avec insistance entre mes oreilles ces jours-ci, "I don't Want To Talk About It" de Crazy Horse est un sommet vertigineux que je voulais partager avec vous.
Crazy Horse "I Don't Want To Talk About It" (1972)
PS : En guise d'illustration, un dessin de Amos Bad Heart Bull représentant Crazy Horse pendant la bataille de Little Bighorn
Puissant goût d'épopée aujourd'hui sur la Cellule avec un des chef d’œuvres du Rail Band de Bamako : Duga, lancinant chant de célébration des guerriers issu des plus profondes traditions Malinkés et Bambaras soutenu par une orchestration moderne tutoyant la perfection - mais quel guitariste!
Aucune rareté sous le sapin aujourd'hui, seulement un pur classique hérité de Big Bill Broonzy, que Little Walter reprend en guise d'hommage peu après la mort de ce dernier au mois d'août 1958. Nous sommes à Chicago dans les studios Chess et c'est peu de dire qu'il y a du beau monde derrière Little Walter : Muddy Waters, Luther Tucker, Otis Spann, Willie Dixon et George Hunter (ou Francis Clay).
Little Walter - Key To the Highway (1958)
Et sur l'autre face, c'est peut-être encore mieux. Un instru complètement distordu où l'harmonica de Little Walter rivalise avec la guitare de Muddy Waters pour la plus grande jubilation de vos oreilles. Car, oui, l'autre "Rock Bottom" est aussi grand que celui du sieur Wyatt.
Un peu dans l'ombre de l'ultra-tubesque "Happy Together" sur l'album éponyme des Tortues californiennes, "Me About You" n'en est pas moins un des 8000 de la pop baroque à son apogée, pour parler comme un alpiniste drogué aux arrangements musicaux himalayesques. La Cellule vous propose aujourd'hui un pur classique de 1967 :
"I Ain't No Miracle Worker" des Brogues, est un classique garage entre tous. La Cellule vous en avez déjà entretenu là (ainsi que de la formidable reprise en italien par les Corvi). Aujourd'hui, c'est d'abord sous les jupes des Great Scots que nous allons chercher la version qui nous excite. Comme leur nom l'indique, les Great Scots sont un groupe canadien... mais de Halifax, en Nouvelle-Ecosse, tout s'explique. Précédemment nommés The Beavers et dotés d'une crête pré-punk étonnante, ils troquèrent, sous l'impulsion d'un producteur facétieux, cette panoplie minimaliste pour enfiler de merveilleux kilts d'origine douteuse garantie. Cela ne les empêcha pas de produire une musique hyper-tonique bien propre à dégeler vos sous-vêtements (si vous en portez évidemment).
The Great Scots "I Ain't No Miracle Worker" (1966)
Mais ne nous éternisons pas en terre anglo-saxonne et reprenons la route des adaptations exotiques. Il ne s'agit pas cette fois-ci d'une reprise proprement dite mais le thème est le même de toute évidence. Il ne s'agit plus d'être un travailleur miraculeux mais un gladiateur et nous sommes en Tchécoslovaquie cette fois-ci car, voyez-vous, c'est partout un peu pareil : il est assez difficile de répondre aux attentes démesurées. Et puis, non, n'insistez pas, Václav Neckář (le chouchou tchèque de la Cellule) refuse obstinément de faire de la gonflette.
Václav Neckář "Nejsem gladiátor" (1971)
Comme souvent, ça vaut le coup de faire marcher google translate (erreurs y compris). Regardez ce que ça donne :
Je ne suis pas Lamzelezo, ni Hercule.
Le temps est un temps sans temps.
Ils disent que ça ne vous dérange pas
que je fasse beaucoup d'erreurs.
A vos yeux, je ne suis tout simplement pas du tout du genre.
Je devrais être un héros et un bagarreur,
mais je suis juste un dormeur passionné.
J'écoute tes raisons
comme me jeter aux lions.
Je ne suis pas un gladiateur,
je ne suis pas un gladiateur
et je n'ai pas de lance ou de bouclier
et la bête j'en aurais probablement un peu peur.
