mardi 9 juillet 2019

C'est le Pérou : Los Saïcos ou le groupe garage ultime

On commence à le savoir. Le groupe ultime de la vague garage n'a pas déferlé sur les plages de l'Oregon ou de la Californie mais bien plus au sud du côté de Lima, où quatre jeunes gens ont composé en tout et pour tout six singles entre 1965 et 1966 qui représentent la quintessence de la sauvagerie pré-punk! Los Sa(d)icos débutent sur les chapeau de roue. Écoutez donc leur premier 45. 

"Come On" sur la face a


"Ana", en retournant la galette


Et puis quelques mois plus tard, le tube inévitable : "Demolicion"
 
 
Voilà, vous avez là déjà un quart de la discographie des Saicos, mais tout est indispensable!
 
"Des molaires, des molaires, des molaires", vous crie le dentiste dément qui a mangé le disc jokey!


Sexe où l'on ne croyait pas : Line Renaud et l'egyptologie

On s'occupe de votre mémoire aujourd'hui car peut-être aviez-vous oublié... que Line Renaud a dirigé une revue tout à fait olé olé à partir de 1959 où l'on trouvait par exemple un morceau dont la Cellule, ce soir, vous susurre le curieux refrain : 


Mais nous nous en voudrions de ne pas vous aviser de l'autre trouvaille (plus franchement archéologique) de ce soir, grappillée sur les internets : celle du papyrus érotique de Turin, longtemps caché, et dont on trouve une présentation ici et sur lequel on peut aussi écouter cette conférence.




dimanche 7 juillet 2019

Plagiat par anticipation : The Outsiders / The Housemartins


C'est peut-être tout simplement une influence directe mais comme je connaissais mal ces Outsiders, originaires de Cleveland, Ohio, j'ai eu l'impression que nous avions un cas de plagiat par anticipation caractérisé. Il se trouve que les Outsiders ont eu un réel succès (pour ma part, je n'avais entendu que leur tube "Time Won't Let Me"). En tout cas, quand on découvre "Listen People", une chanson écrite par Graham Gouldman, on peut trouver vraiment troublant que Sony Geraci (des Outsiders) chante d'une manière si proche de celle de Paul Heaton (des Housemartins), non? Vingt ans d'écart et l'Atlantique entre les deux pourtant... Et puis c'est une petite merveille pop!



vendredi 5 juillet 2019

Le twist ailleurs : avec Dickens en Tchécoslovaquie

Il fallait bien que ça arrive mais, à ma connaissance, seuls les tchècoslovaques ont osé faire gigoter ainsi le héros de Dickens. Nous sommes en 1958 et il y a quelque chose de pompier, de sauvage et même d'espagnol dans cette adaptation pleine d'humour.
 
 
Bis repetita choregraphica : 


 
 



dimanche 30 juin 2019

Communication interstellaire : la bourrée de Bouscatel (1906) et le moog raga des Byrds (1967)



Cela fait longtemps que je me dis qu'il faut que je lise absolument sa biographie écrite par André Ricros, qui a l'air passionnante mais j'aurais pu commencer par essayer d'écouter le génie de la cabrette cantalienne, le crack de la Bastoche, Antoine Bouscatel (1867-1945). Et révélation aujourd'hui, je tombe sur cet OVNI de 1906! Le son est absolument fascinant, incroyable. Il y a surtout ce quelque chose de complètement étrange qui donne l'impression d'entendre quelqu'un essayer de communiquer avec l'autre côté de la galaxie en utilisant un invraisemblable télégraphe en peau de chèvre. Si vous ne me croyez pas, écoutez donc ça :


La seule chose que je trouve comparable, ce sont les expérimentations cintrées de Roger McGuinn avec les Byrds (puis en solo) à l'époque où il imaginait une sorte de country-space rock, plus ou moins sous influence indienne. Pour l'occasion, la bourrée de Bouscatel pourrait donc fournir à notre collection le plus improbable des plagiats par anticipation. Mais voyez donc ce que donne "Moog Raga"  enregistré en 1967 :


Ou un peu plus tard, en 1973, "Time Cube" sur un de ses albums solo :




vendredi 28 juin 2019

Cure de hillbilly boogie intensive

Quelque chose me dit que vous n'écoutez pas assez de boogie. Pour ma part, je suis en pleine cure et je me porte comme un charme. En ces temps de moiteur extrême, de chaleur dingo, la langueur vous guette et si vous n'y prenez garde l'immobilité, puis la paralysie risquent de vous attraper par le petit orteil et vous laisser raide comme un piquet piqué au formol. Pour maintenir vos articulations dans un état de souplesse minimale, je vous conseille donc tout spécialement le hillbilly boogie qui a électrisé avant vous les rednecks dans l'immédiat après-guerre. Le rockabilly pointe ici le bout de son nez mais avec une certaine nonchalance adaptée à la situation. Initiez-vous donc au boogie de la danse du serpent tout en souplesse au niveau du bassin avec Roy Hogsed, un petit gars de l'Arkansas qui est allé tenté sa chance à San Diego, avec son accordéon parfois pris de vertiges orientaux.

Snake Dance Boogie (1951)


Vous pouvez maintenant remettre votre stetson en place avant de vous délecter de ce "Crazy Boogie" de Merle Travis. Tout l'orchestre se surpasse devant vous, rien que pour vous et en cas grippe du genoux ou des épaules, je vous conseille de remettre sur la platine ce boogie siphonné et jubilatoire plusieurs par jour si nécessaire :

Crazy Boogie (1947)
 
 






jeudi 27 juin 2019

Psychédélisme dépouillé et bouleversant en Uruguay : Eduardo Mateo (1972)

Après la séparation de son précédent groupe, les El Kinto si pleins de délicatesse [voir ici], Eduardo Mateo se lance une carrière solo au tout début des années 1970. Sa consommation de drogues en tout genre atteint alors des sommets, qui fragilisent régulièrement sa cohérence psychique. On a pu le comparer à ce titre à Syd Barrett, mais s'il y a un lien profond avec la production du flamand rose cramé de Cambridge c'est surtout par le dépouillement de ses enregistrements et l'émotion qui s'en dégage. Appréciez donc pour commencer la beauté sans filtre de ce morceau :


Cependant, le psychédélisme minimal d'Eduardo Mateo est infusé d'influences sud-américaines,  surtout la bossa-nova brésilienne qu'il dote d'une fragilité sans précédent. 

"Quien te vierra"


Eduardo Mateo est un équilibriste des sensations, un musicien lunaire. Sa poésie marche sur un fil à une hauteur vertigineuse. Écrit-il une comptine pour consoler une petite fille retenue à l'hôpital, il est  capable de vous bouleverser comme personne :

"Lala"