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lundi 8 avril 2024

Minimalisme extrêmiste et premiers pas du rock'n'roll en France : Jean-Baptiste Reilles alias Mac Kac (1956)

  

La France n'a pas forcément réagi au quart de tour mais il fallait bien que quelqu'un s'y colle et ce fut un batteur un peu rondouillard et barbichu, originaire de Sète qui alluma la mèche. Nous sommes en 1956 et il s'agissait d'être dans le coup quand le jazz-band s'avisa enfin de jouer rock'n'roll quelques dizaines de mois après qu'un jeune type au sex-appeal renversant ait lancé les hostilités du côté de Memphis dans la vallée du Mississippi. Jean-Baptiste Reilles, la quarantaine déjà bien avancée, saisit alors l’occasion par les cheveux et enregistre un certain nombre de faces pour l'étiquette Versailles, qui postulent avec d'excellents arguments au titre de premiers disques de rock'n'roll hexagonaux, ce qui ne tournait certes pas nécessairement encore très rond dans les esgourdes du grand public et pas plus à vrai dire dans celles plus distinguées des esthètes amateurs de jazz. Dans cette première rafale, une ode à la dipsomanie la plus résolue se distingue par son radicalisme esthétique. La chose secoue, on vous prévient mais, sans conteste, c'est largement mieux que de se casser une patte.

Mac Kac & His French Rock'n'Roll "J'vais m'en jeter un derrière la cravate" (1956)

On peut aller voir là pour en savoir plus.





vendredi 17 décembre 2021

Calendrier de l'Avent 17 : Lord Beginner franchement enrhumé pour Noël

 

L'abus d'alcool, Lord Beginner, il connaît. Pas besoin de grog sous les Tropiques même à Noël, c'est le rhum qui est à l'origine de tout et la gueule de bois est sévère en ce matin de Noël. La Cellule vous souhaite tout de même d'excellentes fêtes mais n'oublie pas de mettre par avance la pastille adéquate, la pastille calypso, dans votre verre.

Lord Beginner "Christmas morning the rum had me yawning" (1939)



lundi 26 août 2019

Dérouter la prohibition à Porto Rico en 1929

NB l'inscription : "Too old"

1929. Porto Rico est écartelée entre son ancrage hispanique et un processus de rattachement progressif aux Etats-Unis si lent qu'il n'est toujours pas complet à l'heure actuelle. La musique est marquée par la tradition indigène mais les problématiques sont souvent importées de l'envahissant grand frère. C'est ainsi au son de l'accordéon que l'on se débat contre les contraintes de la prohibition (voir ici une étude historique sur le sujet). Ainsi, les Rois de la plena, le nouveau genre à la mode, s'emparent du thème. Rafel Gonzalez Levy dirge l'orchestre qu'il a fondé et bien sûr, c'est à New York que l'on va enregistrer le 78tours : 

Los Reyes de la Plena "La Prohibicion nos Tiene"


Los Reyes de la Plena ne négligent les autres sujet d'actualité, comme les transports ferroviaires par exemple : 

Los Reyes "La Maquina"


Et toute une sélection d'autres morceaux vous attend ici.

mardi 19 juin 2018

Quand les flèches vertes se fichent dans votre coeur (Zimbabwe 70's)

Le premier grand groupe zimbabwéen des seventies est sans conteste les Green Arrows, qui fusionnent toute la richesse rythmique de la musique de Rhodésie avec la modernité la plus pointue du moment. Le jubilatoire résultat est connu sous le nom de "wah-wah music", vocable ultimement bien adapté car si la "wah-wah", c'est d'abord le nom local de la bière, les Green Arrows sont aussi des as de la pédale d'effet. Voyez avec :


La chanson est tirée de leur premier album, le premier jamais enregistré au Zimbabwe! Les deux autres que nous vous proposons sont issus de singles de la deuxième moitié des seventies. Imparable!


 et Nyoka Yendara :







lundi 11 juin 2018

Les classiques : Skokiaan

Prolongeons donc notre séjour à Bulawayo, qui avec "Pata Pata" et "Skokiaan" a offert deux tubes intercontinentaux à la planète, ce qui, à vue de nez, place la ville devant Pékin, New Delhi et peut-être même Genève ou Périgueux...

Skokiaan, donc, est un instrumental dû au saxophoniste August Musarurwa et à son combo l'African Dance Band of the Cold Storage Commission of Southern Rhodesia. Le nom de la chanson est tiré d'un tord-boyau de contrebande, à base de farine de maïs et de levure. Le premier enregistrement de la chanson daterait de 1947, et le disque a peut-être été ensuite gravé vers 1950, mais la chronologie est ici très incertaine. Ce qui est sûr, c'est que la chanson va bientôt être célèbre sur toute la planète, où elle est attribuée désormais au Bulawayo Sweet Rhythms, ce qui est tout de même plus facile à retenir. Il s'agit cependant bien des mêmes musiciens sous un nouveau nom.

