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mercredi 28 mai 2025

Plus que centenaire : le Nadi Ikhwan Safaa Club de Zanzibar

 

L'histoire commence en 1905. Zanzibar est alors un protectorat britannique faisant face à la colonie allemande d'Afrique de l'Est. Le sultanat de l'île - qui fut un des pires systèmes esclavagistes de l'histoire, entre nous soit dit -  a dû dire adieu à sa pleine indépendance et le pouvoir du sultan n'est plus que l'ombre de celui qu'il avait été dans les mains de ses prédécesseurs. L'esclavage a été aboli. Dans la grande tradition de l'indirect rule britannique, le sultan n'en a pas moins été maintenu, ce qui laisse au huitième d'entre eux, Hali Bin Hamoud (1902-1911) le mérite de fonder, au début du vingtième siècle, un des premiers lieux dédiés à la musique en Afrique subsaharienne : le Nadi Ikhwan Safaa Club. On y célèbre depuis cette date un genre musical, le taarab, qui fut d'abord pur produit d'importation en provenance d’Égypte à la fin du XIXe siècle avant de s'acclimater merveilleusement dans le creuset culturel swahili où se mêlent les influences bantoues, arabes, perses, européennes et indiennes depuis des siècles (les relations avec le Moyen-Orient sont antérieures ici à l'ère chrétienne). Deux guerres mondiales plus tard, l'indépendance et ses soubresauts, puis l'union avec le Tanganyka dans le cadre de la nouvelle Tanzanie, une dictature prétendument marxiste, puis encore d'autres épisodes trop longs à raconter n'y changent rien : le club est toujours là et on y produit une des musiques les plus envoutantes qui soit.

Deux CD ont été consacrés aux merveilles de l'Ikhwan Safaa Club. Il y en a un dans chacune des deux séries de rééditions thématiques dédiées au taarab, toutes les deux très recommandables. La série Zanzibara s'ouvre précisément par un disque célébrant le centenaire du club. On y trouve ce fabuleux morceau.

"Pendo Kitu Cha Hiyari" (2005)


Dans l'autre série "The Music of Zanzibar", c'est sur le volume 2 qu'on retrouve les enregistrements des musiciens du club. La session organisée par l'équipe GlobeStyle eut lieu en 1988, c'était la première organisée avec des moyens un peu sophistiqués sur l'île-même. Écoutez donc cette autre merveille :

"Nipepee" (1988)


 

 

 

 

 

lundi 7 janvier 2019

vanitas vanitarum : la passacaille de la vie (Marco Beasley, Christina Pluhar et I'Arpeggiata)


Cette passacaille aurait été composée par un auteur anonyme italien du XVIIe siècle (et non par Stefano Landi comme il est souvent indiqué). La quintessence de l'esprit baroque cher à Jean Rosset rebondit sans se lasser dans ce morceau poignant où le rythme obstiné souligne à merveille l'inconstance de notre grand beau bal de bulles. 


Une autre interprétation aussi entêtante, par le même ensemble, vous laissera peut-être le temps d'observer la photo plus haut, que l'on pourrait ranger dans le genre peu illustré de la vanité spontanée...

Mais vous n'en serez pas quittes sans les paroles :

O come t’inganni
se pensi che gl’anni
non hann’da finire,
bisogna morire.

E’ un sogno la vita
che par si gradita,
è breve il gioire,
bisogna morire.
Non val medicina,
non giova la China,
non si può guarire,
bisogna morire.



Non vaglion sberate,
minarie, bravate
che caglia l’ardire,
bisogna morire.
Dottrina che giova,
parola non trova
che plachi l’ardire,
bisogna morire

.
Non si trova modo
di scoglier `sto nodo,
non vai il fuggire,
bisogna morire.
Commun’è il statuto,
non vale l’astuto
’sto colpo schermire,
bisogna morire.



La Morte crudele
a tutti è infedele,
ogni uno svergogna,
morire bisogna.
E’ pur ò pazzia
o gran frenesia,
par dirsi menzogna,
morire bisogna.



Si more cantando,
si more sonando
la Cetra, o Sampogna,
morire bisogna.
Si more danzando,
bevendo, mangiando ;
con quella carogna
morire bisogna



I Giovani, i Putti
e gl’Huomini tutti
s’hann’a incenerire,
bisogna morire.
I sani, gl’infermi,
i bravi, gl’inermi,
tutt’hann’a finire
bisogna morire.
E quando che meno
ti pensi, nel seno
ti vien a finire,
bisogna morire.
Se tu non vi pensi
hai persi li sensi,
sei morto e puoi dire:
bisogna morire.

lundi 8 janvier 2018

Fétiche : le Budos Band


 

Excursion fétichiste sur les pentes d'un emblème personnel, la Cellule vous convie aujourd'hui à suivre les pas de Mme de Staël (ou plutôt de Corinne, son héroïne) au bord du Vesuve.


« Le feu du torrent est d'une couleur funèbre ; néanmoins, quand il brûle les vignes ou les arbres, on en voit sortir une flamme claire et brillante ; mais la lave même est sombre, tel qu’on se représente un fleuve d’enfer ; elle roule lentement comme un sable noir de jour, et rouge la nuit. On entend, quand elle approche, un bruit d'étincelles qui fait d'autant plus de peur qu'il est léger, et que la ruse semble se joindre à la force : le tigre royal arrive ainsi secrètement, à pas comptés. »

Et pour vous donner du courage dans cette jungle minérale et incandescente, voici le groove solide entre tous du groupe maison du label Daptone, le Budos Band :
  


lundi 30 septembre 2013

Prophylaxie : Nice To Be Nice


Beaucoup moins d'effets secondaires que les anti-dépresseurs pour un résultat tout aussi remarquable, le tube de Pugwash, groupe irlandais qui renfile en 2005 la défroque des Beach Boys pour rappeler à la terre entière ce message essentiel de condensation : "It's nice to be nice, it's good to be good and it's fun to be fun". On début on y croit à peine, mais vous verrez : c'est encore mieux que la méthode Coué.