Je ne suis pas un gladiateur,
je ne suis pas un gladiateur,
si tu le veux juste,
alors peut-être aller à un bal costumé.
Je ne serai plus jamais astronaute.
Si je commençais à boxer,
j'assommerais tout de suite,
Je ne suis tout simplement pas l'idéal
des rêves de tes filles,
j'ai juste mal à la gorge,
je vais succomber tout de suite
Je devrais être un héros et un bagarreur,
mais je suis juste un dormeur passionné,
J'écoute tes raisons
comme quand un lion me jette.
Malgré les louables efforts de Marc Ribot ou de Ry Cooder, les disques d'Arsenio Rodriguez, l'aveugle merveilleux de la muisque cubaine restent plutôt méconnus (sur la Cellule, voir déjà ici et ici). Son magnifique disque de 1963, par exemple, "Arsenio Rodriguez y su Magia" n'est pas souvent rangé parmi les classiques indispensables à avoir nécessairement dans sa discothèque, bien à tort. Le roi de la "tres", cette guitare à trois cordes doublées y lorgne à la fois vers ses racines africaines, son grand-père était originaire du Congo (la traite ne s'est arrêté qu'en 1882 à Cuba, barbarie prolongée mais aussi contact direct rapproché avec l'Afrique) et la modernité du rhythm and blues. L'album est terriblement varié, du chant de révolte en hommage aux esclaves marrons (cimarrons, en espagnol) puisant au plus vital des sources africaines :
Arsenio Rodriguez "Compay Cimarron" (1963)
Passant par la douceur cubaine typique du sublime "Mona"
Sans s'interdire de mêler des éléments plus US comme dans le joyeux syncrétisme de "Quidembo Hot"
Mais c'est tout le disque qu'on écoute avec jubilation. Vous auriez tort de ne pas aller le pêcher fissa sur le mirifique blog aural joy.
Et bonus, voici un peu de lecture avec les notes de pochettes qui sont, une fois n'est pas coutume, tout à fait instructives :
Les témoignages sont unanimes : la fin du confinement, ça ne s'est pas passé sans quelques petites perturbations psychologiques. Oui, ce cocon artificiel comme hors du temps, on n'y était pas si mal après la phase d'adaptation initiale. Il va falloir réapprendre à marcher sur le sol prosaïque de la vie quotidienne. Sans vertige. Ou alors non et si on restait dans notre chambre...
C'est bien l'option que suggère l'écoute de "In My Room", cette incroyable ode à la claustrophilie adolescente écrite en 1963 par Brian Wilson et Gary Usher, un des sommets parmi les hits des Beach Boys. Six ans plus tard, Sagittarius, le groupe de Gary Usher se réapproprie le titre sur son deuxième album un peu méconnu. C'est Curt Boettcher qui chante et c'est presque aussi envoutant. Alors : sortir ou pas...
Sagittarius - In My Room (1969)
PS : Source de l'image : Illustrierter Leitfaden der Naturgeschichte des Thierreiches, 1876.
C'est peut-être la plus célèbre des études de Chopin. Tout commence donc dans les années 1830 avec cet inoubliable morceau pour piano :
Un siècle plus tard, fleurissent les adaptations munies de paroles en allemand, en français, etc. Tino Rossi livre une version suivant le motif troubadour des chansons d'aube. "L'ombre s'enfuit. Adieu Beaux rêves..."
Tino Rossi "Tristesse" (1939)
Non moins sentimental, l'uruguayen Edgardo Donato en donne, lui, une saisissante version tango.
Edgardo Donato "La Melodia del Corazon" (1940)
N'oublions pas la version des Quatre barbus qui opèrent un retournement digne des Poésies de Lautréamont (Montevideo quant tu nous tiens!) et transforment, avec le concours de Pierre Dac, la tristesse en chant d'allégresse.
Les Quatre Barbus "Chant d'allégresse" (1960)
"Les hommes sandwich ne se mangent plus entre eux"
Et c'est enfin au tour improbable de Link Wray de pendre la mélodie de Chopin au cou de la guitare la plus sauvage d'Amérique (un peu adoucie pour l'occasion).
