lundi 23 février 2026

Un tour au Malawi avec le Madalitso Band

 


Jamais encore la Cellule n'avait rendu visite au Malawi, ce petit pays enclavé d'Afrique australe. Il était temps! Yobu Maligwa et Yosefe Kalekeni forment un duo épatant qui a débuté dans les rues de Lilongwe avant de s'envoler pour une carrière internationale soutenue par l'étiquette genevoise, Bongo Joe. Yobu Maligwa joue du babatone, une étonnante contrebasse à une seule corde qui produit un effet aussi sautillant qu'hypnotique. Yosefe Kalekeni fournit la mélodie avec une guitare à quatre cordes curieusement appelée banjo malawite et appuie le rythme avec un tambour couvert de peau de vache que l'on frappe du talon. Voici deux pépites qui fournissent aussi le titre des derniers albums du groupe. On commence par se dégivrer avec "Musakayike" qui donne une idée plus brute du son de la Banjo Music, selon le nom générique local.

 Madalitso Band "Musakayike" [2022]

Et on passe au dernier opus avec une production (un peu) plus touffue. 

Madalitso Band "Ma Gitala" [2025] 

  
Mais il faut les voir à l’œuvre, par exemple sur la vidéo d'un simple sorti en 2020, toujours chez Bongo Joe, qui nous fait aussi voyager bien loin.
 
Madalitso Band "Ndalakwanji" [2020]
 

 


 
 
 
 

vendredi 20 février 2026

Feu! dans le salon de Boyd and Ruth May Rivers (1978)

 


Nous sommes dans le salon de Boyd et Ruth May Rivers à Canton dans le Mississippi, le 30 août 1978. L'équipe formée par Alan Lomax, Worth Long et John Melville Bishop a organisé l'événement. La caméra est mise en marche : Feu! A-t-on jamais filmé gospel domestique plus habité?

Boyd et Ruth May Rivers - Fire in My Bones [1978]

 

 

PS : L’enregistrement se trouve sur l'indispensable compilation de Mississippi Records : Alan Lomax's American Patchwork.

 

 

dimanche 15 février 2026

Complot calypso : Zinah (1970) de Mighty Sparrow

 

Cela fait bien trop longtemps que nous n'avons parlé du Puissant Moineau, l'indétrônable Roi du Calypso. Piochons donc dans la pléthorique discographie de Slinger Francisco pour dénicher un des plus puissants morceaux du vigoureux passereau, la chanson d'ouverture de l'album Calypso Time (1970) par exemple :  "Zinah" où l'exposé d'un odieux complot en créole trinidéen (avec une base de français donc) justifie un déchaînement d'euphorie sans précédent. 

 Mighty Sparrow - Zinah (1970)


 

 

mardi 20 janvier 2026

Comme si de rien n'était : The James Hunter Six. La perle de janvier 2026

 

Depuis que l'album s'est posé sur la platine il y a une semaine, il ne l'a pas quitté ou presque. Je ne me lasse pas une seconde de réécouter encore et encore "Off The Fence", le disque que James Hunter vient tout juste de sortir sur l'étiquette, Easy Eye Sound, de Dan Auerbach après treize ans passés chez Daptone. Mais pourquoi donc un tel attachement immédiat? Sans doute parce que ce petit disque de douze morceaux et 40 minutes est un pur délice parfaitement balancé, c'est évident. Peut-être aussi parce qu'en écoutant une telle merveille de soul intemporelle (elle aurait pu être enregistrée il y a 60 ou 65 ans), on cède à l'envie d'arrêter le temps au moment même où notre monde est en train d'exploser. La Cellule vous propose deux extraits du disque pleins de classe, mais pleins à rabord, pour vous mettre l'eau à la bouche.

The James Hunter Six - Let Me Out of This Love [2026]


 

 The James Hunter Six - Trouble Comes Calling [2026]


mardi 13 janvier 2026

Percer le blindage de l'année qui vient avec la pop persane des 70's

 


L'actualité, lac de talc délité, électrique loque de lard salopé, transpire la pire poisse depuis tant de mois qu'ils se sont transformés en années. Dégoûtante actualité, elle coule derrière nos orbites qui n'en peuvent mais. Alors quand une lueur au loin nous signale que le goût de la liberté ne s'est pas encore tout à fait évaporé parmi les préoccupations de l'humanité, c'est la moindre des choses de saluer l'élan et d'exprimer sa solidarité et son soutien. On pense donc à l'Iran et aux Iraniens révoltés en ce début de janvier et on fait des vœux pour que leur soulèvement aboutisse et que la répression calanche enfin. Oui, que la République islamique ne soit bientôt plus qu'un vilain tas de mauvais souvenirs! Mais que ce ne soit pas pour autant le retour des Pahlavi dont le nom est lié à celui barbelé d'horreurs de la répugnante Savak.

En attendant le renouveau de la pop iranienne libérée de la censure, la Cellule se plonge dans celle des 70's décapitée par le rigorisme crétin des mollahs. Espoir et mélancolie d'abord avec un morceau satiné de violons, traversé de claviers plus acides d'Afshin Mogadeham (1945-1976) :

Afshin Mogadeham - Be Omidat Mimoonam

 


Auquel on joint le velours d'une chanson pleine d'allant funkoïde et de cordes mais tout aussi mélancolique peut-être, de Shahrokh  :

Shahrokh - Aloonak [Hangar]


 

 

 

 

 

 

  

jeudi 27 novembre 2025

Biguine Wabap séminale : Robert Mavounzy (1953)

 


L'autre grand nom de la Biguine Wabap avec Albert Lirvat (dont il était question ici), c'est celui du saxophoniste et clarinettiste Robert Mavounzy (1917-1974). Quant à la Biguine Wabap, c'est toute la tradition antillaise survitaminée à l'orée des années 50 par l'incorporation d'influences venues du be-bop et du jazz afro-cubain. Chauffe, Robert, chauffe! C'est un emblème plus que tonique que vous offre la Cellule aujourd'hui :

Orchestre Robert Mavounzy - Chauffe La Biguine Là [1953]

 

samedi 22 novembre 2025

Boléro sous la lune : Toña la Negra

 


Nous sommes à Vera Cruz, à la fin des années 1930. Ce soir, la nuit est délicieusement tiède au bord du golfe du Mexique, la lune fournit le plus parfait des éclairages, le parfum des fleurs tropicales, celui des baisers...  C'est un fameux boléro que la Cellule vous propose aujourd'hui. 

Toña la Negra - Nocturnal