Affichage des articles dont le libellé est bagarre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bagarre. Afficher tous les articles

samedi 15 février 2020

La very boxe catalane : Pascal Comelade vs. Arthur Cravan

Cela faisait bien trop longtemps que je n'avais pas écouté l'excellent Traffic d'abstractions du non moins excellent Pascal Comelade et j'avais complètement oublié son ouverture cravanesque. Arthur Cravan est bien la fine fleur de nos émotions ce matin :

Pascal Comelade "Arthur Cravan Was a Flor Fina" (1993)

Mais puisque nous sommes lancés en pays de connaissance, ne négligeons pas la suivante sous influence falceto-éthiopienne, nous dit le livret.
 Pascal Comelade "The Skatalan Logicofobism" (1993)


Pour la soif, ajoutons encore une célèbre reprise de Bob Dylan.

Pascal Comelade "Like A Rolling Stone" (1993)


Et enfin, ce morceau de circonstance.

Pascal Comelade "L'Orchestra del Titanic plays That's amore" (1993)




jeudi 30 janvier 2020

Vaudou calypso, Zingue Talala et autres merveilles de Trinidad



On plonge aujourd'hui au cœur du deep calypso avec une merveille chantée en dialecte yoruba par le Roaring Lion (alias Rafael de Leon) et tout imprégné de vaudou. Le disque a été enregistré à Port of Spain le 7 mars 1938 et c'est un des titres les plus saisissants de toute la musique trinidéenne.

The Roaring Lion accompagné par le Codallo's Top Hatters Orchestra "Hojoe" (1938)


On ne s'arrête pas en si bon chemin et on prolonge avec un calypso sombre chanté en patois français par Attila le Hun. Le sujet explicite de "Zingue Talala" concerne la triste condition d'orphelin, mais la chanson est aussi plein de double-entendre qui évoque notamment les combats de baton kalinda. La galette a été enregistrée à New-York le 16 février 1937.

Attila The Hun accompagné  par Gerald Clark et ses Caribbean Serenaders "Zingue Talala" (1937)



PS : La photo en haut du post illustre l'amitié des deux calypsonians, le Lion et Attila le Hun, amitié assez rare dans ce monde de joutes incessantes et de rivalités exacerbées qui est celui du calypso. Allez voir là si ça vous dit pour en savoir plus (et c'est là où on a trouvé la photo).

samedi 25 janvier 2020

Bagarre calypso (1936) : Rendez-nous nos bâtons!

Lors du carnaval de Trinidad, des combats de bâton ont traditionnellement lieu. A l'époque colonial, ils ont été plusieurs fois interdits ou limités. Au tout début du XXe siècle, un certain Millington, apparemment un policier, semble avoir eu un rôle tout particulier dans la répression du kalinda, cet art martial d'origine africaine. Trente-cinq ans plus tard King Radio (alias Norman Span) et The Tiger (Neville Marcano) se mettent à deux pour réclamer en français créole leur bâton. Un morceau complètement entêtant eneregistré à New-York en 1936, où le calypso lorgne du côté du scat!

 King Radio, The Tiger accompagné par Gerald Clark et des Caribbean Serenaders "Millington" (1936)


PS : Si vous voulez en savoir plus à propos du tableau peint par le suisse François Aimé Louis Dumoulin (1753-1834) et conservé au Musée de Vevey, n'hésitez pas à suivre ce lien.

jeudi 9 juillet 2015

La bagarre, la flûte, la mort et l'air du temps





Aujourd'hui, c'est de Grèce que nous partons pour vanter les propriétés martiales de la flûte et c'est l'abbé de Châteauneuf, le propre parrain de Voltaire, qui évoque ses étonnants pouvoirs :

« Chacun sait, écrit-il, que quand les Lacédémoniens allaient au combat, un joueur de flûte entonnait des chants doux pour tempérer leur courage, et de peur qu’une ardeur téméraire ne les emportât trop loin ; car pour l’ordinaire ils avaient plutôt besoin d’être retenus que d’être excités. Cependant peu s’en fallut un jour dans une bataille qu’ils ne succombassent sous les Messéniens. Le célèbre Tyrtée qui dans cette journée faisait les fonctions de joueur de flûte, s’aperçut qu’ils pliaient : il quitta aussitôt le mode lydien, et passant au phrygien, ranima leur courage que le ton précédent avait trop amolli, et ramena par ce moyen la victoire dans leur parti » (Dialogue sur la musique des anciens, 1725).