Certains faits divers sont devenus des mythes par le biais de la chanson populaire. Greil Marcus a consacré un fascinant article à l'assassinat de Billy Lions par "Stag" Lee Shelton dans un bar de Saint-Louis, le 25 décembre 1895 et à ses prolongements à travers la musique américaine. C'est un autre 25 décembre, cinq ans plus tard, que la jeune Delia Green, 14 ans, fut assassinée dans le voisinage de Savannah, en Géorgie, par son amant Mouse Houston, à peine plus âgé avec ses 15 ans (pour en savoir plus allez voir ici).
On ne tarda pas à chanter l'histoire de cette afro-américaine fauchée à la fleur de son âge. Le cheminement du récit tragique fut d'abord sous-terrain et il ne nous en reste nulle trace enregistrée, puis il resurgit cinquabte ans plus tard en donnant naissance à deux traditions distinctes avant de devenir un des standards les plus souvent revisités de la musique populaire américaine.
Une des deux traditions fut d'abord illustrée par le génie local de la douze corde, Blind Willie McTell, qui grava en 1949 une interprétation inoubliable de l'histoire, un des plus incontestables chefs d’œuvre de l'histoire du blues. Dans la tradition McTell, le point-de-vue adopté pour la narration est celui d'un autre amant délaissé par Delia Green.
Blind Willie McTell "Little Delia" (1949)
L'autre tradition donna lieu pour la première fois à un enregistrement la même année en 1949 mais à Nassau cette fois-ci, aux Bahamas, dans une version du genial Blind Blake.
Blind Blake & The Royal Victoria Hotel Calypos "Delia Gone" (1949)
Dans la tradition Blind Blake, le point-de-vue est celui du meurtrier. C'est cette variantes qui a connu le plus de réinterprétations comme celle de Johnny Cash (avec ses deux versions à trente ans d'intervalle)
Il n'est jamais trop tard pour découvrir les classiques insubmersibles comme l'unique album du Har-You Percussion Group en 1968. L'histoire est belle car l'ensemble est composé d'adolescents de Harlem (entre seize et dix-neuf ans) venant de bénéficier des activités proposées par le Harlem Youth Opportunities Unlimited (Har-You), et tout spécialement d'une initiation plus que poussée aux grandes heures de la musique noire américaine (jazz, blues et une haute dose de musique afro-cubaine) sous la houlette du percussionniste Montego Joe. Le résultat est un merveilleux disque dont vous ne pourrez bientôt plus vous passer. Voyons d'abord le magnifique "Oua Train" qui illustre la veine plus jazz
Puis le jubilatoire, "Welcome To The Party", bourré à craquer de tonus afro-cubain.
1960. Jean Serge Essous, animateur des soirées chaudes de Brazzaville,est un des grands introducteurs des rythmes afro-cubains dans la capitale de l'autre Congo. Le nom de son orchestre Rock-A-Mambo pourrait vous induire en erreur car c'est plutôt du côté du cha-cha-cha et du son que les racines musicales du groupe sont à chercher. Pour illustrer le genre avec classe, Jean Serge Essous n'hésite pas à faire traverser le grand fleuve à la fine fleur des musiciens de Kinshasa, et notamment à l'orchestre African Jazz dans son ensemble ou presque. Joseph Kabassélé (alias le Grand Kallé) et Rossignol se partagent le chant, Nico (l'immense Dr. Nico) et Tino sont à la guitare, Essous a gardé la clarinette et Roitelet est à la basse. Autour dire qu'il est difficile de réunir une pléiade plus lumineuse dans le ciel de la rumba congolaise. Si la musique cubaine est réinventée avec une virtuosité qui ne laisse rien à désirer, pour ce qui concerne les paroles, l'espagnol est de contrebande garantie pur sucre. Rien ne vous empêchera de danser avec "Baila". On ne vous laisse d'ailleurs pas vraiment le choix :
"O
Baila, O Baila / El nuevo ritmo de cha cha cha / La señorita que lo baila / O
Baila, O Baila / La música bella mexicana/ Santa Maria!/ Mi amor, mi chiquita /
De mi corazón / Feliz de la vida / Saca la cabeza / Ritmo Rock a mambo / Música
africana / Ritmo mexicano / Saca la cabeza"