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dimanche 15 septembre 2019

Autour du Bayou : en apnée avec Johnny Jenkins (1970)

La Louisiane de Johnny Jenkins est un marais d'adoption. Le guitariste est en effet originaire de Macon en Géorgie (pas en Saône-et-Loire). Et oui, comme le jeune Otis Redding, qui d'ailleurs jouait quelquefois avec ses Pinetoppers et faisait office aussi de chauffeur.

C'est ainsi qu'un beau jour de 1962, Otis conduisit Jenkins à Memphis dans les studios de la Stax pour une session d'enregistrement mais il arriva que ce fut Otis qui prit le micro pendant une pause, qu'il enregistra alors "These Arms Of Mine" (avec Jenkins à la guitare) et que ce fut Otis Redding qui devint la plus grande étoile de la soul music. Jenkins n'enregistra quant à lui qu'un seul single pour le label, un instrumental génial au demeurant ("Spunky" en 1964), puis ce fut le temps d'un long silence. 

Ce n'est qu'en 1970 qu'il revint sur le devant de la scène en homme des bayous inquiétant avec un album Ton-Ton Macoute sous forte influence de Dr John, qui venait d'enregistrer son séminal Gris-Gris. L'accompagnaient dans cette aventure Duane Allman et certains de ses amis (comme le génial Eddie Hinton placé pour une fois aux percussions). Le résultat est un disque de blues-rock hanté par le vaudou qui s'ouvre par une reprise de Dr John.

"I Walked On Gilded Splinters"


La version de Jenkins aura d'ailleurs une belle postérité, puisque Beck la samplera pour son premier tube "Loser". Ton-Ton Macoute compte quelques autres précieuses pépites comme "Sick and Tired" avec son pur groove de La Nouvelle-Orléans. A tomber par terre, plus encore que l'original de Chris Kenner :

"Sick and Tired"


Mais l'album entier est excellent! Je crois que je l'ai vu passer par là.


mercredi 11 septembre 2019

Au bord du Bayou (1), Joel Scott Hill, John Barbata et Chris Ethridge (1971)

On peut dire qu'il y a du beau monde autour de la table de L.A. Getaway, ce disque méconnu de 1971 : Joel Scott Hill jouait aussi avec Canned Heat, John Barbata avec les Turtles ou le Jefferson Airplane et Chris Ethridge est un des fondateurs des Flying Buritto Brothers. Et les invités sont aussi à la hauteur : Leon Russell, Clarence White ou Dr John qui nous intéresse plus particulièrement aujourd'hui et qui offre à ce disque psyché roots une de ces comptines hantées dont il a le secret (tout en se mettant au piano).
 
Craney Crow
 
 
 
 



vendredi 7 juin 2019

Professor Longhair, Dr John, les Meters, Earl King : tout le monde est là!


C'était le 30 octobre 1974, à Chicago et ce soir se trouvaient sur scène la plus grande affiche jamais réunie! Il y avait Professor Longhair, que Dr John présentait avec de bonnes raisons comme l'homme qui a inventé le rock'n'roll, le regretté Malcolm John McRebennack lui-même, les Meters et Earl King. Le Piano est le roi : ne loupez pas sous aucun prétexte la version de Big Chief à trois pianos qui clôt le concert! Longtemps seuls des extraits de cette soirée dantesque étaient disponibles sur la toile, mais désormais c'est l'intégralité du concert que l'on peut voir.

Voici le programme :
 DR.JOHN & The Night Trippers: 1.Walk Right In. PROFESSOR LONGHAIR: 2.Shake Rattle & Roll 3.Tripatina 4.Whole Lotta Lovin' 5. Everyday I Have The Blues EARL KING: 6.Mama & Papa 7.Those Lonely, Lonely Nights The METERS: 8.Looka Py Py 9.Jungle Man DR.JOHN & The Night Trippers: 10.Call A Doctor 11.Qualified 12.Quitters Never Win 13.Such A Nite 14.Right Place [Finale] EARL KING-END JAM: 15.Big Chief.



dimanche 24 juin 2018

Exhumons Exuma (1) : Life (1973)

Tony McKay vient des Bahamas et s'installe d'abord à New-York dans les 60's, puis à La Nouvelle-Orléans. Il a inventé une curieuse musique dans les années 70, mêlant folk, rock, psychédélisme, avec des genres caribéens (calypso, junkanoo, mento,etc.) le tout sous forte influence de la musique du bayou telle que Dr John venait de la réinventer. Parmi ses albums majeurs des 70's, commençons en douceur par le dernier, Life, un des plus faciles d'accès avec ses multiples reprises. Nous sommes en 1973 et Exuma écoute beaucoup les Stones qu'il n'hésite pas à repeindre en noir :


L'album compte aussi une reprise de "Iko Iko", morceau fétiche de la Cellule, qu'on ne peut pas décemment laisser passer sans vous proposer d'y jeter une oreille :

Et puis voici une adaptation en roue libre de "Love Is Strange", pour vous familiariser avec la voix éraillée d'Exuma et ses envolées mystico-barrés : 




samedi 6 janvier 2018

Apnée dans le bayou : Johnny Jenkins (1970)



Cocktail ultra-nutritif aujourd'hui au bar de la Cellule : vous prenez un guitariste légèrement dilettante de Macon, Géorgie, le genre de gars à passer pour une influence majeure de Jimmy Hendrix, un mec qui a lancé le jeune Otis Redding et qui l'a même accompagné jusque dans les studios Stax en 1962, mais sans s'engager plus loin parce qu'il ne souhaitait pas devenir un musicien professionnel ; donc, ce gars, vous le laissez mariner une bonne demi-douzaine d'années sans enregistrement puis vous le repêchez et vous l'entourez de toute la fine fleur des musiciens de studio et autres ingénieurs de première bourre, actifs à Memphis et aux alentours (Duane Allman, Johnny Sandlin, Eddie Hinton - qui fait une courte apparition -, le regretté Rick Hall, Terry Manning, etc.) et alors, vous lui soumettez un standard tout neuf, composé par Dr John, le sorcier du bayou, et voilà ce que ça donne :


Soufflez un peu avec cette reprise néanmoins terriblement habitée de Muddy Waters :


Vous êtes près pour repiquer une tête dans les marais infestés de groove de La Nouvelle-Orléans avec "Sick and Tired" signé par les grands Dave Bartholomew et Chris Kenner :


Sur les trois titres précédents qui sont sur l'album de 1970, Jenkins ne fait que chanter (c'est Duane Allman à la guitare), alors avant de nous quitter je vous propose encore l'instru gravé aux studios Stax en 1964 :