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samedi 19 septembre 2020

Dans la famille Rodriguez, demandez la sœur : Estela Rodriguez Scull


Outre Arsenio, "l'aveugle miraculeux" de la musique cubaine, génie de la tres, la vaste famille Rodriguez, originaire de la province de Matanzas, a fourni plusieurs musiciens renommés mais elle ne comptait qu'une seule et unique fille (entourée de quatorze frères!) : Estela Rodriguez Scull. Chanteuse particulièrement versatile, elle participe activement au succès des orchestres menés par son frère, de La Havane à New-York. Certains des morceaux où on peut l'entendre ont cette particularité vraiment extraordinaire de la musique cubaine de parvenir à mêler en un tout unique les extrêmes opposées : emphase et prosaïsme, exaltation et comique, chant lyrique et partie parlée qui annonce le rap, majesté aérienne et rythme viscéral. L'eau et le feu! Comme si la polyrythmie devait aussi vous embarquer dans la plus grande profusion d'émotions simultanées.

Arsenio Rodriguez et Estela Rodriguez Scull - "Ta Benito Eh" (1950)


PS : On trouve très peu de photos d'Estela Rodriguez sur la toile. Sur celle-ci, elle porte des lunettes de soleil. Elle provient du blog ¡Vamos à Guarachar! qui a l'air tout à fait recommandable mais plus guère actif...

mardi 14 juillet 2020

La magie d'Arsenio Rodriguez : un pur chef d'oeuvre méconnu (1963)


Malgré les louables efforts de Marc Ribot ou de Ry Cooder, les disques d'Arsenio Rodriguez, l'aveugle merveilleux de la muisque cubaine restent plutôt méconnus (sur la Cellule, voir déjà ici et ici). Son magnifique disque de 1963, par exemple, "Arsenio Rodriguez y su Magia" n'est pas souvent rangé parmi les classiques indispensables à avoir nécessairement dans sa discothèque, bien à tort. Le roi de la "tres", cette guitare à trois cordes doublées y lorgne à la fois vers ses racines africaines, son grand-père était originaire du Congo (la traite ne s'est arrêté qu'en 1882 à Cuba, barbarie prolongée mais aussi contact direct rapproché avec l'Afrique) et la modernité du rhythm and blues. L'album est terriblement varié, du chant de révolte en hommage aux esclaves marrons (cimarrons, en espagnol) puisant au plus vital des sources africaines :

Arsenio Rodriguez "Compay Cimarron" (1963)


Passant par la douceur cubaine typique du sublime "Mona"


Sans s'interdire de mêler des éléments plus US comme dans le joyeux syncrétisme de "Quidembo Hot"


Mais c'est tout le disque qu'on écoute avec jubilation. Vous auriez tort de ne pas aller le pêcher fissa sur le mirifique blog aural joy

Et bonus, voici un peu de lecture avec les notes de pochettes qui sont, une fois n'est pas coutume, tout à fait instructives :


 

lundi 30 septembre 2019

Collision : la rumba en swing


Nous sommes en 1947 et la fine fleur de la musique cubaine est de plus en plus tentée d'aller secouer le cocotier de la réussite dans les frimas du nord de l'Amérique. C'est ainsi à New-York que se retrouvent le grand conguero Chano Pozo, Arsenio Rodriguez le génial guitariste aveugle avec sa guitare à trois cordes (tres) ainsi que Machito et tout son orchestre flamboyant. On organise alors quelques séances d'enregistrement mythiques où les meilleurs musiciens afro-cubains se frottent volontiers au swing local. 

Chano Pozo y su Conjunto (avec Arsenio Rodriguez) "Seven Seven" (1947) 


Machito et son orchestre, avec Chano Pozo et Arsenio Rodriguez "Rumba en Swing" (1947)


Peu de temps après, Chano Pozo sera embarqué par Dizzie Gillepsie dans l'aventure be bop et aura un rôle fondamental dans la fusion du jazz moderne et des musiques afro-cubaines. Le voyage sera intense mais bref. Après avoir créé avec Diz plusieurs des morceaux les plus emblématiques du genre naissant Chano Pozo se fait flinguer à Harlem, au mois de décembre 1948. Il n'a que 34 ans. Mais c'est encore une autre histoire.

dimanche 28 avril 2019