jeudi 9 juillet 2020

Minimalisme reggae, plagiat par anticipation et aussi comme le goût du tango : Augustus Pablo



Il n'est jamais trop tard pour découvrir les classiques du mélodica. Au début, on peut trouver la chose un peu fade (je l'avoue) et puis elle fait son nid entre vos deux feuilles de choux et on se retrouve rapidement accros à ses adaptations pleines de mélancolie minimaliste. Prenez, par exemple, un joyaux de Ken Boothe, mettez-le à la diète, remplacez le thème amoureux par une inspiration rastafari (pour un instrumental, ça ne coute pas cher - changer seulement le titre) et laissez faire le mélodica.

Augustus Pablo "Jah Light" (1977)


Le maître du genre est Augustus Pablo, qui diffusa le son du petit piano de bouche dans toutes les seventies jamaïcaines à la manière d'une irrésistible épidémie. East Of The River Nile est un de ses albums phare enregistré en 1977 dans les studios de Lee Perry. Le morceau suivant en est tiré comme tous ceux de ce post :

Augustus Pablo "Africa (1983)" (1977)


Intensément jamaïcaine, la musique d'Augustus Pablo essaima un peu partout. En France, Pascal Comelade fut à n'en pas douter un de ses plus attentifs auditeurs, si bien que certains morceaux d'Augustus Pablo pourraient presque passer pour des plagiats par anticipation de ceux du catalan magnifique. Oui, il y a comme un goût des tangos de poche de Comelade dans ce reggae-là, vous ne trouvez pas?

 Augustus Pablo " Sounds From Levi" (1977)


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