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mardi 11 février 2020

Fin de soirée à Bulawayo (Zimbabwe) avec Sabelo Mathe


Retour à Bulawayo aujourd'hui avec Sabelo Mathe qui siffle la fin de la party d'une manière dont vous n'avez pas l'habitude (même s'il vous arrive régulièrement de faire la clôture des débits de boisson). Il faut dire que ce guitariste très méconnu est un émule de son compatriote Josaya Hadebe (en photo ci-dessus), le crac du style omasiganda dans lequel se coule l'influence des guitaristes zoulous et celle de la country. Nous sommes en 1955 et c'est donc un cow-boy du Zimbabwe qui vous indique que là, c'est terminé, le bar est vraiment fermé et qu'il va falloir rentrer à la maison. Pas la peine d'insister.



Le titre se trouve sur la magnifique compilation Bulawayo Blue Yodel du label Olvido Records qu'on découvre et qui semble parfaitement excellent. Allez donc voir le programme par là. Et si vous êtes curieux de Josaya Hadebe, le cow-boy séminal de la musique zimbabwéenne, allez donc voir par ici le post dédié sur le merveilleux blog electricjive.

lundi 11 juin 2018

Les classiques : Skokiaan

Prolongeons donc notre séjour à Bulawayo, qui avec "Pata Pata" et "Skokiaan" a offert deux tubes intercontinentaux à la planète, ce qui, à vue de nez, place la ville devant Pékin, New Delhi et peut-être même Genève ou Périgueux...

Skokiaan, donc, est un instrumental dû au saxophoniste August Musarurwa et à son combo l'African Dance Band of the Cold Storage Commission of Southern Rhodesia. Le nom de la chanson est tiré d'un tord-boyau de contrebande, à base de farine de maïs et de levure. Le premier enregistrement de la chanson daterait de 1947, et le disque a peut-être été ensuite gravé vers 1950, mais la chronologie est ici très incertaine. Ce qui est sûr, c'est que la chanson va bientôt être célèbre sur toute la planète, où elle est attribuée désormais au Bulawayo Sweet Rhythms, ce qui est tout de même plus facile à retenir. Il s'agit cependant bien des mêmes musiciens sous un nouveau nom.

En 1954, on compte déjà dix-neuf reprises et aujourd'hui il y en a sans doute plus d'une centaine. Skokiaan a vite des versions mento, merengue, ska ou mambo. On l'adapte dans plus de dix-sept pays : de la Finlande à Trinidad. Des orchestres à cordes ou des steel band s'en emparent. Des pointures comme Bill Haley, Roland Alphonso, Perez Prado ou Alix Combelle (et oui, Alix Combelle aussi) ne laissent pas passer l'occasion et proposent leur version. Voici une petite sélection de reprises concoctée par la Cellule. De quoi vous entêter pour la journée.

Impossible de ne pas commencer par la version de Louis Amstrong (1954). A tout seigneur tout honneur. Aucun doute qu'il était une des influences principales d'August Musararwu et ce fut sans doute un retour des choses plutôt satisfaisant pour le musicien de Bulawayo que cette reprise. Une des meilleures! Louis Amstrong tiendra d'ailleurs à rencontrer Musararwu en 1960 durant sa tournée africaine.

 

Pour rester au rayon jazz, signalons la très bonne version du grand arrangeur Oliver Nelson et ne négligeons pas celle de Johnny Hodges (1954), avec le jeune John Coltrane dans un coin :


Passons maintenant aux choses plus discutables avec le groupe canadien des Four Lads, qui porteront la chanson plus haut dans les charts que personne d'autres. Nous sommes toujours en 1954. Ce n'est pas que leur version manque d'énergie ni même d'un côté jubilatoire mais cette Afrique de pacotille qu'ils associent à Skokiaan est tout de même rudement toc. Mais peut-être aurez-vous un pressentiment de l'enfer si vous apprenez que leur reprise était jouée toute la sainte journée sur le parking du parc d'animation Africa USA Park, sis à Boca Raton en Floride? Je ne sais combien ils ont pu lessiver de gardes avec ce traitement inhumain mais, moi, je n'aurais jamais pu résister une seule semaine sans devenir zinzin.

Encore un peu de bizarrerie avec la version d'Hot Butter en 1973, qui vaut son pesant de cacahuètes :


Petit pas de côté avec Tommy McCook et les Skatalites, dont le magnifique Dynamite paraît sous influence de Skokiaan même si ce n'est pas vraiment une reprise (les images viennent du documentaire légendaire "Deep Roots Music" diffusé en 1983) :


Enfin retour à La Nouvelle-Orléans avec Kermitt Ruffins et sa version brass band d'une parfaite évidence (c'est la version de l'excellente série Treme, durant la première saison en 2010) :
 



dimanche 10 juin 2018

Jazz à Bulawayo : August Musaruwa vous ouvre la chambre froide aux trésors



Nous sommes au tournant des années 50, mais ce n'est pas l'éclosion du be-bop qui obsède les jazzeux de Bulawayo, le cœur économique de la Rhodésie du Sud. Finalement La Nouvelle-Orléans est bien plus proche des townships de la ville industrielle du futur Zimbabwe que New-York et tout le clinquant de sa modernité, comme vous vous en apercevrez sans peine avec ce premier morceau du Los Angeles Orchestra :


Cependant la figure centrale de la scène locale est le saxophoniste August Musarurwa qui dirige un groupe au nom long comme un trombone (prenez votre souffle) : il s'agit du African Dance Band of the Cold Storage Commission of Southern Rhodesia. Et de cette chambre froide va sortir une des musiques les plus chaudes du début de années 50 que nous vous présentons d'abord avec ce morceau :


Le jazz de Bulawayo comme son grand-cousin tutélaire originaire de la ville du Croissant se mâtine facilement d'influences cubaines. Tout d'un coup, des fourmis vous cavalcadent dans les guibolles et vous avez irrépressiblement envie de défiler pour ce carnaval imprévu d'Afrique australe :


Et maintenant que vous êtes en jambes, vous êtes peut-être prêts à faire aussi fonctionner vos éninges et à vous souvenir qu'en fait vous connaissiez depuis longtemps August Musaruwa et son African Dance Band of the Cold Storage Commission of Southern Rhodesia parce que ce sont les auteurs d'un hit interplanétaire Skokiaan, dont nous reparlerons au plus vite, mais que nous vous mettons d'ores et déjà entre les feuilles. Ce premier enregistrement serait de 1947 mais rien n'est sûr :


On vous conseille chaudement la compilation Bulawayo Jazz, sur le label SWP Records, dont sont issus tous les titres de ce post.

lundi 4 juin 2018

Dorothy Masuka : la diva jazzy du Zimbabwe

Dorothy Makusa est l'étoile filante de la musique du Zimbabwe. Elle est originaire de Bulawayo, la deuxième ville du pays, connue pour la vigueur de sa scène jazz mais, en vérité, ses débuts se font plutôt dans le grand pays voisin de la Rhodésie (nous sommes avant l'indépendance) : l'Afrique du Sud. A 18 ans, Dorothy est déjà une star reconnue pour son tube "Hamba Notsokolo". Elle se lie aussi rapidement avec Miriam Makeba, pour qui elle écrit "Pata Pata". Cependant, ses positions politiques ne tardent pas à rendre son séjour impossible dans le pays de l'apartheid et elle doit s'exiler pour de nombreuses années. C'est à Londres qu'elle enregistre en 1959 les deux faces de ce délicieux 45 T que la Cellule vous met aujourd'hui entre les oreilles.

On les trouve sur le volume 4 des inépuisables compilations "London is the place for me".