En 1954, on compte déjà dix-neuf reprises et aujourd'hui il y en a sans doute plus d'une centaine. Skokiaan a vite des versions mento, merengue, ska ou mambo. On l'adapte dans plus de dix-sept pays : de la Finlande à Trinidad. Des orchestres à cordes ou des steel band s'en emparent. Des pointures comme Bill Haley, Roland Alphonso, Perez Prado ou Alix Combelle (et oui, Alix Combelle aussi) ne laissent pas passer l'occasion et proposent leur version. Voici une petite sélection de reprises concoctée par la Cellule. De quoi vous entêter pour la journée.

Impossible de ne pas commencer par la version de Louis Amstrong (1954). A tout seigneur tout honneur. Aucun doute qu'il était une des influences principales d'August Musararwu et ce fut sans doute un retour des choses plutôt satisfaisant pour le musicien de Bulawayo que cette reprise. Une des meilleures! Louis Amstrong tiendra d'ailleurs à rencontrer Musararwu en 1960 durant sa tournée africaine.

 

Pour rester au rayon jazz, signalons la très bonne version du grand arrangeur Oliver Nelson et ne négligeons pas celle de Johnny Hodges (1954), avec le jeune John Coltrane dans un coin :


Passons maintenant aux choses plus discutables avec le groupe canadien des Four Lads, qui porteront la chanson plus haut dans les charts que personne d'autres. Nous sommes toujours en 1954. Ce n'est pas que leur version manque d'énergie ni même d'un côté jubilatoire mais cette Afrique de pacotille qu'ils associent à Skokiaan est tout de même rudement toc. Mais peut-être aurez-vous un pressentiment de l'enfer si vous apprenez que leur reprise était jouée toute la sainte journée sur le parking du parc d'animation Africa USA Park, sis à Boca Raton en Floride? Je ne sais combien ils ont pu lessiver de gardes avec ce traitement inhumain mais, moi, je n'aurais jamais pu résister une seule semaine sans devenir zinzin.

Encore un peu de bizarrerie avec la version d'Hot Butter en 1973, qui vaut son pesant de cacahuètes :


Petit pas de côté avec Tommy McCook et les Skatalites, dont le magnifique Dynamite paraît sous influence de Skokiaan même si ce n'est pas vraiment une reprise (les images viennent du documentaire légendaire "Deep Roots Music" diffusé en 1983) :


Enfin retour à La Nouvelle-Orléans avec Kermitt Ruffins et sa version brass band d'une parfaite évidence (c'est la version de l'excellente série Treme, durant la première saison en 2010) :
 



jeudi 31 mai 2018

Pour un cocktail aux Bahamas avec Freddie Munnings

Cette fois-ci ça se passe au Cat and Fiddle, célèbre boîte de nuit de Nassau dans les années 50 et la Cellule, parfaitement désinhibée, vous propose toutes sortes de cocktails principalement à base de noix de coco, que vous pourrez boire en compagnie des célébrités du moment (Count Basie, Louis Amstrong, Harry Belafonte ou Samy Davis Jr selon vos goûts et préférences). C'est la tournée de Freddie Munnings qui dirige l'orchestre. Un certain Dennis Paul joue de la flûte. On danse le goombay sans plus se soucier de régler les problèmes du monde.



mercredi 11 avril 2018

"Endeuillés mais avides du souffle d'autrui" : Malcolm Lowry et le Bembeya Jazz

C'est le thème de la journée (il est parfaitement arbitraire) : associer un morceau guinéen et un poème de Malcolm Lowry. Cette fois-ci, je commence par les musiciens avec l'idée, tant qu'à faire, de réparer une injustice invraisemblable : la Cellule n'avait jamais encore parlé du Bembeya Jazz. Il faut au moins un chef d’œuvre comme "Sou" pour rétablir l'équilibre.

Les 5 minutes de cette morna déchirante seront sans doute assez longue pour que vous lisiez aussi ce nouveau texte de Malcolm Lowry.

AU BAR

Ivrognes d'eau salée, assoiffées de désastre,
Les épaves ne rêvent pas qu'elles sont des navires :
Jamais, jamais le malheur ne les abandonne
Pour le silence des grands voiliers, le "tout va bien" de la vigie :
Névrosés dérivant dans la mort atlantique,
Endeuillés mais avides du souffle d'autrui,
Ils nagent, ces génies noirs, entre deux eaux noires,
Ensevelis debout comme le poète Ben Jonson
Quoiqu'ici dix-huit sous ne servent plus à rien
Et que Tarquin soit sûr de trouver qui violer;
Pendant ce temps, d'autres, penchés sur la rembarde,
Le regard et le corps figés, fixent l'abîme.

jeudi 5 décembre 2013

Calendrier de l'Avent 5 : The Fab Four


Que diriez-vous, cette année, de passer Noël au pays du pastiche? Non, pas chez un Auvergnat de Marseille..., mais par exemple avec un groupe de sosies des Beatles jouant des chansons de Noël. Beaucoup, beaucoup trop kitsch comme concept, vous dites-vous. Oui, mais c'est le truc des Fab Four qui continuent à remplir des salles entières dans le circuit nostalgie. Si vous regardez ce que ça peut donner en clip, ça flanque un peu les jetons ces types formolées qui s'appliquent à congeler le temps, mais le plus bizarre finalement c'est encore que la chanson n'est pas mal foutue du tout...