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mardi 10 novembre 2015

En Auvergne et même sur la Planèze : Eloïse Decazes et Delphine Dora

Il y a quelque chose de magnétique là-dessous. Il a fallu deux intermédiaires (un à Montréal et un à Bruxelles) avant que j'entende parler de cet étrange objet enregistré pile à 237 mètres de mon domicile...

Je savais bien que Delphine Dora se livrait à d'étranges activités mais j'ignorais qu'en compagnie d'Eloïse Decazes, elle avait repris l'intégralité d'un disque du compositeur Luciano Beria, Folk Song Cycle (1964) habité par la voix de Cathy Berberian, sa compagne.

 

Ne vous y trompez pas : l'art sophistiqué de Berio & Berberian et ses références savantes et populaires sont passés à une drôle de moulinette par Decazes & Dora. Je ne saurais mieux dire que Florian Caschera dans une excellente chronique : "Art pauvre, apologie anarchisante de la reprise individuelle, déclaration émue à une discipline aussi démocratique qu'atemporelle, invitation pour les spectres à venir partager la prière et le goûter, voilà un peu ce qui se trame dans le disque bref, intense, en guenilles mais cousu d'or d'Eloïse Decazes et Delphine Dora".

Mais voyez donc avec cette interprétation d'une pièce de Canteloube - toujours le Cantal! - initialement associé à un morceau azéri que l'on vous propose aussi : 



Et en bonus, pour un nouveau changement de registre, une petite reprise pour la route ; ma préférée des Beatles Arias


dimanche 13 septembre 2015

Magnifique Myriam Gendron


Maintenant j'en suis sûr. Celà fait trois mois que le disque ne s'éloigne jamais de la platine et j'affirme sans l'ombre d'un doute que l'album de Myriam Gendron est un grand disque. Un classique dévasté comme le sont ceux de Nico. La voix de Myriam Gendron est d'ailleurs étonnament proche de celle du mannequin allemand. Les onze morceaux du disque sont des adaptations des poèmes de Dorothy Parker. Douceur, amertume, ironie, les textes sont magnifiques, lumineusement mis en valeur par les arrangements dépouillés. Linda Perhacs, Vashti Bunyan, Sybille Baier, Karen Dalton, si l'on y tient, on peut trouver des références pour entourer de noms chéris celui de la chanteuse canadienne. On peut tout aussi bien placer Not so deep as a well parmi les opus intemporels qui vous font toucher du doigt cette évidence : 1969 et 2015 sont bel et bien tombés la même année, l'année de l'intelligence et de la sensibilité à vif.

Voici le clip du tube de l'album :


Et pour rester dans cette ambiance si habitée, écoutez donc l'excellente émission concoctée par Benoît Chaput et Myriam Gendron diffusée ces jours derniers sur la radio CKUT de Montréal : folk et poésie, classiques inusables et raretés au programme (dont une  très belle reprise inédite de Léonard Cohen).

mardi 3 février 2015

Le Hand ball et les Zombies

Pas facile de trouver quelque chose pour célébrer la toute récente victoire de l'équipe de France aux mondiaux. Le hand ball n'a pour l'instant suscité aucune littérature passionante comme le cyclisme ou le rugby ont pu le faire et, côté musical, c'est encore pire, même si là il y a abondance. Nous avons renoncé à vous infliger le rap que les handballeuses britanniques avaient commis pour gagner trois sous avant les JO, la punk-song patriotique de leurs homologues allemandes, le calamiteux "Handball für Leipzig" ou le détestable hymne touristique de la dernière compétition, etc... etc... Heureusement, il y a ce disque des Zombies sagement rangés dans l'emblématique cage rouge et blanche (même si les chansons n'ont rien à voir...). Bon, vous aurez sans doute remarqué que le ballon est plutôt un ballon de basket mais voilà la Grande-Bretagne n'ayant jamais vraiment été un pays de hand, on peut comprendre l'étourderie de Colin Blunstone. On est en tout cas dans un petit gymnase bien sobre et ça nous change de la débauche de kitsch déversée sur ce sport par l'émirat du Qatar [le post date du mondial quatari de 2015], kitsch qui se cumule bien sûr avec une mortifère avalanche d'argent sous le poids duquel ledit hand ball pourrait bien étouffer, on le craint.

En attendant marchons dans la lumière!