Tout ça est évidemment d'actualité, et je crois que c'est vraiment le moment de quitter le mode lydien pour passer enfin au phrygien. Vous en déduirez que, oui, moi, en ce moment je suis plutôt favorable à la bagarre.

Tout celà est bel et bon mais je dois humblement l'avouer, de flûte animée sur le mode phrygien, je n'en ai pas dans mes archives et il faut donc que je cherche des approximations pour vous encourager au combat.

Je vous en propose deux. La première vient de Colombie. On la trouve sur la mirifique compilation de cumbia primitive du label Soundway. Un certain Toño Fernandez joue pour vous "La Muerte". Parfait pour affronter un commissaire européen.


La seconde vient du Vanuatu et je propose de faire comme si ces flûtes de pan avaient été spécialement conçues pour dégommer les partisans de l'ordolibéralisme les plus teigneux.

dimanche 14 décembre 2014

humeur massacrante : bazooka de Carlos Lamartine


Un disque pas vraiment rare aujourd'hui : non un pur classique de la musique angolaise - curieusement la Cellule ne s'était jamais rendue dans ce pays extraordinaire - avec Bazooka  de Carlos Lamartine et son groupe Aguias Reais, un des plus grands instrumentaux, toutes époques et tous pays confondus. Vous verrez que je n'exagère pas. On est en 1971, c'est le temps de la lutte armée et dans notre époque de résignation apeurée, la plus tonique incitation à reprendre la bagarre.

vendredi 6 juin 2014

Yoyo


Ça se passe à Paris. On est en 1970. Quelques musiciens géniaux venus de Chicago réalisent le projet de balancer dans le bouillon expérimental du free jazz de l'époque tout ce qu'ils trouvent de plus excitant dans la musique savante comme dans la musique populaire. Sur le morceau du jour, ils invitent ainsi Fontella Bass, la reine de la soul, interprête de l'extraordinaire "Rescue Me" paru en 1965 sur le label Chess (sis à Chicago lui aussi). Le "Theme de Yoyo" a servi de BO à un film qu'on est pas sûr de devoir recommander. Mais ce soir, yoyo, je trouve ça parfait pour illustrer un de ces moments où la vie ne tient qu'à un fil, où on hésite à tourner une page ou à se faire un dernier noeud autour du cou, à boire une bière de plus ou à se faire le shoot définitif. C'est mélodramatique, c'est ironique, c'est furieux et désaxé, plein de poésie plus acerbe qu'un marteau : "Ta tête est comme un yoyo, ton cou est comme un ficelle, ton corps est comme un camenbert qui suinte dans sa peau, etc.".
Pour les amateurs éclairés, voici l'extrait du film qui signe l'invention de la "Jack Bagarre". "How frustrating you are", c'est si bien dit avec l'accent parisien : 




mercredi 1 mai 2013

La bagarre : Charles Mingus


Un des morceaux les plus saisissants de Mingus : "Haïtian Fight Song". De quoi se tenir sur le pied de guerre pour la journée.


mardi 30 avril 2013

La bagarre : "Fanta" de Coulibaly Tidiani

Musicien fétiche de la deuxième ville du Burkina Faso, le chanteur Tidiane Coulibaly enregistre en 1977 un magnifique deuxième album intitulé Récital avec son groupe l'Authentique Dafra Star de Bobo Dioulasso. L'Authentique Dafra Star de Bobo Dioulasso, un nom qu'on n'oublie pas, n'est-ce pas? "Fanta" est le premier morceau de la face B. Bien difficile de savoir quel est le propos exact de Tidiane Coulibaly qui chante dans une langue inconnue de nous, mais soudain, il se lance en français dans une énumération inquiétante : "coup de poing, coup de poing et coup de pied, coup de pied et coup de tête, coup de tête et coup de genoux, coup de genoux et coup de coude, coup de coude et coup d'épaule" et puis "cravache", "matraque" au milieu d'autres noms étrangers à notre vocabulaire. Le morceau aurait pu paraître si enjoué. De quoi s'agit-il?