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samedi 18 juillet 2020

Chélonéphilie instrumentale : beauté pure du Cap-Vert


La Cellule vous invite sous sa carapace aujourd'hui pour vous régaler d'un morceau de Baltasar Januário Lima de Barros, connu sous le nom de Nhô Balta, grand musicien engagé dans la lutte anti-coloniale. La chanson, une morna, est dédiée aux tortues mais c'est la version instrumentale que l'on vous propose. Nhô Balta est accompagné par le groupe Black Power. Le titre est paru en 45T, peut-être vers 1977, sur le label A Voz da Capo Verde. Guitare, orgue, clarinette... c'est magique.


mardi 24 mars 2020

A la tête de la Révolution musicale de Guinée Bissau : José Carlos Schwarz


Si l'on vous demandait un seul nom de la musique guino-bisséenne, je parie que vous citeriez le formidable Super Mama Djombo mais le génial orchestre ne fut pas le seul à avoir illustré avec classe la lutte anticolonialiste de ce petit pays dominé jusqu'en 1974 par le Portugal salazariste. Le poète, chanteur, guitariste José Carlos Schwarz fut une des figures saillantes de la culture dans ce pays aussi pauvre que courageux, ainsi qu'un des fers de lance du combat anti-impérialiste. C'est dans la guérilla qu'il fonda le Cobiana Jazz en 1970, et il participa activement au gouvernement au moment de l'indépendance. Son passage aux affaires fut cependant brutalement abrégé quand il mourut à vingt-sept ans dans un accident à Cuba en 1977, où il faisait office d'ambassadeur. 

Dans le monde lusophone, les chansons de mobilisation politique ont la bonne idée de se teinter de saudade. Rien de plus naturel quand il s'agit d'évoquer les massacres des forces coloniales :

José Carlos Schwarz - Ke Ki Mininu Na Tchora


C'est moins courant quand il s'agit de transmettre en créole de portugais des consignes de comportement à l'avant-garde révolutionnaire.

José Carlos Schwarz - Si Bu Sta Dianti Na Luta


PS1 : Il existe un film de 2006 sur José Carlos Schwarz. On aimerait bien le voir... 
PS2 : La photo est mauvaise mais regardez à côté de José Carlos Schwarz, c'est bien Myriam Makeba.

lundi 2 mars 2020

Très bien faire avec Paulo 9 (trésors angolais des 70's)



Petit voyage en Angola aujourd'hui - ça faisait longtemps - en suivant le chanteur Paulo Manuel Pedro, plus connu sous le nom de Paulo 9 - on aimerait bien savoir pourquoi. De fait, on ne sait pas grand chose de lui, sinon ces dates : 1947-1992 et sa silhouette qui apparait avec deux guitares magnifiques sur presque toute la série de ses 45T parus sur le label Rebita dans la première moitié des 70's à Luanda (seule la couleur change). Guitare liquides et saudade profonde sont les ingrédients de ces bijoux dont nous avons trouvé le premier "Fazer Bem" sur la magnifique compilation Soul of Angola.


"Kinzadi Mulogi" apparaît par exception sur le label Musangola en 1975, et ajoute des chœurs à la recette antérieure (ce qui nous amène pas très loin du son du grand Super Mama Djombo).


Avec "Cunhada Ingrata", on aborde l'autre face plus rythmée de la musique angolaise.

 

 

lundi 29 avril 2019

Escale au Cap-Vert : la guitare merveilleuse d'Humbertona


La musique cap-verdienne est magnifique. La grande Cesaria Evora l'a appris au monde entier. Sur ce disque de 1967 (que l'on trouve sur aural joy), Humbertona en donne une version radicalement épurée. Que la saudade vous soit douce ce matin!


 Mascrinha






mercredi 14 mai 2014

Mélancolie tropicale : Caetano Veloso

Et si on pédalait un peu cette semaine avec Gaétan Véloce dans la saudade la plus épaisse. J'ai des dispositions spéciales en ce moment pour cette non-aventure là. La saudade est un spécialité du monde lusophone comme personne n'ignore mais les Hongrois qui n'ont aucun océan à se mettre sous la dent ne se défendent pas mal non plus. Voilà ce que j'ai relevé dans un roman de Gyula Krúdy, Le Compagnon de voyage (1918) :
“Je ne me rappelle pas ce que furent mes occupations le lendemain. On connait ces sortes de journée absolument vides […]. Les femmes se lassent de vous. On voit clair à travers elles, comme à travers de vieilles passoires. La vie vous est indifférente, on la trouve plutôt lugubre. On ne rencontrera plus jamais d’agréables compagnons de voyage.”
Je trouve ce passage sur l'encalminage admirable, d'une précision quasi-chirurgicale dans le genre désespéré, tout comme la chanson minimaliste de Caetano. Elle est sur un album récent du chanteur tropicaliste mais elle pourrait presque figurer sur un disque de Bill Callahan, non?